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Agnès et Seb, le 7 septembre 2006
Pourriez-vous m'expliquer les différences entre un cyprès de provence et un cyprès florentin ?
On m'a aussi parler de la façon de les planter (par 3 : porte bonheur), qu'en savez-vous ?
Michel WIENIN, le 8 septembre 2006
Le cyprès « de Provence » n‚est qu'une désignation récente à usage commercial du classique "cyprès de Florence", introduit d'outre Alpes à la Renaissance.
C'est une forme sélectionnée (nous dirions un cultivar) « stricta » à port en colonne et rameaux sub-verticaux de l'espèce Cupressus sempervirens.
D'autres formes se rencontrent comme le « cyprès de Montpellier » (C. sempervirens horizontalis) aux rameaux quasi-horizontaux et, évidemment, des intermédiaires parfois bien réguliers comme la forme « pyramidalis ». Il n'est pas rare dans les vieux cimetières de rencontrer tous les intermédiaires au voisinage l'un de l'autre et souvent associés. Par contre, les pépiniéristes actuels ne vendent guère actuellement que la première. Ça fait plus « tipico ». Les deux autres ont pas mal servi naguère pour des haies coupe-vent mais ont été remplacées depuis par des espèces d'origine exotique (C. de Leyland, de Lawson, de l'Arizona... par exemple)
La symbolique du cyprès est depuis bien longtemps (au moins l'antiquité grecque) celle de la vie éternelle (feuillage toujours vert, avec toujours des fruits, bois quasi imputrescible, odeur d'encens...), c'est pour ça qu'il est utilisé pour la fabrication des cercueils des papes (souvent aussi des dignitaires civils ou religieux variés et autres grands de ce monde). Autour des tombes (cimetières ou tombes isolées), les cyprès étaient généralement plantés par deux pour les adultes (couples) ou isolés pour les enfants.
Dans tout le midi méditerranéen, c'est « l'arbre des cimetières », associé à la mort, d'où des expressions comme « dormir sous un cyprès » = être mort, et « le cyprès, on l'aime mieux de loin que de près » !
La prétendue fonction porte-bonheur du cyprès est une « vieille tradition » inventée autour de 1980 et destinée à « casser » l'image négative de l'arbre et à le valoriser dans le paysage ; c'est un pur produit des syndicats d'initiative et des notaires réunis à l'époque où tout « Parisien » un peu aisé se devait d'acheter un « mas » (abréviation de « Maison Au Soleil », prononcer « mâ » et surtout ne pas confondre avec l'occitan francisé «mas », à prononcer « mass » et qui désigne une exploitation agricole isolée) en Provence quand la Bretagne et l'île de Ré n'étaient pas encore à la mode.
Traditionnellement, les arbres symboles de protection et d'hospitalité en Languedoc et Provence étaient le pin parasol à cause de sa forme évidente, parfois remplacé à partir du 18e siècle par le cèdre du Liban (qui joue dans la Bible un rôle symbolique équivalent à celui du chêne dans la tradition française), puis par celui de l'Atlas, à croissance plus rapide.
Synthèse de messages du forum Tela Botanica réalisée par Daniel MATHIEU, le 11 septembre 2006.
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