Projet : Botanique générale
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tela-botanicae@yahoogroupes.frMessage N°10364/39810
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- De :
- Jacques Melot <jacques.melot@y...>
- Sujet :
- Re: [Tela Botanica] Orthographe et usage noms français plante
- Date :
- 25 Nov 2002 17:38
Le 25/11/02, à 14:07 +0100, nous recevions de Michel CHAUVET :
>Bonjour,
>
>Je réponds uniquement aux arguments techniques :
>
>> La plupart du temps, ils suivent, certes... et par bonheur, les
>> règles de typographie en usage à l'Imprimerie nationale, mais à cela
>> près que ces règles stipulent précisément le contraire de ce que vous
>> nous affirmez en vous y référant, à savoir :
>>
>> « Dans les ouvrages de botanique et de zoologie, on composera avec
>> une capitale initiale les noms d'embranchements, classes, ordres,
>> familles, genres : les Monocotylédones, les Protozoaires, les
>> Phanérogames, les Vertébrés. »
>
>Votre citation est exacte. Elle se prolonge par la phrase suivante :
>
>"Les noms d'espèces latinisés se mettent en italique avec une majuscule au
>premier mot :
>Acanthocephalus jacksonii Bullock 1962
>Rhadinorhynchus tenuicornis (Linton) Van Cleave 1918"
(Je me demande bien qu'est-ce que cet ajout, qui, soit dit en
passant, ne pourra guère être interprété que comme l'équivalent d'un
« Vous vous êtes bien gardé de citer tout ! » au point de faire
illusion en votre faveur chez ceux qui lisent un peu trop rapidement,
a d'intéressant en l'occurrence, sachant que personne n'a jamais
contesté ici et ne le fera jamais - il s'agit d'un forum de
botanique ! - que les noms latins prennent la majuscule au nom de
genre et s'écrivent en italique, lorsqu'ils sont utilisés dans un
texte en langue moderne ?)
> > soit encore les Amanites, les Chênes, les Lycopodes, les Potentilles...
>
>Curieusement, les "Règles de typographie..." ne donnent pas d'exemples de
>"genres". Il y a peut-être là-dessous un subtil compromis, résultat d'une
>controverse certainement aussi acharnée que la nôtre.
Je n'en sais rien, mais j'ai plutôt le sentiment que les
rédacteurs ont dû se limiter faute d'être conscients de la difficulté
et pensant donc avoir traité la question suffisamment.
> > Donc aussi l'Amanite rougissante, la Potentille printanière, le
>> Chardon penché, la Valériane officinale, etc., et par raison de
>> cohérence dans la démarche, le Plantain d'eau, le Mouron des champs,
>> le Sabot de Vénus, etc., tous noms qui s'écriront sans majuscule
>> lorsqu'il s'agit de citations incidentes hors du contexte botanique
>> (prose courante, textes littéraires, etc.).
>
>Là, c'est vous qui extrapolez ! Si "Mouron des champs" est une espèce du
>genre Mouron, on en conclut que "Mouron des oiseaux" en est une autre
>espèce...
À votre tour d'extrapoler... En effet, « la classification »
auquel renvoie le système des noms en langue vernaculaire n'est pas
une simple transposition de la (il vaudrait mieux dire d'une)
classification scientifique, ni dans le principe, ni dans la réalité.
>Et le Plantain d'eau n'est pas un Plantain, ce qui fait qu'en
>toute rigueur, il faudrait le considérer comme un "genre" "Plantain-d'eau",
>ce que font certains.
>
>Le problème avec l'usage de noms français comme genres botaniques est qu'il
>mène logiquement à créer une nomenclature parallèle décalquée du latin.
Il y mène par erreur, faute d'une analyse circonstanciée de la
notion de nom en langue vernaculaire, et non logiquement.
>Si on normalise "Mouron" au sens de Anagallis, on est obligé de créer un
>"Stellaire" au sens de Stellaria.
« si »... Justement, c'est ce qu'il faut s'abstenir de faire !
>On arrive vite au pataquès dans les genres importants économiquement. Par
>exemple, l'oignon, Allium cepa, est parfois appelé par les botanistes "Ail
>oignon", ce qui me paraît une hérésie. Et si je vois "Les Ails (ou les Aulx)
>comprennent l'Oignon, le Poireau, la Ciboulette..., on a alors un genre qui
>comprend d'autres genres...
>
>En fait, derrière cette question, il y a le problème de savoir si les noms
>de plantes sont des noms communs ou des noms propres, car d'une manière
>générale, en français, les premiers commencent par une minuscule et les
>seconds par une majuscule. J'ai donc cherché une définition dans l'un des
>(quelques) bouquins dont je dispose :
>
>_____________________
>Dubois Jean et al., 1994. Dictionnaire de linguistique et des sciences du
>langage. Paris, Larousse. LX-516 p.
>
>"nom.
>Les noms ont en commun la propriété de comporter une extension, ou étendue ;
>ce qui permet d'opposer les noms communs, qui peuvent s'appliquer à des
>éléments appartenant à des ensembles d'êtres ou de choses auxquels le nom
>s'applique de la même manière, et les noms propres, qui ne s'appliquent qu'à
>un être ou une chose pris en particulier (prénoms, noms de famille, noms de
>dynasties, noms de peuples, noms géographiques de pays, de contrées, de
>villes, de fleuves, de montagnes). Toutefois la frontière entre noms propres
>et noms communs est instable. On a considéré toutefois que lune, soleil
>étaient des noms communs, bien que l'ensemble ne comprenne qu'un élément..."
La limite est instable... c'est tout dire ! Ensuite, c'est « le
Soleil » dans les ouvrages d'astronomie, et « la Lune », pour la lune
unique de notre terre, la Terre.
De plus, cette définition, sans être à proprement parler fausse,
me semble exprimée de manière hautement discutable. La dernière
phrase, en fait, remet en question complètement la valeur de la
définition ou description donnée.
>"nomenclature.
>Une nomenclature est un ensemble de noms qu'on donne d'une manière
>systématique aux objets relevant d'une activité donnée. la nomenclature
>supoose la biunivocité du rapport signifiant-signifié : un seul nom pour
>chaque chose, une seule chose pour chaque nom."
Manière d'exprimer les choses qui, personnellement, me paraît être
peu pertinente (je veux dire un peu à côté de la question). À tel
point que, là encore, on pourrait facilement y voir une
extrapolation. Me repliant sur des valeurs sûres, je consulte le
dictionnaire, qui me fournit ce qui suit :
1? Ensemble des termes employés dans une science, une technique, un
art..., méthodiquement classés; méthode de classement de ces termes.
où, par exemple, il n'est nullement question de correspondance biunivoque.
>______________________
>
>On voit donc que tout est une question de point de vue.
C'est effectivement ce qu'on se dit incoerciblement à lire ces définitions.
>En tant que
>"ensembles d'êtres ou de choses auxquels le nom s'applique de la même
>manière",les noms des plantes sont des noms communs pour le linguiste. Cela
>s'oppose à votre point de vue
Je vous cite « on voit donc que tout est une question de point de vue »...
>comme quoi une espèce "est une entité
>abstraite et unique, raison pour laquelle on utilise la majuscule réservé à
>ce qui est unique
>(ou d'« essence supérieure ») : c'est un nom propre (au sens large)."
De même que pour « terre », « soleil », etc., on met la majuscule
ou non suivant que le point de vue adopté. Notez aussi que la
fonction de la majuscule qui est une distinction n'entraînant aucune
modification orale, est liée tout entière à l'écrit et c'est là
essentiellement qu'il faut chercher sa justification. L'effet de la
majuscule, par exemple dans ce que j'ai écrit plus haut, est bien
visible :
« [...] la Lune [...] pour la lune unique de notre terre, la Terre. »
Elle constitue un artifice typographique à valeur sémantique. Elle a
de plus une valeur orthographique.
>Si j'ai aussi donné la définition de "nomenclature", c'est que les
>biologistes ne sont pas les seuls à produire des nomenclatures. Toutes les
>sciences, toutes les techniques, sont amenées à faire de même. Le chimiste
>dirait alors le Carbone, l'Hydrogène, le technologue agricole dira l'Araire,
>la Charrue, et l'anthropologue de l'alimentation le Vin, la Bière, le
>Pain... Finalement, tous les noms communs de la langue courante peuvent y
>passer.
>
>C'est peut-être ce point de vue (considérer les noms communs comme des
>entités uniques incluant une diversité d'individus) qui a prévalu
>historiquement en allemand. Seul un historien de l'allemand
Hum, « seul », c'est beaucoup dire, d'autant plus qu'il s'agit en
fait d'une question de typographie. Il suffit d'ouvrir le bon bouquin
(cf. Tschichold, par exemple).
>pourrait nous le
>dire. Mais l'usage allemand, en généralisant la majuscule à tous les
>substantifs, ne permet plus de distinguer les noms propres des noms communs,
>ce qui revient au même que de généraliser les minuscules.
C'est exact ou, plus exactement, s'il est exact que cela ne permet
plus de distinguer de cette façon les noms communs et les noms
propres, en revanche cela permet de distinguer un nom (commun ou
propre) de ce qui n'en est pas un.
Jacques Melot
>A chacun de conclure sur cette question... majuscule ou minuscule (?).
>
>Michel Chauvet
.
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