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Phytolacca americana dans une coupe forestière - Domaine des Barres Nogent sur Vernisson (45) [Yann Dumas]
Phytolacca americana dans une coupe forestière - Domaine des Barres Nogent sur Vernisson (45) [Yann Dumas]
"Phytolacca" : americana, decandra ou acinos ? Il semble que ce soient trois noms donnés à la même plante. Quelqu'un sait-il à quels auteurs ils correspondent [François VAN DER BIEST] ?
Phytolacca americana L. [1753 - Sp. Pl. : 441] / 2n = 36 / CoN GaN / 3, 4, 5,6 (Phytolaccaceae) {49293} < n°Fournier: 1197 < n°CNRS: 0359
Dans le supplément 4 de la flore de Coste, on trouve, page 412: Phytolacca decandra L. a pour nom légitime P. americana L. ; les auteurs citent aussi P. dioïca, une autre espèce; acinos n'est pas mentionné. Guinochet donne les mêmes informations. La "grande encyclopédie des plantes et fleurs de jardin" cite aussi P. clavigera. Le qualificatif d'espèce "decandra", qui signifie que la fleur a 10 étamines, me semble beaucoup plus intéressant qu' "americana".(oh légitimité!) [Marcel ROCHE]
Lors de l'introduction du Phytolacca en Europe, certains botanistes pensaient qu'il s'agissait d'une solanacée "Solanum racemosum indicum" ou "Solanum magnum virginianum rubrum"[Jean-Claude BONNIN].
D'après Mitich (1994), « Phytolacca » proviendrait de « phyto » (plant) et « lacca » serait une forme latinisée de « laque » faisant allusion au jus très coloré des baies. Le nom américain « pokeweed » aurait pour origine le mot « Pokon » des indiens de Virginie qui fait référence aux plantes tinctoriales dont le jus rouge fait penser au sang « Pok ». Un nom commun pour cette plante aux Etats-Unis est « Pigeonberry » faisant allusion au fait que ces baies étaient un des aliments favoris ces oiseaux migrateurs avant qu'ils ne soient exterminés [Yann DUMAS].
Remarque: On trouve un autre Phytolacca en France: Phytolacca dioica L. Il s'agit d'un arbre souvent planté sur la côte d'Azur. Il existe par exemple un bel individu dans le village sur l'île de Porquerolles. [Benoît BOCK]
En effet, il y a aussi Phytolacca dioica, très présent en Corse comme arbre d'ornement. Il est appelé communément " Bellombra". Il en existe de très beaux individus à Cargese, à Porto-Vecchio ( place du Bellombra", bar du Bellombra...), à Calvi, à Bastia où certains individus sont énormes; il y en avait un à Vico, il est mort à présent, mais avait plusieurs mètres de circonférence. A Bastia, j'ai observé qu'il se multiplie naturellement.
C'est un bel arbre, mais il ne vit pas très vieux, son bois est très léger, manque de densité; par contre, il se développe assez rapidement. Son feuillage est semi-caduc. Il aurait été planté la première fois en Corse au milieu du XIX ème siècle [M.G. MARY-CONRAD].
Je ne connais pas le nom horticole français de cette espèce également plantée dans le midi mais on retrouve le même nom en espagnol (castillan) : « Bella sombra »*, et en catalan : « Bella ombra ».
* (on dit aussi. « Ombú » qui serait le nom originel sud-américain et l'origine possible de l'appellation populaire).
La ressemblance des fruits de P. dioica avec de minuscules tomates est nettement plus marquée que pour les boules noires de P.americana. On dirait même parfois de micro-potirons jaunâtres à 10 lobes [Michel WIENIN].
D'après Bruneton (2000), P. dioica est toxique pour les bovins et les volailles [Yann DUMAS].
Notez aussi que Phytolacca esculenta Houtt. figure dans la liste des espèces du Bas Rhin (Chorologie départementale sur le site de Tela Botanica). [Yann DUMAS]
Par ailleurs, Phytolacca esculenta Houtt. est signalé comme adventice en Belgique et Phytolacca acinosa Roxb. comme naturalisé en Grande-Bretagne [ Benoît BOCK].
D'après Mitich (1994), il existe 25 espèces dans le genre Phytolacca à travers le monde. L'espèce africaine (P. dodecandra) est toxique d'après Bruneton (2000) [Yann DUMAS].
Dans l'ouvrage de J.Montegut : «Pérennes et vivaces nuisibles à l'agriculture», on peut lire ceci:
Phytolacca americana " ... est une espèce américaine venant même des U.S.A. ; elle a été introduite dans de très nombreuses régions du globe et ceci pour de multiples raisons. Ses feuilles sont comestibles! (Épinard doux de la Martinique); des variétés à feuilles striées ou tachées de jaune-rose sont ornementales; son fruit charnu, ressemblant à une petite tomate à dix carpelles, fournit une teinture violette très appréciée pour les tissages (même jadis pour colorer les vins), d'où le nom fréquent de Teinturier; mais le colorant est aussi purgatif ! Elle présente encore bien d'autres curiosités chimiques". Dommage, J.Montegut ne nous en dit pas plus long. La comparaison avec une tomate (même petite) me parait audacieuse... Il parait qu'on peut consommer les jeunes feuilles. Ici (Corse), les gens mettaient quelques grappes de fruits dans les tonneaux pour colorer le vin. Dans mon enfance, nous en faisions de l'encre...[M.G. MARY-CONRAD].
Belle plante, décorative en cette saison (septembre) [Jean-Pierre JACOB].
J'en ai même mangé de jeunes feuilles, après avoir lu qu'elle est comestible, comme je l'ai déjà signalé sur cette liste. C'est d'ailleurs très mauvais [M.G. MARY-CONRAD].
Elle fut introduite en Afrique et dans les pays du pourtour méditerranéen dès 1650. Utilisée pour teinter le vin de qualité inférieure, elle fut cultivée au Portugal, en Espagne et en France d'après Mitich (1994) puis se serait « échappée » des cultures. Elle est occasionnellement cultivée dans un but ornemental en Angleterre, en Allemagne et en France. Nous sommes ou étions donc concernés en France par les deux principaux moyens de propagation l'un d'origine méridionale et l'autre plus septentrionale. Actuellement la littérature scientifique abonde sur un tout autre intérêt de cette espèce lié au fait qu'elle contient une protéine anti-virale (PAP) qui a démontré son efficacité pour lutter, entre autres, contre le virus (VIH) responsable du SIDA. Cette protéine ayant visiblement un large spectre d'efficacité est aussi utilisée pour produire des plantes transgéniques (tabac, pomme de terre) insensibles à différentes maladies d'origine virale [Yann DUMAS].
Toutefois, dans toute situation négative, il faut trouver un aspect positif. Avez vous observé le mode de construction de cette plante. C'est tout à fait remarquable ! Il est facile de remarquer que les inflorescences sont opposées aux feuilles. En réalité la plante adulte est construite sur le mode sympodial avec un enchaînement de relais qui présentent tous la même organisation. Si l'on part du niveau d'une inflorescence (I0) et que l'on appelle N0 le nœud qui la porte, voici ce que l'on voit. Pour les 1 à 3 ou 4 nœuds suivants (N1 à N3 par exemple), les feuilles axillent un bourgeon qui ne se développe pas ("bourgeon dormant"), puis à l'avant dernier nœud avant l'inflorescence (N4 dans l'exemple), le bourgeon axillaire se développe et donne une ramification, enfin au niveau du nœud qui porte l'inflorescence( N5), la tige principale se transforme en inflorescence et l'allongement de l'appareil végétatif est assuré par le bourgeon axillaire de la feuille (d'où l'inflorescence opposée à la feuille !). Puis avec le nouveau relais, la séquence recommence et ainsi de suite. Ce mode de construction existe-t-il dans les autres espèces de Phytolacca ? [Jean DEXHEIMER].
Elle n'est pas vraiment vivace, bien qu' elle se maintienne plusieurs saisons. Par contre, elle se ressème partout, la terre du jardin doit en être farcie, car j'en ai partout, même dans mes semis ou repiquage dans des jarres, pots de géranium... J'en ai vu des pieds de 2m de haut, et la tige, lignifiée, devait avoir 7 cm de diamètre. Mais il me semble bien qu'elle gèle... [M.G. MARY-CONRAD].
Je les ai volontiers laissé proliférer, car, comme Bernard Pinoteau, je trouve la plante très spectaculaire. Ses tiges "lie de vin" atteignant les 30 mm de diamètre pour une hauteur de 1,80 m sont du plus bel effet en ce moment et les multitudes de grappes de "raisin" me donneraient presque un statut de vendangeur [Jacques BIGOT].
Il faut remarquer que Phytolacca decandra n'est pas un arbuste, mais une herbacée vivace. En automne, les parties extérieures sèchent complètement et finissent par disparaître pour peu qu'on casse les plus grosses tiges; vers avril-mai, la plante repart de la souche, qui est énorme, pour atteindre (chez moi) 1,5m à 2m suivant les années. Les tiges sont multiples. La plante est toxique au moins pour les hommes (surtout les fruits) mais pas pour les oiseaux (les tourterelles en sont friandes). [Marcel ROCHE]
La jeune plantule développe rapidement une vigoureuse racine napiforme et il ne faut pas la rater au désherbage [Peter A. SCHÄFER].
En automne de nombreux oiseaux se délectent des baies. Dans certaines parties du jardin j'ai eu quelques pieds l'année dernière, je les ai laissés pour le plaisir des yeux car la plante est assez spectaculaire. Cette année à mon grand regret, rien. Je pense que la dissémination de la plante est surtout due aux oiseaux [Bernard Y.H. PINOTEAU].
Je soupçonne (ça n'est qu'une hypothèse !) que c'est l'entreprise qui a réalisé le chantier (autoroutier) qui l'aurait introduite, car c'est un site que je fréquente depuis 15 ans au moins et je n'avais jamais vu cette plante auparavant [Etienne CUENOT].
Se "cultive " très facilement, surtout lorsque les oiseaux sont présents.
Dans l'expérimentation de Hyatt (2000), 46% des gaines de Phytolacca americana ont survécu pendant au moins un an dans la banque de graines du sol. Contrairement à l'hypothèse initiale des auteurs qui voyaient dans la présence d'un roncier un effet positif en tant que reposoir pour les oiseaux frugivores, le roncier limite en fait l'arrivée des graines et défavorise leur germination. Orrock (2005) a étudié l'effet du passage des graines dans le tube digestif de deux espèces d'oiseaux frugivores. Il en conclut que la consommation par ces animaux ne modifie pas le taux de germination. Elle ne modifie que très légèrement la date de germination, elle est avancée d'une journée…Les graines sont viables dans le sol pendant au moins 40 ans d'après Mitich (1994) [Yann DUMAS].
Aux Etats unis où elle est indigène, le comportement de cette espèce semble comparable à celui observé en France. Elle est favorisée par des perturbations altérant le couvert forestier et bénéficie depuis ces dernières décennies de l'impact d'ouragan pour devenir plus fréquente en forêt (Taverna, 2005). En revanche, alors que Mitich (1994) évoque les sols limoneux bien alimentés en eaux comme un optimum pour cette espèce aux Etats-Unis, Phytolacca americana, sans être exclu de ce type de milieu, manifeste un comportement invasif sur des sols aux caractéristiques très différentes en France, des sols sableux et acides. L'espèce s'est-elle adaptée à ces conditions écologiques ? (Yann DUMAS].
Dans des terrains sablonneux très touchés par la tempête de 1999, en bordure de zones où ont survécu des pins et des feuillus [Hubert LAROCHE].
Après coupe forestière, incendie de forêt ou en bordure de chemin sur terrain acide [Yann DUMAS].
Présent notamment sur les terrasses alluviales (parfois en contexte calcaire) [Rozo]
Il se développe dans les zones ouvertes, parcelles en régénération en compagnie des plantes pionnières de friches classiques... il est peut-être lié aux engins de débardage, venus aider les forestiers parisiens après la tempête, et qui ont pu véhiculer dans leurs mâchoires quelques fruits et graines...[Caroline].
Deux pieds de Phytolacca dans une coupe récente (nettoyage suite à la tempête de 1999), en compagnie d'autres rudérales exotiques, probablement arrivées par des apports de gravats.
Cette station est d'ailleurs intéressante pour observer la compétition entre pionnières indigènes et exotiques dans une coupe forestière.
On trouve sur cette parcelle :
Dans le sud de la Lozère, il colonise abondamment les bords de prés, les talus et les lisières [Pierre SELLENET].
Chez moi (Gard) Phytolacca affectionne les sols légers, aérés, bouleversés… où elle développe facilement son important système racinaire mais me semble insensible au calcaire. Je l'ai vue ces derniers jours dans mon village (Vézénobres) sur une rendzine jaune bouleversée par un chantier et même sur des décombres certainement saturés en calcaire actif (ruine de murs en pierre calcaire liés au mortier de chaux) [Michel WIENIN].
Autour de chez moi (Vézénobres, zone des garrigues du centre du département du Gard), je la rencontre classiquement dans deux types de stations :
Plutôt en bords de chemins, jardins abandonnés, bords de rivières perturbés. Je n'ai pas observé d'envahissement de stations plus "naturelles" [Peter A. SCHÄFER].
Tout le long de la vallée du Rhône (69, 38 et 26) où il se comporte en rudéral... il ne semble pas réellement envahissant [Bernard PONT].
J'ai l'intuition que Phytolacca préfère les terrains légers à tendance acide, mais pas trop secs, plutôt bien alimentés même en été [Etienne CUENOT]. Il est vrai aussi que mon terrain est traversé par des sources souterraines et que l'hygrométrie ambiante n'y manque pas [J. BIGOT].
Observé suite à un chantier sur autoroute (A40), elle se développe particulièrement dans un terrain à dominante sableuse tendance acide, en lisière forestière. Mais depuis je la trouve un peu partout autour du site initial, même en pleine lumière. [Etienne CUENOT].
En Ardèche, comme dans le Gard, dans la zone inondable, à la limite de la ripisylve, particulièrement côté interne au voisinage des bancs de galets, où elle semble bien naturalisée, en situation de rudérale (décombres, défrichements, bords de fossés…) souvent de manière temporaire. Ne se trouve pas en altitude, mais je n'ai pas fait attention à la limite [Jean-Paul MANDIN].
En ce qui concerne le Phytolacca dans les Landes, c'est une plante très commune, envahissante qui colonise, entre autre, les zones défrichées. Pas loin de chez moi, sur plus d'un hectare, suite à une coupe, la densité est telle qu'un de mes amis, étranger à la région pensait qu'il s'agissait d'une culture ! [Jean DEXHEIMER].
Dans le Département du Lot, surtout dans les milieux marqués par la présence de l'homme (jardins, abords des exploitations agricoles, mais aussi zones commerciales ou industrielles) et la présence d'eau (bords de rivières, terrains argileux [Jean-Pierre JACOB].
Carte de répartition départementale établie d'après les données fournies au cours de cette discussion :
Article paru dans le Parisien 500 pieds de la plante toxique arrachés Fontainebleau :
«Les gens se désintéressent du poumon vert de l'Ile-de-France. Si nous n'en prenons pas soin, la forêt de Fontainebleau pourrait se laisser envahir », a commenté Lionel Roth. Le conservateur du jardin botanique de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (Val-de-Marne) n'a pas caché sa déception devant la faible mobilisation rencontrée samedi pour l'opération d'arrachage de Phytolacca decandra. Seulement 500 pieds de cette plante toxique importée d'Amérique du Nord et appelée raisin d'Amérique ont été arrachés. « Ce n'est pas comme ça que nous éradiquerons une plante qui empêche le développement des autres végétaux et qui s'avère dangereuse pour les ruminants », avertit le scientifique. Prochain arrachage le 30 avril. L'Office national des forêts, qui encadrait l'opération, passera pour brûler les pieds détruits [Francis VAYEUR].
Comment est-elle arrachée; les "arracheurs" ne risquent-ils rien pour leur santé ? [Etienne CUENOT]
Franchement, je ne crois pas qu'on risque le moindre ennui en arrachant la plante. J'en ai arraché des centaines dans mon jardin, depuis qu'elle y prospère tous les ans (une quarantaine d'années) [M.G. MARY-CONRAD].
Pour les arracheurs, pas de risques avérés, les intoxications connues ne sont provoquées que par ingestion et non par contact [Christian DECONCHAT].
Le bétail est-il attiré pour arriver à consommer en pâture cette plante toxique ? D'habitude il fait des refus...ou bien la plante étant nouvelle l'information n'est pas encore bien transmise de génération en génération de vaches ? Depuis quand le bétail pâture en forêt de Fontainebleau ? [Etienne CUENOT]
Ne pas confondre bétail et ruminants. Il a dans la forêt de Fontainebleau de nombreux ruminants : les cervidés. Ceux-ci consomment un peu de phytolaque sans que l'on ait constaté de mortalité. Mais les diarrhées, vomissements etc ne sont pas faciles à observer chez ces cervidés que l'on ne fait souvent, quand on a de la chance, qu'entrevoir! [Christian DECONCHAT].
Des cas d'intoxication sont avancés par Bruneton (2000), lors d'utilisations médicinales de racines consommées crues, ou de feuilles pourtant ébouillantées dans deux eaux de cuisson successives. Ce traitement est généralement suffisant pour permettre une consommation mais il semble d'une efficacité aléatoire. Les symptômes peuvent être les suivants : maux de têtes, étourdissements, troubles gastro-intestinaux, tachycardie, troubles de la vision. Dans le cas d'une consommation de racine, les premiers symptômes sont des brûlures au niveau de la bouche et de la gorge.
Chez l'animal, des cas de mortalité sont signalés chez le porc, la vache et le cheval. La toxicité a fait l'objet d'expérimentations chez le mouton pour aboutir à une dose létale estimée de 5000 à 10000 mg de tiges et feuilles fraîches/kg de poids vif (Peixoto et al., 1997). La ou les molécules responsables de cette toxicité ne sont pas identifiées mais il s'agit probablement de saponosides présents dans tous les organes de la plante. Campana et al. (2002) évoquent la possibilité d'un effet répulsif ou toxique de ces composés chimiques pour expliquer la pauvreté de la communauté de vers de terre rencontrée sous cette espèce comparée à celle qui existe sous des espèces autochtones en forêt de Fontainebleau. Cette espèce manifeste également une toxicité assez forte envers les mollusques (molluscide). Aldea et al. (2005) évaluent en effet à 150 mg/l la dose efficace de poudre de baies sèches de Phytolacca americana dans l'eau pour intoxiquer des espèces invasives d'escargots dans un bassin aquacole [Yann DUMAS].
Dans mon jardin Lyonnais (calcaire?), j'oserai presque le qualifier d'"envahissant". En effet, après avoir "récolté" subrepticement quelques graines il y a une dizaine d'années au Jardin Botanique de Lyon, je me trouve, aujourd'hui avec une bonne cinquantaine de pieds disséminés sur une surface de quelques 2000 mètres carrés [Jacques BIGOT].
Je suis dans les Pyrénées Orientales (en Vallespir) et là, il semble que le phytolaque progresse à pas de géant, pas plus tard que cet après-midi ma compagne me disait (sans savoir quelle était cette plante) qu'il y en avait de plus en plus [azer reza].
Se "cultive " très facilement, surtout lorsque les oiseaux sont présents [Jean-Pierre JACOB].
Je l'ai vue assez fréquemment dans la région Centre mais... de là à dire qu'elle est envahissante, non [Colette GAUTIER].
Elle n'est en général pas envahissante en région Centre, sauf observée à une occasion dans la moyenne vallée du Cher (je ne sais plus où) [Thierry CORNIER].
En Dordogne, dans le cingle de Trémolat, en lisières de bois et bordure de champs : quelques peuplements très importants et denses, couvrant des centaines de m², à caractère manifestement envahissant, débordant dans les cultures [Yves BOSSU].
Pas loin de chez moi, sur plus d'un hectare, suite à une coupe, la densité est telle qu'un de mes amis, étranger à la région pensait qu'il s'agissait d'une culture [Jean DEXHEIMER] !
D'après les éléments rassemblés dans le cadre de cette synthèse provisoire, son caractère invasif pourrait s'expliquer par :
Opération d'arrachage en forêt de Fontainebleau :
L'opération d'arrachage est une opération expérimentale, sur une zone restreinte, avec un protocole et un suivi. J'ai participé à la rédaction de ce protocole.
Il est hors de question de vouloir et surtout de pouvoir, éradiquer le raisin d'Amérique des 17000 ha du massif de Fontainebleau. Une équipe de bénévoles, s'est proposé pour faire cet arrachage et a médiatisé la chose avec des propos parfois excessifs.
Ils auront peut être, ces propos, rapportés dans les quotidiens, comme intérêt de faire prendre conscience au public des problèmes voire des risques que peuvent présenter ces plantes ou bestioles venues d'ailleurs.
L'intérêt de cette expérience pour nous, ONF, gestionnaire c'est d'avoir (peut-être ?) un outil d'intervention si on devait supprimer les phytolaques pour préserver un milieu avec des espèces rares qui seraient mises en péril par la présence de phytolacca. Même si ça ne marche pas, au moins on saura qu'il est inutile d'utiliser ce procédé. Les a priori ne sont pas toujours les bons choix [Christian DECONCHAT].
Le phytolaque d'Amérique et non le raisin d'Amérique (un peu stupide comme nom)…sans aucun lien.. ne devrait pas être déplacé : on arrache les tiges et les fruits tombent. Avez-vous observé la racine en pleine forêt. ? Opération d'arrachage, vous vivez dans un autre monde...
Si vous voulez-vous en départir, il faudra impliquer des scientifiques botanistes, biologistes, entomologistes pour rechercher les prédateurs. De la même façon au 19e siècle lorsque l'on a voulu faire disparaître le figuier de Barbarie en Australie, un groupe de scientifique a travaillé pour trouver des prédateurs en son pays d'origine et quelques années plus tard on y est parvenu...
La consommation animale aide à ressemer les graines par le fumier et en y apportant en plus un fertilisant naturel.....il ne sert strictement à rien de vouloir l'arracher, le rhizome est énorme et l'on casse la base de la tige. Je serais curieux de voir votre protocole de recherche. Il doit y avoir de très forte surprise [Lucien BILODEAU].
Détruisez-soigneusement les fruits : sinon, il y en aura plein chez vous et aux alentours, garanti ! [M.G. MARY-CONRAD].
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