Mis en ligne dimanche 7 juin 2009 par Daniel MATHIEU - Brèves
L’article que nous avons publié la semaine dernière et intitulé "Effet boomerang chez Monsanto" a suscité de nombreuses réactions consultables dans le forum situé en dessous de l’article.
Cet article, écrit par Sylvie Simon, sur le site de SOS Planète a été repris par de nombreux sites Internet (recherchez : "Effet boomerang chez Monsanto" dans Google pour vous en rendre compte !)
Bien que contenant manifestement des erreurs scientifiques sur les causes de la résistance des Amarantes au glyphosate (molécule à la base du Roundup), il pose un problème de fond, celui de l’adaptation de la nature aux contraintes qui lui sont imposées, y compris par l’homme avec ses pesticides (l’année Darwin est là pour nous le rappeler...), c’est pour cette raison que nous l’avons publié.
Mais fait remarquable et essentiel, plusieurs scientifiques du réseau (notamment de l’INRA) sont intervenus immédiatement pour apporter des compléments d’information et donner leur avis sur l’improbable hybridation entre le soja et l’amarante qui serait à l’origine de la résistance au Rondup.
Nous les en remercions très vivement !
Voici quelques une de leurs remarques (lire les autres sous l’article initial) :
"Il s’agit de variants génétiques au sein des populations de mauvaises herbes, pas de mutations induites par l’usage du glyphosate, ni de transfert par croisement sexué avec le soja. Deux especes d’amarante, deux d’érigeron et deux d’ambroisie résistantes ont été sélectionnées par l’usage exclusif du RoundUp dans la rotation mais RR-soja RR.
Tous les experts du désherbage avaient mis en garde contre cette éventualité quasi certaine, sauf ceux de Monsanto... La premiere observation sur l’erigeron a été publiée en 2000 (Van Gessel MJ (2001). Glyphosate-resistant horseweed from Delaware. Weed Science, 49, 703-705). Depuis, 16 états des USA producteurs de soja en sont envahis, ce qui entraine l’ajout d’autres herbicides pas tres sympathiques (interdits en Europe).
A coté de la désinformation, il y a peut être de la confusion. Les deux amarantes sont susceptibles de s’hybrider, et dans un autre cas de résistance il a été suggéré que la mutation survenue chez la premiere espece a été transferrée par croisement à la deuxieme (Trucco, F et al (2005) Amaranthus hybridus can be pollinated frequently by A. tuberculatus under field conditions. Heredity , 94 , 64-70).
Il n’y a en fait ici qu’un exemple supplémentaire de la mauvaise utilisation d’une technologie qui peut séduire les agriculteurs mais qui a fait long feu. Donc d’accord pour l’image du "boomerang". Ceci dit, le profil des amaranthes en question n’a rien a voir avec celles domestiquées et cultivées en Amérique."
"S’il est vrai qu’il y a des imprécisions qu’il est bon de signaler par rapport au transfert de gènes, je pense pour ma part qu’au contraire Tela Botanica doit laisser chacun s’exprimer librement et faire valoir ses opinions, de façon pluraliste, y compris dans des articles. Rien n’empêche ceux qui ont une connaissances plus spécialisée de réctifier les erreurs ou imprécisions en commentaires..."
"Voici une autre source d’info sur cette affaire : http://www.infogm.org/spip.php ?article3707 . Le scénario de la évolution spontanée de souches résistances au Roundup semble bien plus probable qu’une hybridation.
Daniel MATHIEU
Président
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