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Comment devenir botaniste - VAYEUR Francis - Décembre 2002

Marie LANDRIEUX - 28 décembre 2001

Bonjour à tous.
Je suis étudiante et je souhaiterais devenir botaniste, mais ce métier est mal définit dans les centres de documentation c'est pourquoi je vous écris :
Comment définiriez- vous le métier de botaniste aujourd'hui ? Quel est son quotidien ? Son avenir ?
Quelles études avez-vous fait ? Si vous en aviez la possibilité, quelles sont les choses que vous referiez et celles que vous ne referiez pas ?
Je vous serai extrêmement reconnaissante de bien vouloir me répondre. Il est parfois difficile de s'orienter quand on choisit un métier qu'on ne rencontre pas tous les jours.

Errol VELA - décembre 2001

Malheureusement, aujourd'hui il n'existe aucune formation pour devenir " botaniste " en France, puisque ce métier n'existe pas. Pourtant il existe bien quelques exceptions de personnes qui sont officiellement botanistes, notamment pour des organismes comme les Conservatoires Botaniques Nationaux.
Le meilleur moyen est encore :

  1. D'apprendre tout seul la botanique, pour partie en autodidacte (livres, ballades, Internet) et pour partie en compagnie d'autres botanistes (associations naturalistes, stages dans des instituts ou bureaux d'études - mais attention à ne pas se faire exploiter ! -, faire déterminer son herbier par un spécialiste, etc.)
  2. Et de suivre une formation universitaire (ou école d'ingénieur ?) de biologie végétale (cours d'écologie théorique, quelques bases de botanique classique, matières modernes comme la génétique et la phylogénie, etc.).
Le deuxième point est à mon sens indispensable pour compenser les limites du premier.
Au niveau fac, un cursus licence et maîtrise B.O.P. + un DEA après, c'est le mieux. Une agrégation de biologie c'est pas mal aussi. Les écoles d'ingénieur je ne connais pas bien mais c'est possible aussi. Mais en aucun cas ces formations suffisent à devenir " botaniste ", d'ailleurs ce n'est pas le but et je connais des dizaines de docteur en écologie ou biologie végétale qui ne sont pas du tout botaniste !
A mon sens les deux points sont aussi importants.
Bon courage,

#?-:nbsp;

Remy SORNICLE - 29 décembre 2001

Ne croyez pas qu'il soit nécessaire de faire une profession d'une activité qui vous donne du plaisir. Si vous pouvez vous intégrer dans les circuits économiques prospères par le choix d'une profession appropriée, vous disposerez de plus de moyens financiers pour satisfaire votre passion que n'en disposent les professionnels sous la dépendance de leur employeur.
Vive la liberté de l'amateur !

Bertrand STOLIAROFF - 29 décembre 2001

Tout à fait d'accord avec cette réponse.
Pour les écoles d'ingénieurs "agro", il faut faire une prépa bio (classe prépa BCPST), puis une école agro (INA ou ENSA) ou une ENITA qui peuvent comporter des spécialisations en biologie végétale. L'INRA recrute des ingénieurs agro, mais la tendance actuelle est beaucoup plus " moléculaire " qu'organisme entier...
Dans la filière BCPST, l'école d'Angers (INH) est spécialisée dans le paysage et l'horticulture et c'est peut-être l'école où il y a le plus de plantes (pas toujours sauvage). Les écoles d'ingénieurs agro ont aussi quelques places ouvertes sur concours à partir du DEUG.
Pour tous renseignements sur la filière prépa bio et les écoles qui sont possibles : http://smyrne.int-evry.fr/upa/


Daniel CHICOUENE - 29 décembre 2001

Le botaniste est simplement une personne qui a une certaine connaissance des plantes. Autrement dit, elle s'intéresse à la botanique (indépendamment de toute finalité professionnelle) ou a l'opportunité d'en faire dans le cadre de sa profession. C'est une spécialité au niveau des connaissances ; ce n'est pas un métier en soi.
En considérant que l'objet est d'exploiter des connaissances morphologiques de nombreuses plantes, principalement sur le terrain, il existe divers domaines d'activité. A priori, par ordre de nombre d'emplois, je proposerais la liste suivante :

  • Botanique appliquée à l'agriculture, l'horticulture, la foresterie,
  • la protection des cultures, en particulier la malherbologie,
  • l'amélioration des plantes : ici on est souvent spécialisé sur une plante dont on cherche à connaître la variabilité,
  • pastoralisme (ex. des chercheurs du CIRAD)
L'activité dans les 2 premiers domaines en particulier va de la recherche (publique -à nouveau de type CIRAD- ou privée) au commercial, en passant par le technicien de Chambre d'agriculture, de coopérative agricole... o Connaissance des milieux naturels : bureau d'étude en aménagement (pour études d'impact...), gestionnaire de sites dans des collectivités ou associations, plus rarement gestionnaire de jardin botanique (collectivités en particulier)
  • Enseignement en lycée de la botanique fondamentale ou appliquée (principalement en lycées agricoles)
  • Enseignement dans le supérieur et recherche, en botanique et écologie végétale

Souvent, l'idéal que souhaite un botaniste est de faire de la recherche en floristique avec de bons moyens en bibliographie ; c'est extrêmement difficile de trouver un poste.

Des diplômes de niveau varié comportent plus ou moins certains de ces aspects. Je ne connais pas de diplôme de botaniste à proprement parler ; la botanique est surtout une culture personnelle, acquise en autodidacte et/ou par des collaborations à des prospections et bibliographies souvent d'amateurs.

Les emplois concernant les domaines énumérés dépendent généralement des compétences des gens en botanique pour le travail fixé et/ou de diplômes : les deux ne sont absolument pas liés. Un problème crucial actuellement est que des postes sensés, a priori, nécessiter une bonne culture botanique sont occupés par des gens dont la culture générale en botanique est désolante, et leur production l'est également. Ce système est souvent entretenu par un " copinage " qui met ces gens en place à l'abri de l'ombre que pourrait leur faire quelqu'un de sérieux.
Le choix de faire un maximum de botanique dans une région ou sur des taxons donnés ne se réalise pas forcément professionnellement. Ainsi, les botanistes de terrains spécialisés dans une région sont surtout des amateurs (dans le sens de non professionnels). Les possibilités d'en faire une profession sont limitées par le marché actuel et par les types de sélection à certains postes. Ainsi, pour des postes d'enseignant-chercheur, il faut souvent avoir publié dans certains types de revues internationales et donc entreprendre des programmes de recherches de portée internationale ; on peut déplorer ici le manque de revues réputées sérieuses et françaises actuellement.

Marie LANDRIEUX - 31 décembre 2001

Merci de m'avoir répondu. Vos conseils me sont utiles.

Michel CAMBORNAC - 31 décembre 2001

En attendant les agapes de ce soir, que je souhaite les plus riches à tous et à chacun, avec une pensée particulière pour les esseulés (ées), je regarde les derniers messages de Tela -botanica
Pour compléter les propositions de filières " botaniques " :
- en plus des voies universitaires des sciences biologiques, des " grandes écoles " agronomiques et horticoles ( INH Angers) déjà indiquées, regardez aussi les lycées horticoles qui, pour certains, ont de bonnes sections botaniques.
- Et pensez aussi aux facultés de pharmacie qui, dans leurs deux premières années, ont la botanique au programme. Un certain nombre de " métiers " lié à la botanique sont tenus par des pharmaciens.

Estelle HANTRAIS - jeudi 3 janvier 2002

Michel Cambornac a écrit :
"Et pensez aussi aux facultés de pharmacie qui dans leurs deux premières années ont la botanique au programme. Un certain nombre de " métiers " lié à la botanique sont tenus par des pharmaciens."

Ayant tenté cette voie, je me permets de fortement la déconseiller pour au moins 2 raisons
- C'est un concours et je trouve dommage d'être sélectionné sur des exercices types de chimie ou de maths pour faire de la botanique (la botanique est la matière de plus faible coefficient au concours). La première année de pharmacie demande autant de travail qu'une prépa.
- Etant donné l'ambiance très " particulière " (on n'imagine pas tant qu'on ne la pas vécu !) qui règne dans les facs de pharmacie je pense qu'il ne faut pas s'imposer cela, s'il existe d'autres moyens d'atteindre son objectif

Je reconnais avoir eu d'excellent profs de botanique en pharmacie, mais je ne pense pas que ce soit aujourd'hui une bonne voie pour faire de la botanique (aucune sortie sur le terrain et aussi peu de débouchés que pour les autres filières universitaires).
J'ai trouvé le cursus en écologie beaucoup plus intéressant et motivant. Je me suis au moins fait plaisir dans mes études... même si depuis je déchante un peu !
Bon courage
Cordialement

Vincent-26 - 3 janvier 2002

Pour ma part je suis passé par la fac de pharmacie et tous ses obstacles (fort bien décrits dans le mail précédent). c'est là que j'ai découvert la botanique et que je m'y suis jeté !
Les profs que j'ai eus étaient super sympa et prêts à m'aider pour de l' " extra-scolaire " : déterminations, sorties, discussions.
Se contenter des cours ne suffit pas et peu s'y intéressent : demandez par exemple à votre pharmacien de nommer une plante toxique classique : datura, aconit, belladone,... vous avez peu de chance de succès ! Par contre le matériel est là pour qui veut s'incruster au laboratoire de botanique plutôt que d'aller en cours de chimie !
Assurément il y a des botanistes en pharmacie mais c'est une voie parallèle... même si c'est une tradition.

Informations complémentaires :
Centre de formation horticulture, botanique, agriculture, forêt et centre de ressources -CFAA-CFPPA de Châteaufarine.
Ce centre propose la formation de jardinier-botaniste, voir les formations (menu de gauche).

Auteurs

Messages rassemblés par : Francis Vayeur

Date : octobre 2002

Ont contribué à cette synthèse :

  • Michel CAMBORNAC
  • Daniel CHICOUENE
  • Estelle HANTRAIS
  • Marie LANDRIEUX
  • Remy SORNICLE
  • Bertrand STOLIAROFF
  • Errol VELA
  • Vincent-26

Synthèse réalisée à partir d'échanges ayant eu lieu sur tela-botanicae, forum des botanistes francophones, entre le 28 décembre 2001 et le 3 janvier 2002 .

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