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Rene DELPECH, août 2006
Depuis une quinzaine d’années, la méthode qui vient d’être décrite a été affinée pour tenir compte de la structure particulière complexe de certaines formations végétales (forêts pluristratifiées, formations méditerranéennes telles que garrigues ou maquis, pelouses composites à thérophytes, …).
Il a semblé indispensable, dans de tels cas, de procéder, sur le terrain, à des analyses séparées des différentes strates ou des surfaces où domine une forme biologique donnée (thérophytes, géophytes, hemicryptophytes, chaméphytes, nanophanerophytes, …). Cette nouvelle approche est basée essentiellement sur la prise en compte des « synusies végétales », c’est à dire des ensembles de populations d’espèces présentant la même forme biologique et un rythme de développement similaire (par exemple synusie vernale herbacée à Anemone nemorosa dans une forêt caducifoliée).
Les relevés d’une même formation qui en résultent sont traités séparément (c’est à dire par strate ou synusie), ce qui conduit à des groupements selon la procédure ci-dessus mentionnée. Ensuite les groupements monostrates (ou monosynusiaux) d’une même formation complexe (phytocénose) sont ressemblés et ces ensembles sont traités de la même façon que précédemment en utilisant pour dénommer les unités qui en résultent une nomenclature particulière (que nous ne développerons pas ici).
On pourra, pour plus de détails, se reporter à ce sujet à la publication de GILLET, de FOUCAULT et JULVE (1991) et à la présentation faite par Philippe JULVE sur ce site. Cette nouvelle approche de la phytosociologie a reçu le nom de « phytosociologie synusiale ».
Ainsi que la lecture de l’introduction et du paragraphe B) l’aura fait comprendre, la principale différence entre ces deux approches (phytosociologique d’une part, écologique de l’autre) réside dans le fait que dans le cas de la première on considère d’emblée les ensembles d’espèces constituant un peuplement alors que dans le second cas on considère et on échantillonne séparément chaque espèce et chaque facteur (ou descripteur) écologique stationnel.
Cette façon de procéder permet d’établir, pour chaque espèce, un ensemble de « profils écologiques » traduisant sa relation statistique (corrélation) avec tel ou tel facteur (ou descripteur) stationnel. En définitive la démarche auto-écologique est de nature analytique, la démarche phytosociologique de nature synthétique.
A ce propos, il convient de ne pas oublier que toutes les variables (du milieu naturel ou « environnementales ») soumises à l’analyse peuvent être réparties, d’un point de vue épistémologique, en quatre catégories :
- variables mesurables pouvant faire l’objet de mesures quantitatives à l’aide d’un instrument approprié ; ces variables correspondent à des grandeurs (ex ; nombreux paramètres écologiques : température, humidité, pH, etc.) ;
- variables dénombrables pouvant faire l’objet de dénombrements mais non de mesures ; les résultats s’expriment alors en fréquences (ex. individus d’une espèce dans un peuplement) ;
- variables ordonnables ne pouvant faire l’objet ni de mesure ni de dénombrement ; elles peuvent seulement être classées selon un gradient d’un facteur (ex. l’exposition en fonction des points cardinaux ; la couleur en fonction du spectre rouge-violet) ;
- variables ni mesurables, ni dénombrables, ni ordonnables qui conservent leur originalité propre (ex. les taxons végétaux ou animaux) ; ces dernières variables peuvent éventuellement être codées dans un système de classification, taxonomique par ex., mais ce codage ne constitue en aucun cas une estimation chiffrée quantitative.
Chaque catégorie de variables peut faire l’objet d’un ou plusieurs traitement(s) statistique(s) approprié(s). Mais, en général, un traitement applicable à une catégorie de variables ne peut s’appliquer sans adaptation préalable à une autre catégorie.
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