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Fiche pratique n°5 - Quels droits pour ma base de données ?

Mis en ligne jeudi 1er octobre 2009 par veronique schafer - Fiche pratique

Vous avez accumulé un nombre important d’observations botaniques mises en relation par le biais d’une base de données et souhaitez partager ces données ? Sachez que les bases de données sont régies par un droit qui leur est propre alors soyez prudents ! Voici un aperçu de quelques notions juridiques afin que vous puissiez vous prévenir contre tout litige.

Vous avez créé votre propre base de données ? Sachez que son architecture est protégée par le droit d’auteur si celle-ci est originale ! Les critères de protection de la structure se basent sur :
-  l’effort intellectuel marqué par la mise en forme
-  l’originalité dans la sélection, la présentation, le classement des informations

Seule l’architecture, la mise en forme de votre base, est concernée par ce droit.

Quels droits pour vos données ?

Le contenu de votre base est protégé par un droit qui leur est propre, le droit sui generis. Il protège les informations saisies à condition que la BDD ait nécessité un investissement substantiel (d’ordre financier, matériel ou humain). Cet investissement doit concerner l’organisation, la constitution, vérification ou présentation des données et non pas leur création. Sachez que toutes les données brutes sont de l’ordre du domaine public. Ce n’est que grâce à leur mise en forme, leur rassemblement, qu’elles sont protégées.

Vous souhaitez intégrer de nouvelles données ?

Vous pouvez librement intégrer à votre base certaines informations provenant d’un tiers :
-  si elles sont de l’ordre de données brutes
-  ou si vous reproduisez une quantité minime (non substantielle) de données d’une BDD. Dans les autres cas, attention, l’intégration peut être possible mais il vous faut demander une licence d’utilisation au propriétaire.

Comment partager et diffuser vos données ?

Avant de diffuser ou de partager ses données ou base de données, il faut s’assurer :
-  d’être titulaire des droits
-  ou d’avoir une licence permettant la diffusion

Si votre base de données a été réalisée dans le cadre de votre travail et remplit les conditions nécessaires à sa protection par le droit sui generis des BDD (investissement substantiel etc.), attention toutefois, car ce droit sui generis appartient à celui qui a consenti l’investissement, c’est-à-dire votre employeur !

Par contre, si l’architecture de votre BDD est originale et est, à ce titre, protégée par le droit d’auteur, vous êtes titulaire de ce droit, sauf si vous avez fait une cession de vos droits à votre employeur. Renseignez-vous.

Afin de vous prémunir contre tout litige, vous pouvez rédiger un contrat avec le bénéficiaire (organisme ou personne physique) du partage définissant avec exactitude les utilisations et conditions octroyées. Dans ce contrat vous préciserez, s’il y a lieu :
-  l’engagement de confidentialité
-  les clauses de publication
-  le domaine d’utilisation et les droits liés : durée, lieu, destination, étendue
-  les possibilités de partage (sous licence)
-  les contreparties financières (elles peuvent être gratuites).
-  la loi en vigueur (pour un contrat établi avec un ressortissant situé hors de l’Union Européenne)

Si vous souhaitez partager vos données avec le grand public, vous pouvez notamment utiliser les licences Creative commons -voir fiche pratique n°4 -

Comment protéger votre base de données et vos données ?

Afin de vous prémunir de tout futur litige sur la propriété de votre base, il existe différentes procédures vous permettant de pouvoir prouver l’antériorité de votre propriété - si nécessaire -.

En voici deux peu contraignantes :
-  l’enveloppe SOLEAU : c’est une enveloppe A4 ne pouvant pas recueillir d’éléments durs, constituée de 7 pages recto-verso maximum. Le document doit contenir une description détaillée de l’objet, de la présentation et de la forme de la BDD. Il faut la déposer à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) pour un coût approximatif de 15€ et surtout ne jamais la décacheter pour garder une preuve de la date.
-  dépôt à l’agence pour la protection des programmes (APP) de tout matériel autorisé : CD, clé USB, papier etc., pour un coût d’environ 20€.

Ces mesures sont à faire le plus tôt possible afin d’avoir une preuve d’appartenance la plus ancienne possible.

Source :
Réunion du 24/09/09 au CIRAD. Séance introductive sur "la protection juridique des données et des bases de données".
Présentation faite par :
-  Anouk Wendig - Stagiaire - Master Pro 2 « droit des créations immatérielles » -
-  Elise Perset - juriste en Propriété Intellectuelle -
-  Didier Babin - chercheur CIRAD département « ES »-

En savoir plus :
-  Code de la Propriété Intellectuelle
-  Licences Creative commons
-  Jurispedia

Véronique Schäfer
Tela Botanica

A lire également :
-  Projets liés aux bases de données botaniques : Publication de Catherine Reeb sur Tela Botanica (2002)

©© Cet article est publié sous licence : Creative Commons
Licence de l’article : Contacter l’auteur


Vos commentaires sur cet article

Réagir à cet article

  • Le 6 octobre 2009 par Daniel BIZET

    Petite réflexion sur l’affirmation "Sachez que toutes les données brutes sont de l’ordre du domaine public", le lien explicite bien et justifie cette affirmation : les données à l’origine publiques, agencées en une base de données, restent publiques (bourse, météo...).

    Je ne vois pas en quoi cela s’applique aux données naturalistes, issues de temps passé (prospection) + compétences (identification) et ensuite en plus saisie ou mise en forme dans une base de données !

    Pour preuve d’ailleurs, toutes les données météo ne sont pas publiques ni gratuites, comme aucunes autres d’ailleurs me semble-til...

  • Le 2 octobre 2009 par Carole Constans
    Et qu’en est-il d’une base de donnée constituée de photos de plantes faites personnellement et non compilée à partir de sources extérieures ? Merci
  • Le 1er octobre 2009 par Michel Chauvet

    Merci à Véronique d’avoir réalisé cette synthèse, sur un sujet qui ne cessera de prendre de l’importance. Restera le problème de savoir si quelqu’un peut détenir des droits sur des listes de faits objectifs et bien délimités, par exemple la liste des plantes de la flore de France. En effet, si plusieurs personnes font consciencieusement ce même travail, ils devraient logiquement arriver à la même liste ou presque !

    En fait, ces listes ne sont jamais identiques, car de nombreux critères peuvent différer.

    Dans le passé, il y eu des litiges sur des guides de restaurants. Pour prouver que leur liste avait été piratée, on dit que certains auteurs mettent quelques fiches de restaurants inexistants. Si ces fiches sont reprises, c’est qu’elles proviennent de cette liste, et non d’une enquête sur le terrain...

    Suite au prochain numéro.


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