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Projet : Botanique générale

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Message N°14544/39810

A :
<tela-botanicae@y...>
De :
Michel CHAUVET <chauvet@e...>
Sujet :
Re: [Tela Botanica] Une de Nice Matin
Date :
26 Jan 2004 16:03
Bonjour,

Seuls les mois à venir permettront de savoir si les "bruits de couloir" (que
je préfère à "ragots") sont fondés ou non. En tout cas, les mois passés
montrent assez clairement que le MEDD est, disons, très réceptif aux lobbys
des chasseurs, des agriculteurs et des élus ruraux, et assez hostile aux
associations naturalistes...

Heureusement, comme le rappelle justement J.-C. Bouzat, la réglementation
française doit bien de plus en plus transposer les directives européennes,
qui ont au moins l'avantage de moins être soumises à ces à-coups
électoralistes !

Cela dit, il est normal et souhaitable qu'il y ait un large débat, menant à
une réorganisation des dispositifs réglementaires et administratifs. La
protection de la nature s'est construite historiquement sur le mode de
l'opposition avec les secteurs productifs. On a donc cherché à "mettre en
dehors", à "mettre sous cloche" ce qu'on pouvait. Et beaucoup de
naturalistes pensaient remporter des victoires en faisant publier au JO des
listes de taxons protégés les plus longues possibles. Il y en a même une de
gastéropodes...

Si vous questionnez ceux qui sont en charge d'appliquer ces réglementations,
je pense que beaucoup vous diront qu'elles aboutissent vite à des impasses.
Et même quand on "gagne", c'est souvent une victoire à la Pyrrhus. C'est
pourquoi il vaudrait mieux raisonner en termes de "richesse biologique"
globale (incluant bien sûr les taxons menacés), et chercher à promouvoir les
modes de gestion les plus aptes à entretenir cette richesse biologique, y
compris et surtout dans les milieux "banals".

La situation actuelle, où un ministère essaie de faire le contraire de ce
que font les autres (avec des crédits bien moindres), est une aberration
logique. Pour beaucoup de problèmes, il vaudrait mieux chercher à éliminer
les mesures à effet négatif que de créer de nouvelles mesures pour
contrecarrer les effets pervers des premières.

Par exemple, à quoi sert de protéger une plante aquatique ou de prairie
inondable si à côté, on continue à promouvoir la culture de plantes
cultivées gourmandes en eau ?

Reste à faire que cela soit socialement acceptable... et accepté.

Michel Chauvet


> Débat rémanent sur la protection de la nature...
> 
> Dans les mois et les années à venir il est probable que le "paysage"
> institutionnel français concernant l'environnement
> évolue.
> 
> Cela ne veut pas dire que que les textes réglementant la protection de la
> nature, même si des ajustements peuvent être
> fait, soit revus à la baisse. En effet de plus en plus ils ne sont que la
> transcription de directives de l'UE. Par
> ailleurs je crois qu'il vaut mieux des lois et décrets plus clairs, réalistes
> et respectés que des grands principes
> jamais ou mal appliqués (Cf. la loi sur les déchets, et ce n'est qu'un exemple
> pour ne pas prendre celui de l'eau). Ce
> qui est plus problématique, car cela risque fort de changer nos habitudes,
> c'est l'importance que prennent dans les
> domaines de l'environnement, dans le cadre de la décentralisation, les
> collectivités territoriales et notamment les
> régions. Ceci amènera inévitablement des différences, auxquelles notre esprit
> français n'est pas habitué, dans les
> actions conduites par les régions, même si celles ci doivent s'inscrire dans
> le cadre du respect de lois nationales.
> 
> Tout aussi important, dans le cadre de la "Réforme de l'Etat", qui doit faire
> pendant aux mesures de "décentralisation",
> il est prévue pour 2005 "l'organisation des services régionaux en neuf
> directions et la création de huit pôles régionaux
> répondent à un besoin de simplification, de rationalisation et de cohérence de
> l'action de l'Etat" Cf. le projet de
> circulaire du premier ministre
> http://www.territorial.fr/home/accueil.nsf/0/637D9A5593D0155BC1256E1300591FFD/
> $file/330-projet_de_circulaire_at06-01-04-
> 171329.pdf
> Dans ce cadre est prévu la constitution d'un pôle  - Environnement et
> développement durable - constitué de
> la DIREN  et de certains établissements publics et autres organismes associés
> : Agences de l'eau, CSP (Pêche), ONCFS
> (Chasse et faune sauvage), Parcs nationaux, Conservatoire du littoral, ADEME,
> ONF.  La participation des DRIRE à ce pôle
> fait l'objet de discussions complémentaires avant l'arbitrage du premier
> ministre.
> 
> Comme cela semblait probable en décembre,directions de l'environnement
> seraient constituées des DIREN et des DRIRE. Un
> des points âprement discuté était de savoir qui des directeurs actuels (diren
> ou drire) prendrait la tête des services.
> En effet, même si ces services ont l'habitude de collaborer dans nombre de
> domaines, ils ne pratiquent pas la même
> "culture" : pour un drire l'obligation de résultats est primordiale, en
> matière de développement par exemple il s'agira
> de fournir un cadre propice aux implantations d'entreprises (cela ne veut pas
> dire qu'ils font n'importe quoi), mais ils
> ne donnent pas la priorité à "la protection des petites fleurs". Tout ceci
> sera difficile à concilier, au moins le temps
> d'une génération administrative...
> 
> Dans son intervention devant les directeurs des DRIRE le 18 juin 2003
> Roselyne Bachelot-Narquin  indiquait déjà :
> 
> ".........Quel avenir le MEDD peut-il offrir aux DRIRE ? Dans la mesure où
> j'ai recentré le ministère sur les sécurités
> et l'action régalienne, nous avons  nécessairement un destin commun. Le
> renforcement de la décentralisation doit
> s'accompagner d'une réorganisation des services régionaux déconcentrés de
> l'Etat au sein de quelques pôles. Dans le
> cadre des réflexions préalables à cette réforme, (j'ouvre une parenthèse pour
> vous remercier de votre contribution à
> cette réflexion), j'ai demandé et obtenu la création d'un pôle environnement
> et développement durable, distinct des
> pôles aménagement du ministère de l'équipement ou développement économique du
> ministère des finances. Ce pôle regroupera
> les DIREN, et les délégations régionales des établissements publics du
> ministère. Ce sera l'occasion de renforcer la
> coopération sur le terrain, ce que tous les chefs de service déconcentrés
> appellent de leurs veux. En outre, et ce point
> est encore à l'arbitrage du premier Ministre, j'ai demandé à ce que les DRIRE
> fassent partie du pôle environnement et
> développement durable.
> 
> Ma position est naturelle quand on considère et l'importance des DRIRE pour le
> ministère, et le croisement des courbes
> que j'ai évoqué précédemment. J'imagine mal de voir les DRIRE, qui
> s'investissent de plus en plus dans l'une des deux
> priorités de mon action, s'éloigner du MEDD en intégrant un pôle coiffé par le
> Trésorier payeur général de région. Bien
> au contraire, comme je vous l'ai déjà dit, les DRIRE sont pour moi un de mes
> deux services régionaux, c'est pourquoi je
> peux vous garantir que la moitié des chefs de pôle seront des directeurs
> régionaux de l'industrie, de la recherche et de
> l'environnement. Je vous propose donc d'intégrer un pôle où vous serez
> reconnus et écoutés, dans lequel vous pèserez et
> que vous dirigerez pour la moitié d'entre vous. Ce pôle préfigurera le
> rapprochement entre DRIRE et DIREN"
> 
> 
> Dans les principes je ne trouve rien de choquant dans cette action, il était
> en effet paradoxal  de voir deux  grands
> services régionaux affublés du titre "environnement". Le tout est de savoir
> comment se fera l'équilibre entre les
> objectifs de développement (durable ou pas...) et ceux visant à la défense des
> milieux naturels. C'est ici
> qu'interviendra la notion "d'intérêt général" et celle-ci est toute relative
> et obéit trop souvent au simple rapport de
> force
> dont le NIMBY évoqué dans un autre message n'est qu'une illustration. D'ou
> l'intérêt d'associations de naturalistes
> fédérées,
> fortes, objectives et constructives.
> 
> Pour répondre à Daniel peut faudrait-il pour Tela solliciter des crédits de
> l'Europe, en fouillant un peu une ligne
> d'intervention devrait pouvoir être trouvée...
> 
> Pour ceux que ce (presque) hors sujet aurait néanmoins intéressés (nous
> faisons de la botanique dans un cadre
> institutionnel donné) je signale un rapport très général, mais instructifs sur
> "Le rôle de l'Etat dans le cadre de la
> décentralisation (synthèse bibliographique)" qui laisse entrevoir les
> évolutions possibles
> http://www.urbanisme.equipement.gouv.fr/cdu/accueil/bibliographies/decentralis
> ation/note.pdf
> 
> Jean-Claude Bouzat
> Montpellier
> 
> 
> 
> ----- Original Message -----
> From: "Daniel MATHIEU" 
> To: 
> Sent: Sunday, January 25, 2004 3:46 PM
> Subject: Re: [Tela Botanica] Une de Nice Matin
> 
> 
>> Qu'un journal pose ce genre de question, c'est son droit, même si cette
>> question est déplorable (je n'en suis pas sûr). Que Roselyne Bachelot prenne
>> telle position, on peut en tant que citoyen être d'accord ou pas. Que vous
>> ne le soyez pas, c'est votre affaire; mais dites-moi, cette Association
>> est-elle vouée à la botanique ou à la culture des ragots?
> 
> Cher Monsieur,
> 
> Tela est dédié à la botanique, et toute information (vrai ou à vérifiée)
> concernant la nature, sa connaissance ou sa protection est utile et a sa
> place sur la liste.
> 
> Autre information qui concerne notre Ministère de l'Ecologie et du
> "Développement Durable", et qui n'est pas un ragot : la réduction drastique
> des aides accordées aux associations comme les CBN, Tela, etc.
> 
> Pour Tela :
> 
> 2001 : 22 500 euros
> 2003 : 12 000 euros
> 2004 : 10 000 euros
> -----------------------------------
> Daniel MATHIEU
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