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Projet : Botanique générale

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Message N°23294/39810

A :
<tela-botanicae@y...>
De :
Michel CHAUVET <chauvet@e...>
Sujet :
Re: [Tela Botanica] microtaxons
Date :
09 Jan 2006 11:52
Bonjour,

Voici la référence d'une bonne synthèse sur la structure génétique des
populations de Panicum maximum :

Pernès Jean et coll., 1984. Gestion des ressources génétiques des plantes.
Paris, Agence de Coop. Cult. et Techn./Lavoisier. Tome 1: Monographies
(Panicum maximum, caféiers, riz, mil). XVI-211 p.; tome 2: Manuel. XII-346
p.

Elle s'appuie bien sûr sur des articles scientifiques que vous retrouverez
en consultant les bases de données spécialisées.

Je confirme que dans ce cas, les individus diploïdes et tétraploïdes sont
indistinguables et poussent ensemble dans le même milieu. Si l'on voulait
les distinguer (pour quoi faire ?), il faudrait avoir sur soi un appareil
pour compter les chromosomes, ce qui serait à la fois gênant, coûteux et
chronophage.

Il arrive bien sûr, chez d'autres espèces, que l'on puisse distinguer les
plantes qui ont des niveaux de ploïdie différents. Chez les fleurs, un
niveau de ploïdie plus élevé est souvent associé à une taille des fleurs
plus grande, par exemple.

Michel Chauvet

> Bonsoir,

> Je suis entrain de constater le phénomène dont vous parlez au sujet des
> travaux de J. Pernès sur les compartiments diploïdes et tetraploïdes sur une
> plante introduite anciennement que je possède dans mon jardin.
> Est-ce qu'il y a eu une publication sur cette étude?
> Cordialement
> Francis Lagarde
> -----Message d'origine-----
> De : tela-botanicae@y...
> [mailto:tela-botanicae@y...]De la part de Michel CHAUVET
> Envoyé : vendredi 6 janvier 2006 13:27
> À : tela-botanicae@y...
> Objet : Re: [Tela Botanica] microtaxons
> 
> 
> 
> 
> L'équipe de Jean Pernès a étudié une plante modèle, Panicum maximum, dans
> laquelle ils ont mis en évidence que les populations naturelles sont des
> mélanges de diploïdes sexués et allogames et de tétraploïdes apomictiques.
> Chaque type se reproduit pour l'essentiel entre lui, et ils sont
> indistinguables morphologiquement. Mais il existe un flux de gènes faible,
> mais suffisant entre les deux pour que l'espèce forme une unité évolutive.
> Leur conclusion a été de dire que cela ne servait à rien de les distinguer
> en tant que taxons, mais qu'il valait mieux parler d'un "compartiment
> diploïde" et d'un "compartiment tétraploïde", sans leur donner de noms,
> pour
> qualifier cette situation génétique.
> 
> Le fait de dire "un génome = un taxon", ou "une configuration génétique =
> un
> taxon" ne relève plus de la génétique, mais de choix de classification,
> qui
> peuvent être opérants dans certains cas, mais très dogmatiques dans
> d'autres.
> 
> La difficulté du dialogue avec les botanistes tient souvent au fait que
> trop
> de botanistes en restent à une conception typologique de l'espèce, qui est
> totalement dépassée et inopérante.
> 
> Cordialeent,
> 
> Michel Chauvet


           

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