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« En direct des espèces » : la biodiversité urbaine, enjeu de nature ou de société ?

Mis en ligne jeudi 8 mars 2018 par Accueil Tela Botanica - Brèves

Les zones urbanisées représentent plus de 10 % de la superficie mondiale des terres émergées. En France métropolitaine, selon l’Insee, en 2010 près de 22 % du territoire était occupé par des villes qui y concentraient 77,5 % de la population.

Ces espaces ont été fortement modifiés, et leurs écosystèmes dégradés, par les activités humaines : destruction des habitats naturels, remplacement de ces habitats par des bâtiments ou infrastructures de transport, pollution des sols, de l’eau et de l’air.

La « biodiversité urbaine » - espèces animales, végétales et fongiques et micro-organismes présents dans les villes et autres espaces anthropisés - suscite toutefois l’intérêt grandissant des citadins et des pouvoirs publics.

La biodiversité, ce « tissu vivant de la planète », intègre non seulement la diversité des espèces mais aussi toutes les interactions entre ces espèces et avec leurs habitats. Elle colonise tous les milieux, s’y développant spontanément dès qu’elle n’y est pas éliminée par les activités humaines.

Quelles espèces s’acclimatent en ville ?

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On peut discerner deux groupes d’organismes qui, ensemble, forment la biodiversité urbaine. Le premier rassemble des espèces indigènes (ou autochtones) de la région, qui trouvent dans les territoires urbains des conditions de vie favorables (constituant la « biodiversité indigène »). Il s’agit parfois d’espèces relictuelles qui profitent de vestiges d’habitats naturels préservés en milieu urbain (aquatiques, palustres, forestiers, etc.).

Ainsi, certaines villes possèdent sur leurs franges des espaces naturels de grande valeur. Par exemple, Strasbourg abrite des forêts alluviales classées en Réserves naturelles nationales, ou Marseille des garrigues en contact avec la ville et situées au cœur du Parc national des Calanques. Il ne s’agit cependant pas réellement de biodiversité urbaine, même si la proximité de la ville induit souvent un appauvrissement de cette biodiversité (dû à la fréquentation humaine, la fragmentation des habitats, l’eutrophisation, les invasions biologiques, etc.).

On observe également dans les villes des espèces indigènes de la région, inféodées aux milieux spécifiques créés par l’homme, comme des zones minéralisées (façades de bâtiments, toitures, corniches, égouts, etc.), mais aussi des parcs, friches, pelouses, bassins... C’est le cas par exemple de fougères saxicoles, telles que la doradille des murailles et la capillaire de Montpellier.
Quant à la faune, les faucons crécerelle et pèlerin, la chouette effraie, le martinet, la fouine, et quelques espèces de chauve-souris se reproduisent dans ou sur des bâtiments. Certaines espèces en régression dans les zones rurales du fait de l’intensification de l’agriculture peuvent trouver dans les villes des « habitats refuges », comme des plantes messicoles. C’est le cas du serin cini ou même du grand hamster, présent dans les parcs de centres-villes d’Europe centrale. [...]

>> Lire la suite de l’article « En direct des espèces » : la biodiversité urbaine, enjeu de nature ou de société ?, du 26/02/2018 par Serge Muller, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) - Sorbonne Universités ; Germinal Rouhan, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) - Sorbonne Universités et Philippe Clergeau, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) - Sorbonne Universités sur le site The Conversation

The Conversation

> Intéressé·e par la biodiversité urbaine ? Découvrez Sauvages de ma Rue, l’observatoire participatif de la flore spontanée en milieu urbain


Images d’illustration : Adiantum capillus-veneris L. - capillaire de Montpellier , par Mathieu Menand, CC BY-SA, illustration Flora Data


Licence de l’article : Contacter l’auteur



Vos commentaires sur cet article

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  • Le 9 mars 2018 par Michel
    Bonjour, Je ne comprends pas trop pourquoi l’auteur s’attache dans la fin de l’article à opposer la biodiversité urbaine, certes peu diversifiée, à celle de territoires plus "patrimoniaux". Cela ne concerne pas les mêmes gestionnaires, ni souvent les même financeurs publics. De plus les enjeux sont différents, comme lui-même l’explique très bien. J’ai pu constater par mon activité professionnelle que c’est parfois le défaut des naturalistes "purs et durs" qui sont trop parfois dans leur tour d’ivoire et ont un certain dédain pour les efforts faits pour les espèces communes et les espaces maltraités. Merci en tout cas pour votre travail si souvent passionnant.

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