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Projet : Recensement des herbiers de France

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Message N°211/1030

A :
"Tela botanica Herbier" <tb-herbiers@y...>
De :
"Alexis LEBRETON" <a.lebreton@f...>
Sujet :
Doumet fin
Date :
26 D�c 2002 18:13
Bonjour,

Je suis d'accord avec Marc Pignal sur tout, mais avec je veux juste faire
les précisions suivantes.
Il est évident que la présentation catalogue de l'herbier n'était pas
strictement scientifique et on peut la considérer comme abusivement
optimiste.
Néanmoins je ne pense pas qu'on puisse dire que cet herbier, certes
composite et très inégal, est ininterressant.
Les vingt récolteurs, au minimum, sont en soit une information, qui, mis en
correspondance avec les dates (si elles existent), peut permettre
d'appréhender les réseaux du, ou des dits, botanistes récolteurs. Je suis
sûrement exagérement idéaliste, mais je ne peux m'empêcher de penser que
peut-être un dépouillement minitieux de l'herbier aurait apporté des
éléments permettant, pourquoi pas, de faire des hypothèses (et plus) sur la
localisation et le devenir de l'herbier Cosson et Germain.

L'herbier est parti sur un coup de téléphone.
Je crois me souvenir que Joël Mathez m'a indiqué que le coup de fil venait
d'Angleterre. C'est vraiment un pays béni pour les naturalistes.
C'est fou la préoccupation, l'intérêt et la tradition naturaliste qu'ils ont
eu historiquement et qu'ils ont toujours. J'imagine qu'à Paris et
Montpellier, vous avez conservé un petit dossier technique sur tout cet
épisode ?
Selon le type d'acquéreur, l'herbier sera remisé, ou bien peut-être qu'on en
verra une partie publiée un jour outreManche ?

En tous cas je prends note des réactions très rapides et professionnelles
des responsables de Montpellier et Paris. Je serais d'autant plus vigilant
pour signaler à nouveau ce type d'information.

Alexis
Muséum Chartres

>De la valeur d'un herbier « historique »

>Samedi dernier était mis en vente le «dernier grand herbier historique
>privé français» au dire du catalogue de la vente. Alertés par des collègues
>sur ces mêmes ondes, nous avons discrètement mené notre enquête.

>Les experts qui ne sont pas des botanistes, ni des gestionnaires d'herbiers
>ne craignaient pas d'affirmer le caractère exceptionnel de cette
>collection. Selon eux, en parfait état, l'herbier portait pour chaque
>spécimen le nom de la plante, ainsi que des données sur la localité de
>récolte et le nombre de parts était estimé à 60 000. Un des experts nous
>expliqua qu'il avait passé six mois à expertiser cet herbier et qu'à son
>avis, il était l'ouvre de deux récolteurs.

>Nous n'avons pas passé six mois à examiner la collection. La vente avait
>lieu le lendemain, et la discrétion nous obligea de rester deux grosses
>heures.

>Force est de constater que l'herbier ne répondait guère à notre attente. Je
>passerai sur les mélanges de paternité (Duquel des Doumet s'agissait-il?),
>et je me bornerai à exprimer les réactions que nous avons eu, Isabelle
>Bouchart et moi-même devant cette grosse collection stockée pour une partie
>dans la salle des ventes, et pour l'autre à la cave.

>Nous émettons quelques réserves sur l'examen approfondi préalable de la
>collection. Il est assez facile de reconnaître des paquets qui n'ont pas
>été ouverts depuis 50 ans.

>Premier élément intrigant: le chiffre de 60 000 échantillons. Certes, le
>volume des paquets était impressionnant, mais nous avons quand même
>quelques doutes sur la réalité de ce chiffre.

>Etat général de l'herbier
>« Intact » était le mot qui revenait dans la bouche des experts. Nous avons
>le regret de dire que ce n'est pas vrai. Dans certains cas, il était
>visible que le matériel non attaché et comportant parfois plusieurs
>récoltes dans la même chemise, avait été consulté dans le passé avec
>beaucoup de maladresse.

>De plus, de très nombreuses plantes portaient des traces d'animaux. Le
>contraire eut été étonnant, car l'herbier était resté sans consultation
>pendant des lustres.

>Echantillons très abîmés par les insectes, (y-compris les fougères dont on
>connaît pourtant la grande résistance face aux phytophages qui préfèrent
>souvent manger le papier), mais aussi paquets attaqués partiellement par
>des rongeurs. Nous avons même vu les traces d'un nid.

>Signalons au passage que l'herbier d'Adanson au Muséum de Paris est lui
>parfaitement intact et que nous n'avons pas eu de visite d'experts qui
>auraient pu comparer ces deux collections apparentées.

>Etat du renseignement
>Nous regrettons de le dire, mais le matériel était très peu renseigné.
>Rares noms. Peu de localités. Peu de dates. Ceci variait naturellement d'un
>spécimen à l'autre, car pendant que l'expert nous expliquait que l'herbier
>était sans doute l'ouvre de deux personnes, nous notions discrètement notre
>20eme récolteur.

>Les échantillons issus d'échanges étaient très nombreux et en piètre état.
>Nous étions quand même loin de la collection originale et intouchée décrite
>dans le catalogue.

>Un énorme doute au sujet de l'herbier Germain-de-Saint-Pierre. Il y avait
>bien dans l'herbier réparties dans la masse des parts portant la mention
>«Germain-de-Saint-Pierre et Cosson». Mais pour G. Aymonin que nous avons
>consulté, il s'agirait plutôt de doubles comme nous en avons à Paris. Il
>semble bien que l'herbier original soit encore à chercher.

>Nous n'avons donc pas préempté. L'herbier est parti à 10000 euros. Vente
>par téléphone pendant les enchères. Il n'y a pas de regret à avoir.

>De cette expérience, il faut tirer une leçon. Il existe encore des herbiers
>cachés qui sont toujours susceptibles d'être mis en vente. Il nous faut
>tous être vigilants. N'hésitez pas à nous signaler toute vente susceptible
>d'être intéressante.

>Si cette collection avait été digne de son étiquette, il est cependant peu
>vraisemblable que le Muséum de Paris l'ait conservée. Plusieurs
>institutions étaient prêtes à l'accueillir. L'époque n'est plus au
>centralisme parisien et je souhaite bien sincèrement que l'herbier de
>l'université de Caen soit le dernier gros herbier accueilli à P (c'était en
>1976). Il faut que l'Herbier National soit le dernier recours avant la
>décharge publique.

>Heureusement, il semble que l'époque où l'on jetait les paquets d'herbier
>soir quelque peu révolue, mais je le répète, il convient à nous tous d'être
>très vigilants. Dans l'optique d'une fédération des herbiers de France qui
>verra sans doute bientôt le jour, l'accueil des collections sera le devoir
>de tous.

>Je vous souhaite de bonne fêtes de fin d'année.

>Marc PIGNAL
>Responsable Herbier National de Paris (P)


           

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