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La nouvelle aventure des îles de Robinson - 2002

Les plantes de l'archipel Juan Fernandez (fin)

Dans la zone d’altitude, la végétation originelle s’est un peu mieux conservée mais aujourd’hui elle est soumise à la prolifération conquérante des 3 espèces introduites les plus agressives (Rubus ulmifolius, Aristotelia maqui, Ugni molinae) et se trouve envahie avec une rapidité extrêmement préoccupante et dommageable à l’originalité irremplaçable de ces milieux.

C’est là que l’on trouve les forêts primaires de brume dont la majorité des espèces sont endémiques, qu’il s’agisse du seul palmier de l’archipel (Juania australis), des arbres ( Myrceugenia fernandeziana, Coprosma olivieri, Azara serrata var. fernandeziana, Fagara mayu, Drimys confertifolia, Rhaphythamnus venustus...), des arbustes (Dendroseris berteroana, D. pinnata, Escallonia callcottiae, Eryngium inaccessum, E. fernandezianum, Robinsonia gracilis, R. evenia, R. thurifera, Pernettya rigida, Ugni selkirkii, Lactoris fernandeziana, Centaurodendron palmiforme, C. dracaenoides, Yunquea tenzii, ...), des herbacées (Gunnera bracteata, G. peltata, Uncinia douglasii, Carex berteroana, Greigia berteroi, Chusquea fernandeziana, ...) et des très nombreux Ptéridophytes terrestres ou épiphytes (Dicksonia berteroana, Megalastrum inaequalifolium, Thyrsopteris elegans, Polystichum tetragonum, Rumhora berteroana, Hymenoglossum cruentum, Blechnum schottii, Trichomanes excectum, T. philippianum, Polypodium intermedium, ...). Sur les crêtes, on trouve bon nombre des espèces forestières déjà citées, mais sous des formes rabougries, tourmentées par les vents, ainsi que sur les rochers verticaux d’altitude, avec quelques endémiques supplémentaires (Megalachne berteroana, Machaerina scirpoidea, Hymenophyllum rugosum, Selkirkia berteroi, ...).

Ugni molinae
 
Raphithamnus venustus
 
Escallonia callcottiae
 
Pernettia rigida
 
Dendroseris pinnata et Chusquea fernandeziana
 
Dicksonia berteroana
 
Megalastrum inaequalifolium
 
Polystichum tetragonum
 
Fronde de Thyrsopteris elegans avec pinnules fertile à la base de la fronde
 
Base des frondes de Thyrsopteris entre végétal et animal
 
Blechnum Schottii (au centre ) et Blechnum chilense (= B. cordatum ) à gauche
 
Inflorescence de Juania australis
 
Louis Zeltner au pied d’un Myrceugenia fernandeziana amoureux d’un Drimys confertiflia

La flore de l’île Robinson Crusoe en quelques chiffres :

L’île Robinson Crusoe quant à elle, comprend quelques 345 espèces de plantes supérieures (Ptéridophytes, Gymnospermes et Phanérogames) ; 153 sont indigènes, dont 95 endémiques, et 192 sont adventices, d’après le travail de C. Marticorena et al., 1998, Catalogue of the Vascular Flora of the Robinson Crusoe or Juan Fernandez Islands, Chile, Gayana bot. 55(2).

Forêt versant sec avec Drimys, Blechnum cycadifolium, et Myrceugenia fernandeziana
 
Forêt versant humide avec population de Juania australis
 
Blechnum cycadifolium, Drimys confertifolia, et Myrceugenia fernandeziana dans les hauts de la quebrada vaqueria

En guise de conclusion :

Pour la flore de l’archipel tout entier, on considère généralement que le nombre d’espèces indigènes, présentes lors des premiers travaux de botanique au XIX ème siècle, s’élève à environ 200 espèces, parmi celles-ci à peu près 130 sont considérées endémiques soit presque 65%, ce qui place l’archipel aux tous premiers rangs des endroits du monde ayant les plus forts taux d’endémisme.

Mais selon ces mêmes sources, on se rend compte aussi qu’en un siècle à peu près, la flore de l’archipel a plus que doublé, 423 espèces au total actuellement (Marticorena et al.), par l’apport d’espèces introduites, volontairement ou non. La concurrence que ces "envahisseurs" livrent aux plantes insulaires est bien souvent déloyale en raison de leurs stratégies d’occupation de l’espace et de développement, qui sont d’une agressivité sans commune mesure avec celles des espèces indigènes. Un déséquilibre profond s’est donc installé en peu de temps. La survie à terme de la flore si particulière de l’île et de ses milieux originaux est donc menacée directement par cette concurrence. Il est urgent que des études et des actions de préservation soient menées sur le terrain si l’on considère que la responsabilité humaine est engagée (et comment pourrait-elle ne pas l’être ?) et que les erreurs d’hier, comme les négligences d’aujourd’hui ne sont peut-être pas toutes irrémédiables.

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