Projet : Botanique générale
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tela-botanicae@yahoogroupes.frMessage N°1845/39810
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- De :
- Michel Chauvet <chauvet@e...>
- Sujet :
- Re: [Tela Botanica] Familles et genres
- Date :
- 25 Ao�t 2000 11:44
>En l'occurrence il s'agit d'un effort pour limiter les bouleversements qui
>pourraient résulter d'une trop stricte application des régles de
>nomenclature. En effet, ces dernières ont été élaborées progressivement, et
>sont rétroactives, de sorte que les habitudes prises par la communauté des
>botanistes avant la promulgation d'une régle (par ailleurs justifiée) sont
>parfois bousculées par cette dernière. C'est ainsi que, lorsqu'un Congrés
>de botanique a codifié la façon de construire les noms des familles (à
>partir d'un nom de genre avec la désinence -aceae), cela faisait des
>siècles qu'on utilisait Gramineae, Cruciferae, Compositae etc. : entre le
>souci d'homogénéiser la nomenclature et le risque de perturber les
>habitudes de tous sans gain scientifique notable, les botanistes de
>l'époque ont jugé préférable de favoriser le maintien des noms d'usage
>habituel. C'est du moins ainsi que j'ai toujours interprété les passages
>suivants de l'article 18 (traduction française du code de Tokyo, je n'ai
>rien d'autre sous la main):
>18.5. Les noms suivants, consacrés par un long usage, font exception à la
>règle et sont traités comme validement publiés: Palmae (Arecaceae; type,
>Areca L.); Gramineae (Poaceae; type, Poa L.); Cruciferae (Brassicaceae;
>type, Brassica L.); Leguminosae (Fabaceae; type, Faba Mill. [= Vicia L.]);
>Guttiferae (Clusiaceae; type, Clusia L.); Umbelliferae (Apiaceae; type,
>Apium L.); Labiatae (Lamiaceae; type, Lamium L.); Compositae (Asteraceae;
>type, Aster L.). Si les Papilionaceae (Fabaceae; type, Faba Mill.) sont
>considérées comme une famille distincte du reste des Leguminosae, le nom
>Papilionaceae est conservé à l'encontre de Leguminosae.
>18.6. A titre d'alternative, l'utilisation des noms indiqués entre
>parenthèses à l'Art. 18.5 est autorisée.
>Paradoxalement, cette mesure n'a guère été suivie que par les "savants"
>évoqués par Philippe Julve; ce sont souvent les mêmes qui se plaignent que
>"les noms des plantes changent tout le temps" qui mettent un point
>d'honneur à utiliser les "nouveaux noms" de ces familles! Sans doute
>l'article 18 n'a-t-il pas été suffisamment popularisé et expliqué dans la
>communauté des utilisateurs de la nomenclature ?
>Joël
Je souscris totalement à la position de Mathez. Je ne vois pas très bien où
est le gain apporté par les noms en -aceae pour des familles connues de
pratiquement tout le monde, et j'observe avec amusement la passion soulevée
par cette question mineure à mes yeux. Il est vrai que le débat entre
anciens et modernes est... ancien en botanique, et que nous devons tous une
fière chandelle à Linné d'avoir osé être iconoclaste en faisant table rase
de la nomenclature des pré-linnéens, devenue bien confuse avec le temps.
Cela dit, j'aimerais parfois que les nomenclaturistes fassent preuve de
logique jusqu'au bout. car il subsiste une anomalie que personne n'a
soulevée et qui me gêne beaucoup avec mon esprit logique. En effet, quand
l'espèce type d'une famille change de genre, ou que son genre devient une
section d'un autre genre, l'usage est de garder l'ancien nom de famille.
C'est le cas des Grossulariaceae (type Ribes uva-crispa, anciennement Ribes
grossularia), ou des Theaceae (type Camellia sinensis, autrefois Thea
sinensis). Le comble est atteint avec les Ebanaceae, dont le type est un
Diospyros, alors qu'il existe un genre valide Ebenus, qui est une
Leguminosae !! Il est d'ailleurs piquant de constater que cette confusion
entre les ébènes remonte à Théophraste... Décidément, la botanique ne peut
échapper à son histoire.
Puisque j'ai cité Théophraste, je ne peux que conseiller à ceux que
l'histoire de la botanique intéresse de consulter les trois volumes parus
d'une nouvelle traduction en français de l'Histoire des Plantes par les
soins de Suzanne Amigues, aux belles Lettres. Cette traduction est
remarquable, et les identifications toutes vérifiées s'appuient entre
autres sur les meilleures données botaniques (en paticulier Quézel). En la
lisant, on voit que Théophraste avait un sens de l'observation
extraordinaire, qui va bien au-delà de la distinction entre les "herbes" et
les "arbres".
Le seul problème, c'est que le dernier volume qui comprendra l'index n'est
pas encore paru. Quand on cherche une plante par son nom scientifique ou
son nom grec, il faut donc recourir à une version antérieure, comme la
traduction anglaise de Hort, toujours disponible.
Michel Chauvet
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