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Stage sur l’épizoochorie (ongulés sauvages)

Mis en ligne mercredi 9 novembre 2011 par BALTZINGER Christophe - Offres de stages

Le Cemagref propose un stage de master 2 sur l’épizoochorie (ongulés sauvages).

Sujet proposé : Quels traits facilitent le transport épizoochore par des ongulés sauvages ?

Contexte
La dispersion des graines est un processus clé pour le fonctionnement des populations de plantes et la dynamique des communautés végétales, d’autant plus dans le contexte actuel de réchauffement climatique et de fragmentation des habitats. (Cain et al. 2000) ont montré par ailleurs que la distribution actuelle des populations de certaines plantes ne pouvait s’expliquer que par des évènements rares de dispersion à longue distance, de l’ordre d’une graine sur 1000 et sur une distance supérieure au kilomètre.
La forte dynamique des populations d’ongulés sauvages, comme le cerf (Cervus elaphus), le chevreuil (Capreolus capreolus) et le sanglier (Sus scrofa), observée depuis les années 1970 en France, ainsi que la capacité des ces animaux à réaliser rapidement de grands trajets au sein d’habitats diversifiés, en font des modèles biologiques pertinents pour étudier les vecteurs de dissémination à longue distance des plantes en environnements changeants. Nous avons notamment mis en évidence le rôle du cerf et du chevreuil dans la propagation par voie externe du cynoglosse d’Allemagne (Cynoglossum germanicum Jacq.) sur une période de 30 ans (Boulanger et al. 2011). Par ailleurs, nous avons aussi montré que de nombreuses plantes étaient véhiculées dans le pelage et sous les sabots du cerf, du chevreuil et du sanglier, mais que moins de la moitié de ces espèces étaient considérées épizoochores (Picard and Baltzinger 201.).

Objectif
Notre objectif est d’identifier les attributs des plantes qui facilitent le transport par voie externe. Nous avons choisi une approche multi-espèces. Nous comparerons donc les cortèges de plantes retrouvées sur trois ongulés sauvages (cerf, chevreuil et sanglier) qui différent dans leurs traits physiques et comportementaux.
Nous supposons en effet que cette diversité de traits (qualité et surface du pelage, comportement et taille notamment) chez les vecteurs animaux sera déterminante pour expliquer les différences et similitudes dans les plantes transportées sur l’épizoochorie (ongulés sauvages). Par ailleurs les traits des plantes, notamment ceux associés à la dispersion (présence d’appendices ou de substances adhésives, taille, hauteur de l’infrutescence) ainsi que la phénologie (période de fructification et de production des graines) vont eux aussi influer sur leur prise en charge par les animaux étudiés. Une première hypothèse est basée sur la qualité du pelage des vecteurs. Le pelage lisse des cervidés devrait engendrer un turn-over plus rapide et favoriser les espèces épizoochores contrairement à celui du sanglier qui devrait permettre de stocker des graines plus diversifiées (Heinken et al. 2002). Une seconde hypothèse de travail concerne l’adéquation entre hauteur des infrutescences et surface du pelage en contact. Plus grand le chevauchement, plus important serait le nombre des graines retrouvées. Sous cette hypothèse, chevreuil et sanglier devrait transporter plus de graines que le cerf.

Méthodologie
Nous avons brossé le pelage et récolté la terre insérée autour et entre les sabots d’animaux tués pendant l’ensemble de la saison de chasse d’octobre 2010 à février 2011 dans trois massifs du Loiret. Une partie des échantillons a déjà été dépouillée (Virfollet 2011) et il reste 27, 45 et 32 échantillons de cerf, chevreuil et sanglier respectivement. Ce protocole permet de récolter les différents éléments, dont les graines, qui se sont accrochés au corps de l’animal.
Les graines sont identifiées par examen microscopique (sous loupe binoculaire) à l’aide d’une séminothèque et d’atlas de référence (Cappers et al. 2006, Pujol et al. 2007) et une double identification sera éventuellement réalisée par mise en germination en conditions contrôlées (chambre climatique). Les caractéristiques des plantes identifiées seront extraites de bases de traits (Julve 1998) et de flore. Nous alimenterons ainsi la liste des espèces déjà retrouvées sur le corps des animaux.

Références
Boulanger, V., C. Baltzinger, S. Saïd, P. Ballon, F. Ningre, J. F. Picard, and J. L. Dupouey. 2011. Deer-mediated expansion of a rare plant species. Plant Ecology 212:307-314. Cain, M. L., B. G. Milligan, and A. E. Strand. 2000. Long-distance seed dispersal in plant populations. Am. J. Bot. 87:1217-1227. Cappers, R. T. J., R. M. Bekker, and J. E. A. Jans. 2006. Digital Seed Atlas of the Netherlands. Barkhuis Publishing, Eelde, The Netherlands. Heinken, T., H. Hanspach, D. Raudnitschka, and F. Schaumann. 2002. Dispersal of vascular plants by four species of wild mammals in a deciduous forest in NE Germany. Phytocoenologia 32:627-643. Julve, P. 1998. Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. version : mai 2010 (http://perso.wanadoo.fr/philippe.julve/catminat.htm). Picard, M., and C. Baltzinger. 201. Hitch-hiking in the wild : should seeds rely on ungulates ? Plant Ecology and Evolution. Pujol, D., J. Cordier, and J. Moret. 2007. Atlas de la flore sauvage du département du Loiret. Museum National d’Histoire Naturelle, Paris. Virfollet, D. 2011. Etude de la zoochorie chez trois ongulés sauvages. Master 2 R. Université des Sciences, Orléans.

Contact
Organisme d’accueil : Cemagref, UR Ecosystèmes forestiers,
Domaine des Barres, 45290 Nogent-sur-Vernisson
Responsable du stage : Christophe BALTZINGER, docteur-ingénieur
Tél. 02.38.95.66.75 ; Fax 02.38.95.03.59
Courriel : christophe.baltzinger@cemagref.fr


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