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Le Mahonia à feuilles de Houx (Mahonia aquifolium) est une espèce susceptible de se maintenir dans les parcs et les jardins longtemps après sa plantation. Il semble se naturaliser ça et là en France et en Belgique.Présentation de Mahonia aquifolium (Pursh) Nutt.
Le genre Mahonia renferme 60 à 90 espèces d'arbustes à feuillage persistant,originaires d'Asie (Himalaya, Chine, Japon) et d'Amérique du Nord et centrale.Ce genre est très proche des Épines-vinettes (genre Berberis L.), d'oùl'hybride intergénérique d'origine horticole x Mahoberberis.
Toutes les parties de la plante sont plus ou moins toxiques, surtout les partiesvégétatives. C'est l'écorce des racines qui semble présenter le plus de risques,ce qui lui a d'ailleurs valu et lui vaut encore d'être utilisée en médecine.La molécule responsable de cette toxicité est un alcaloïde, la berbérine (23)et (24), mais d'après BRUNETON (1e éd. 1996), les fruits du Mahonia aquifolium(à rapprocher des Berberis) ne contiennent pas d'alcaloïdes : ils présententdonc une quasi innocuité. 88% des ingestions par enfants (144 cas) sont "asymptomatiques"(26). Les rares symptômes observés sont des maux de ventres, des vomissements(effet purgatif) ou de la tachycardie (effet hypotenseur) (23), (24) et (26).D'après un adulte, ces baies ont mauvais goût : "ça laisse un arrière goût désagréablesur la langue, genre bourdaine, mais je n'ai goûté qu'une baie" (24), ce quilimiterait le nombre susceptible d'être ingéré, cependant, fin septembre 2002,une petite fille les avait trouvées plutôt à son goût (elle en avait mangé plusieurs"grappes"), ce qui l'a conduit, par précaution, à l'hôpital et provoqué ce petitéchange à propos de la toxicité du Mahonia sur Tela (25). En premiers secourssont indiqués: "repos au chaud, charbon, faire boire beaucoup". En cas d'ingestionde quantités importantes, faire vomir (23).
Quelques autres données sont disponibles à l'adresse :Cette question a suscité de multiples réponses
De nombreuses personnes remarquent la présence de Mahonia aquifoliumdans des localités où il ne semble pas être naturalisé,même si le milieu peut paraître naturel :Mahonia aquifolium est "échappé"de jardins également en Lot-et-Garonne où l'on ne peut probablementpas parler d'état naturalisé. Cependant, il est souvent difficilede savoir s'il a été planté ou non à l'origine(4).
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, plusieurs pieds de Mahonia aquifoliumse trouvent vers la Clappe (D20 menant à Digne) (1998) ; mais, du faitde la présence d'un parc en cours de réhabilitation à l'époque,il est difficile de les dire subspontanés(5). On observeaussi le Mahonia au pied du rocher de 9 h 00 à Digne, dans unparc à l'abandon, au pied de cèdres(6). Toujoursdans les Alpes-de-Haute-Provence, on le rencontre ça et là surle plateau de Valensole, la plupart du temps à proximité d'habitations(7).
En Seine-Saint-Denis, on le trouve dans le Parc de la Courneuve (1998)(8).
Dans le Loiret, il se maintient depuis près de 40 ans dans le parc duchâteau de la Source (Université d'Orléans)(9),ainsi que dans quelques parcs privés de Sologne (17).
DELEUIL (Monde des Plantes n°282, 1951 : 52) indiqueà propos de cette plante " Peut être considéréecomme naturalisée en divers points frais et humides de la Provence oùelle se maintient depuis plusieurs années "Le Catalogue des Plantesvasculaires des Bouches-du-Rhône (R. MOLINIER 1981) ajoute : "Laplante ne paraît pas se reproduire de graines et se propage par ses partiessouterraines " et cite de façon résumée les stationscitées par DELEUIL : "Venelles, bois de chênes pubescentsde Font-Cuberte. Vitrolles, Gardanne, Valabre. Bassin du Réaltor. Généralementsur les berges de ruisseaux."
D'autres observations récentes semblent confirmer la naturalisationprogressive de Mahonia aquifolium : il se répand à côtéd'une station où il a été planté en berge de Seine,dans les Yvelines(10). Dans l'Essonne (observation de fin1999), il est présent dans une zone de recolonisation forestièreassez éloignée d'habitations(11). Il est assezfréquent en Ile-de-France et dans différents boisements rudéralisésdu Hainaut en Belgique(12). En Meurthe-et-Moselle, il se trouveen quantité sur un versant boisé du Plateau de Malzévilleprès de Nancy où il semble être naturalisé(13).Dans la Vienne, il est parfois observé dans des bois assez loin des habitationset il semble se maintenir dans certaines de ces stations(14).Enfin, un participant à la discussion note que le Mahonia estapparu spontanément dans son jardin depuis une dizaine d'années: ses fruits, et par suite ses graines, ayant dû être disséminéspar les oiseaux (9). Il semble réellement arrivé"tout seul" également dans une station des Alpes-de-Haute-Provence(7).Dans le Sud, une station est connue dans le Var, à Méounes (seulestation dans ce département)(15). Dans les Alpes-Maritimes,on peut l'observer dans les boisements autour de Nice(12).
Dans les Landes, il se rencontre dans une propriété près de Mont-de-Marsan,gagnant progressivement un vallon et les sous-bois autour du parc où il a étéplanté il y a plusieurs décennies. Il forme de petits peuplements isolés encompagnie de Ruscus aculeatus L. et parfois Danae racemosa (L.)Moench, autre espèce échappée de cultures. Le Mahonia s'y propage pardrageons et grâce à ses graines zoochores/ornithochores, comme semble l'indiquerdes fructifications au pied de gros troncs d'arbres. L'espèce ne pose pas deproblème sur le site (17).
Il serait en voie de naturalisation très rapide en Belgique, surtout en Flandre,où il devient envahissant, voire problématique, en milieu dunaire (18).
Synthèse réalisée par : Jean-François LEGER et B.C.
Date : 28 février 2002
Mise à jour par Fabrice BERNARD et Jean-François LEGER, le2 février 2003
Synthèse réalisée à partir d'échanges ayanteu lieu sur tela-botanicae,forum des botanistes francophones, entre le 14 mai et le 19 mai 2001,puis les 25 et 26 septembre 2002, et enfin entre le 12 et le 22 décembre2002.
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