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Mis en ligne vendredi 13 octobre 2006 par Daniel MATHIEU - Brèves de l’Actualité - Environnement
Annonce du MEDD
Le rapport des inspecteurs (Inspection générale de l’environnement et Conseil général des Mines) relatif au dossier Cambior, qui a déposé un dossier d’exploitation de mines d’or en Guyane, a été remis le 11 octobre à Mme Nelly Olin, Ministre de l’écologie et à M. François Loos, Ministre délégué à l’industrie. Créé le 11 octobre 2006 Actualisé le 12 octobre 2006 Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable Ministre de l’Outre Mer Ministre délégué au Tourisme Ministre délégué À l’Industrie
Le rapport de la mission d’inspection diligentée par Mme Nelly Olin, ministre de l’Ecologie et du Développement durable et M. François Loos, ministre délégué à l’Industrie a été remis ce jour aux ministres. Dans un souci de transparence, ce rapport est rendu public dès aujourd’hui, en lien avec M. François Baroin, ministre de l’Outre- Mer et M. Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, originaire de Guyane.
La mission a établi qu’il peut être répondu de façon satisfaisante
par des mesures techniques et réglementaires à la plupart des sujets
d’inquiétude exprimés pendant la procédure, sauf sur deux sujets où
quelques lacunes ont été relevées et qui justifient que le projet,
tel que présenté par l’entreprise, ne peut être autorisé :
l’impact sur la faune et la flore ;
les conditions de rejet dans le milieu naturel des effluents cyanurés.
La mission recommande par ailleurs de renforcer les mesures compensatoires.
En conséquence, l’entreprise CAMBIOR, à qui les conclusions de la mission d’inspection ont été présentées ce jour, a fait savoir qu’elle se propose de retirer les demandes d’autorisation présentées au titre du code minier et au titre du code de l’environnement et de déposer de nouveaux dossiers, qui seraient alors soumis à une nouvelle enquête publique.
Contacts presse :
Cabinet de Nelly OLIN : Eva Quickert-Menzel, Tél : 01 42 19 11 68
Cabinet de François BAROIN : Aurore Mouysset, Tél : 01 53 69 26 74
Cabinet de Léon BERTRAND : Victoire de Luart-Marnier, Tél : 01 44 49
80 34
Cabinet de François LOOS : Hélène Philip, Tél : 01 53 18 44 85
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Le projet de mine d’or en Guyane rejeté en l’état par le gouvernement
Le projet controversé de mine d’or à ciel ouvert du consortium canadien Cambior au coeur de la forêt guyanaise a été rejeté en raison de son impact sur l’environnement, a annoncé jeudi le ministère de l’Ecologie.
Cette décision fait suite au rapport d’inspection de la mission diligentée cet été par les ministres de l’Ecologie, Nelly Olin, et de l’Industrie, François Loos, qui leur a été remis mercredi, selon le communiqué du ministère.
Les inspecteurs ont relevé des "lacunes" concernant l’impact du projet de Camp Caïman sur la faune et la flore, notamment les "rejets dans le milieu naturel des effluents cyanurés (...) qui justifient que le projet, tel que présenté par l’entreprise, ne peut être autorisé".
La mission, qui note qu’hormis ces deux points, les mesures techniques et réglementaires soumises dans le projet canadien répondent "à la plupart des sujets d’inquiétude", recommande également de renforcer les mesures compensatoires.
Selon le communiqué, l’entreprise Cambior "a fait savoir qu’elle se propose de retirer les demandes d’autorisation (...) et de déposer de nouveaux dossiers, qui seraient alors soumis à une nouvelle enquête publique".
Cambior avait déposé une demande d’exploitation d’une mine d’or à ciel ouvert sur une concession de 30 km2, à 50 km au sud-est de Cayenne, dans le parc naturel régional de Guyane et en bordure d’une réserve naturelle où vit l’une des dernières colonies de caïmans noirs de Guyane et une riche faune.
Le groupe canadien espérait démarrer l’exploitation du site au second semestre 2007 et prévoyait d’extraire pendant au moins sept ans 34 tonnes d’or, pour lesquelles il envisageait une consommation quotidienne de 2.254 mètres cube d’eau et d’1,6 tonne de cyanure.
La décision des ministères, connue dans la nuit en Guyane, suscite le soulagement des organisations environnementales, très hostiles au projet.
L’Union mondiale pour la Nature (UICN), qui s’était beaucoup mobilisée pour le contrer, "salue la décision de la ministre de l’Ecologie et espère qu’elle sera confirmée dans les faits, afin que la zone naturelle exceptionnelle de Camp Caïman et des marais de Kaw soit définitivement protégée".
Pour le leader des Verts de Guyane, "c’est une victoire contre les fatalistes qui affirmaient que l’Etat allait passer en force". "Cambior doit revoir sa copie. L’Etat a entendu la mobilisation des citoyens", s’est félicitée Brigitte Wyndgaarde, également chef coutumier arawak du village de Balaté.
Le projet Cambior est stoppé mais pour combien de temps ? Sur place, les tranchées prospectives s’enfoncent déjà loin dans la forêt et les bases du camp d’orpaillage sont construites (Camps Caïman). La France a tout intérêt à laisser le Canada prélever un peu d’or dans une région, qui lui rapporte peu. En échange de quoi, le Canada lui renverra l’ascenseur sur la vente d’uranium (1/3 de la production mondiale). Comme la politique énergétique française est profondément nucléocratique, il me semble que c’est un sursis bien provisoire.
En outre, au même moment , le Monde annonce « que les Guyanais venaient d’apprendre que François Loos, le ministre délégué à l’industrie, avait accordé le 1er août, contre l’avis des élus locaux, des administrations et du préfet, un permis de recherche de mines d’or à la société Rexma sur la commune de Saül... en "zone de protection forte" du schéma d’aménagement régional et en bordure d’une zone "coeur" du projet de parc national amazonien. » (voir article ci-dessous)
Tant qu’on n’aura pas trouvé un moyen de valoriser économiquement les forêts tropicales sur pieds, il y aura toujours ce genre de problème. Actuellement, pour la Banque Mondiale et le FMI, les forêts tropicales doivent être intégrées au processus de développement comme tout autre ressource naturelle. Donc fini le temps des grandes forêts protégées, voilà l’air des « Working Forests » (cf. Francis Putz). Pour preuve, il aura fallu 14 ans pour créer un parc en Guyane dont le tracé "définitif" est nettement revu à la baisse. Gardons espoir tout de même.
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