Mis en ligne mercredi 27 février 2008 par Daniel MATHIEU - Brèves - Environnement
Pour ceux (nombreux) qui s’intéressent à la nature "ordinaire" et à la façon dont elle est traités par les agents de voirie, je recommande de visiter le blog "Bouriane verte" de Jean-Pierre JACOB où quelques photos édifiantes montrent ce que donne le mythe du "toujours plus propre" qui hante l’esprit de certains de nos citoyens.
N’hésitez pas à consulter les réactions à la suite de cet article, en particulier celle de Christian, dont voici un extrait :
"La biodiversité est un bien commun" et une nécessité qu’il faut préserver... Il faut savoir qu’avec les modifications apportées dans les prés, les champs, avec l’absence de pâtures sur certaines pelouses caussenardes... les plantes se réfugient sur les bas-côtés des routes surtout les orchidées qui préfèrent les pelouses tondues régulièrement en juin au rythme ancestraux des fenaisons.
Les "tontes raisonnées" dans l’est de la France sont une pratique courante mise en place depuis les années 80 avec des panneaux officiels les signalants, ces derniers fournis et mis en place par la DDE locale.
En 1989 le Ministère de l’environ après une étude confiée au SETRA a édité le rapport intitulé "La gestion extensive des dépendances vertes routières" avec en sous titre "Intérêts écologiques, paysagers et économiques" ce rapport est d’autant plus intéressant sur plusieurs aspects : l’intérêt de la biodiversité des bas-côtés routiers, (les normes de fauche réglementaire sont un mètre en ligne droite, 1.20 en virage et si le virage comporte des risques 1.60, ce qui est loin d’être pratiqué actuellement on est tombé dans un zèle frisant la paranoïa).
Sur le plan économique les chiffres sont hallucinants sur le nombre d’heures de tonte effectués, le matériel acheté et employé tout cela coûte très cher à l’ensemble de la communauté. Dans l’est on réduit considérablement ces coûts. Je suis toujours surpris que les associations naturalistes ne prennent jamais en compte c’est aspect de la biodiversité , de pollution (il faut savoir que les engins employés ont des émissions de gaz polluants deux fois supérieurs à un camion de 30T) et le côté économique n’est pas négligeable.

Daniel MATHIEU
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Pour mémoire, une synthèse de discussions sur les forums de Tela Botanica à été réalisée en 2005 à partir de la thématique des abords routiers. Cette synthèse comporte en introduction une webographie avec des liens vers plusieurs documents ou plaquettes très intéressants sur ce sujet.
Daniel Mathieu
Adresse de cette synthèse :
http://www.tela-botanica.org/page :entretien_route
Tamara Le Bourg Tela Botanica
Je suis membre de la Société Française d’Orchidophilie (SFO) et cartographe des sites à orchidées de Dordogne. 138 stations d’orchidées ont été recensées sur les talus routiers et donc fauchés chaque année. 68 sur des routes communales, 70 sur des routes départementales. On est bien sûr loin du compte, ne prenant pas en considération les milliers de pieds isolés.
En 2005 j’ai alerté le responsable des routes départementales qui travaille au Pôle Paysage du Conseil Général. La Dordogne réprésente 5000 kilomètres de routes départementales correspondant à 4500 hectares de dépendances vertes à gérer. Un écologue a été mandaté pour dresser un bilan des talus routiers et une série de réunions a eu lieu chaque mois entre cet écologue, le Pôle Paysager, les agents de la DDE et moi-même. Entre autres thèmes : le fauchage, les herbicides, les ligneux ... Au terme de l’année 2006, une brochure d’information a été publiée et les agents routiers bénéficiaient en 2006 et 2007 d’une formation englobant technique et sensibilisation.
Actuellement 17 talus à orchidées sont officiellement protégés du fauchage. Quatre supplémentaires cette année. En 2007, le CREN Aquitaine protègeait de la même manière des talus à Tulipa sylvestris. Cette année, des talus à fougères à statut seront préservés dans le PNR Périgord Limousin. Un collègue du Lot envisage une opération analogue dans son département... L’idée fait son chemin, mais elle est lente à appliquer car elle repose sur un changement des mentalités des agents.
Le fauchage est indispensable à la biodiversité des talus routiers à condition qu’il soit pratiqué selon des règles convenables et au bon moment : une fauche de printemps dite "de sécurité" (1m de large, 8cm de haut) uniquement sur le bas-côté et sur les talus à l’intèrieur des virages serrés, puis une fauche d’été englobant bas-côté, fossé et une partie du talus. La fauche de printemps est parfois doublée selon les conditions routières, mais en tous les cas, la deuxième est identique à la première. La fauche d’été est indispensable car elle dissémine les graines. Elle pourrait presque s’apparenter à un pâturage. Précédemment destructeur, le fauchage devient écologique.
Dorénavant, le but du Pôle Paysager est ZERO HERBICIDE.
La sensibilisation des agents communaux est beaucoup plus difficile car il n’y a pas de coordinateur et les principes de travail se résumeraient plutôt en "Chacun fait ce qu’il lui plaît". Nous lançons cette année une sensibilisation auprès des membres de la SFO Dordogne et par contrecoup auprès des maires pour faire bénéficier gratuitement les agents communaux des trois jours de stage initiés par le Pôle Paysager pour ses propres agents. Certaines actions démarreront aussitôt après les élections.
Pour plus d’informations sur mon expérience, j’ai publié un article dans "L’ORCHIDOPHILE" n°169 de juin 2006.
Jean-Marie Nadeau
Jean-Marie,
Penses-tu qu’il soit possible que Tela publie en ligne l’article que tu mentionnes sur votre travail en direction des agents de l’équipement pour la protection des orchidées ? Je pense que cela intéresserait pas mal de gens...
Si oui, me contacter directement à dmathieu at tela-botanica.org
Daniel Mathieu
Ce n’est pas toujours comme cela. Il y a de nombreux talus d’autoroute qui ne sont fauchés que deux fois par an, et où on laisse des fleurs fanées tout l’hiver. regardez l’A86 en IdF, par exemple, ou l’A35 en Alsace.
Par ailleurs, une des raison de la tonte rase des bords de route est qu’elle facilite le ramassage des canettes et autres bouteilles jetées par les automobilistes. Tant que ceux-ci se comporteront comme des porcs, et qu’ils ne subiront aucune répression, les DDE seront obligées de "nettoyer" les bords de route.
ça me rappelle l’histoire de ce coiffeur :
"je viens d’acheter une machine à raser automatique : on pose le masque sur le client et la machine le rase de près en 5 secondes
mais comment celà se peut-il, tous vos clients n’ont pas la même tête !
au bout d’une semaine, si !".
L’épareuse, c’est la même histoire en moins drôle. J’en ai d’autres comme ça : l’histoire de l’élagage des haies dans le cadre des CTE, pour favoriser l’entretien de l’espace, je suppose que c’était aussi pour la biodiversité et le paysage au départ : résultat, des haies autrefois bien développées, ourlet, manteau, bien fleuries, etc aujourd’hui parfaitement taillées au carré. Etc
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