Mis en ligne mardi 2 juin 2009 par Tela Botanica Association - Points de vue
C’est en 2004, qu’un agriculteur de Macon, en Géorgie, ville située à environ 130 kilomètres d’Atlanta, remarqua que certaines pousses d’amarantes résistaient au Roundup dont il arrosait ses cultures de soja.
Les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe ont été ensemencés avec des graines Roundup Ready, qui comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup auquel nulle « mauvaise herbe ne résiste ».
Depuis cette époque, la situation s’est aggravée et le phénomène s’est étendu à d’autres états, Caroline du Sud , et du Nord, Arkansas, Tennessee et Missouri.. Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique située à Winfrith, dans le Dorset, il y aurait eu un transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Ce constat contredit les affirmations péremptoires et optimistes des défenseurs des OGM qui prétendaient et persistent à affirmer qu’une hybridation entre une plante génétiquement modifiée et une plante non-modifiée est tout simplement « impossible ».
Pour le généticien britannique Brian Johnson, spécialisé dans les problèmes liés à l’agriculture : « Il suffit d’un seul croisement réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est créée, la nouvelle plante possède un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. » Ainsi, un gène de résistance aux herbicides a, semble-t-il, donné naissance à une plante hybride issue d’un saut entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, devenue impossible à éliminer.
La seule solution est d’arracher les mauvaises herbes à la main, comme on le faisait autrefois, mais ce n’est pas toujours possible étant donné l’étendue des cultures. En outre, ces herbes, profondément enracinées sont très difficiles à arracher et 5 000 hectares ont été tout simplement abandonnés.
Nombre de cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle, d’autant que les plants OGM coûtent de plus en plus cher et la rentabilité est primordiale pour ce genre d’agriculture. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley, dans le Missouri, affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ces derniers temps, ce secteur représentait 80 % de son commerce. Aujourd’hui, les graines OGM ont disparu de son catalogue et la demande de graines traditionnelles augmente sans cesse.
Déjà, le 25 juillet 2005, The Guardian publiait un article de Paul Brown qui révélait que des gènes modifiés de céréales avaient transité vers des plantes sauvages, créant ainsi une « supergraine » résistante aux herbicides, croisement « inconcevable » par les scientifiques du ministère de l’environnement. Depuis 2008, les media agricoles américains rapportent de plus en plus de cas de résistance et le gouvernement des États-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.
Il est amusant de constater que cette plante, « diabolique » aux yeux de l’agriculture génétique, est une plante sacrée pour les Incas. Elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Chaque plante produit en moyenne 12 000 graines par an, et les feuilles, plus riches en protéines que le soja, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux.
Ainsi ce boomerang, renvoyé par la nature sur Monsanto, non seulement neutralise ce prédateur, mais installe dans des lieux une plante qui pourra nourrir l’humanité en cas de famine. Elle supporte la plupart des climats, aussi bien les régions sèches que les zones de mousson et les hautes terres tropicales et n’a de problèmes ni avec les insectes ni avec les maladies, donc n’aura jamais besoin de produits chimiques.
Ainsi, « la marante » affronte le très puissant Monsanto, comme David s’opposa à Goliath. Et tout le monde sait comment se termina le combat, pourtant bien inégal ! Si ces phénomènes se reproduisent en quantité suffisante, ce qui semble programmé, Monsanto n’aura bientôt plus qu’à mettre la clé sous la porte. À part ses salariés, qui plaindra vraiment cette entreprise funèbre ?
Sylvie SIMON
Source : http://terresacree.org/
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Il s’agit d’une information biaisée dont on peut regretter que personne n’en vérifie les sources a chaque fois qu’un journaliste la reprend.
Il s’agit de variants génétiques au sein des populations de mauvaises herbes, pas de mutations induites par l’usage du glyphosate, ni de transfert par croisement sexué avec le soja. Deux especes d’amaranthe, deux d’erigeron et deux d’ambroisie résistantes ont été sélectionnées par l’usage exclusif du RoundUp dans la rotation mais RR-soja RR. Tous les experts du désherbage avaient mis en garde contre cette éventualité quasi certaine, sauf ceux de Monsanto... La premiere observation sur l’erigeron a été publiée en 2000 (Van Gessel MJ (2001). Glyphosate-resistant horseweed from Delaware. Weed Science, 49, 703-705). Depuis, 16 états des USA producteurs de soja en sont envahis, ce qui entraine l’ajout d’autres herbicides pas tres sympathiques (interdits en Europe).
A coté de la désinformation, il y a peut etre de la confusion. Les deux amarantes sont susceptibles de s’hybrider, et dans un autre cas de résistance il a été suggéré que la mutation survenue chez la premiere espece a été transferrée par croisement à la deuxieme (Trucco, F et al (2005) Amaranthus hybridus can be pollinated frequently by A. tuberculatus under field conditions. Heredity , 94 , 64-70).
Il n’y a en fait ici qu’un exemple supplémentaire de la mauvaise utilisation d’une technologie qui peut séduire les agriculteurs mais qui a fait long feu. Donc d’accord pour l’image du "boomerang". Ceci dit, le profil des amaranthes en question n’a rien a voir avec celles domestiquées et cultivées en Amérique.
Bien cordialement
Tele Botanica n’est pas "victime" de mauvaises informations comme le dit un commentaire : Ce sont ses lecteurs qui sont victimes de journalistes incompétents et qui - comble de la désinformation - n’osent pas donner leurs sources.
Donner les sources permettrait déjà d’avoir une idée à priori, voire un préjugé utile, sur le sérieux de ladite information.
Bref, 1) le responsable de cet article a fait très mal son boulot et 2) l’avoir laissé passer tel quel est une erreur de la rédaction. Une de plus ?
Encore une fois Tela Botanica diffuse un article dont le contenu semble peu rigoureux...
En fait, pour comprendre le contenu de cet article, il faut lire l’article de Paul Brown paru dans the Guardian en 2005. Une grande partie de l’article de Sylvie Simon est juste la traduction de l’article de P. Brown. Il aurait été plus clair et honnête de le faire apparaitre clairement !
Je ne conteste pas la nécessité de s’opposer aux cultures génétiquement modifiées, mais je suis gếné par le fait que Tela Botanica se retrouve (une fois de plus) victime en contribuant à la diffusion d’une information de mauvaise qualité.
S’il est vrai qu’il y a des imprécisions qu’il est bon de signaler par rapport au transfert de gènes, je pense pour ma part qu’au contraire Tela Botanica doit laisser chacun s’exprimer librement et faire valoir ses opinions, de façon pluraliste, y compris dans des articles. Rien n’empêche ceux qui ont une connaissances plus spécialisée de réctifier les erreurs ou imprécisions en commentaires.
Quand à la mention d’une plante considérée traditionnellement comme sacrée, elle a bien sa place ici, de même que les qualité nutritionnelles et vitaminique de l’Amarante "en cas de disette", toujours bons à signaler par les temps qui courent ... Mais si il y a moyen de retirer d’un extrait de feuille un concentré riche en acide folique et en vitamine A et C, il n’est pas impossible que la célèbre compagnie "philanthrope" qui recrutait les meilleurs chimistes à la fin des années 40 ...(lire "Le monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin, très instructif, des dioxines aux OGM) cherchera encore à gratter quelques royalties, en récompense de la réussite éclatante de leur expérience "grandeur nature".
Oui, hélas, souvent les anti-OGM se tirent une balle dans le pieds par manque de rigueur.
Pour démolir le modèle technologique de Monsanto, il aurait suffit de dire qu’à force d’épandre du Roundup, l’amarante est devenue résistante. Pas besoin d’inventer une hybridation impossible ni de sortir des élucubrations sur les plantes magiques.
Bonjour,
Peut-on avoir des sources ? Articles de revues scientifiques, de journaux US etc ?
Je vois mal comment une fabacée comme le soja pourrait s’hybrider avec une plante d’une famille aussi différente (amarantacées).
Si tranfert de gène il y a eu, ce doit être via un virus.
A moins que ce soit tout simplement une mutation naturelle de l’amarante, favorisée par pression de sélection occasionnée par l’abondance de roundup.
De toutes façons, que ce soit une mutation ou un transfert de gène, cette histoire montre bien la limite du modèle Monsanto. Le pire est que c’était prévisible : les apparitions de résistances aux pesticides sont un problème connu depuis longtemps.
Voici une autre source d’info sur cette affaire :
http://www.infogm.org/spip.php ?article3707
Le scénario de la évolution spontanée de souches résistances au Roundup semble bien plus probable qu’une hybridation.
Merci de cette information, qui une nouvelle fois met du plomb dans les ailes de ce travail sans intérêt !
Philippe Guichard Réseau Semences Paysannes
99% des OGM commerciaux sont des plantes modifiées artificiellement pour résister aux pesticides.
Monsanto essaie de breveter la Nature par les techniques OGM. Quel est l’intérêt pour le citoyen mondial à ce que cette société possède l’exclusivité des droits de propriétés des plantes qu’elle essaie de semer aux quatre vents ?
Aidez-nous donc à supprimer cette possibilité de breveter le vivant au lieu de vous plaindre d’un hypothétique mouvement anti-science.
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