- A :
- isff@t...
- De :
- Jean-Marc Tison <jmltison@g...>
- Sujet :
- Re: [isff] Re: [eFlore : remarques] sous-espèces
- Date :
- 22 Mai 2012 12:51
Je comprends mal la question. A partir du moment où l'existence de la ssp autonyme est justifiée (donc où il existe d'autres ssp), elle n'a pas d'attributs sur le plan nomenclatural, mais elle en a sur le plan taxonomique. Le fait qu'elle seule soit présente en France n'y change rien...
JM
Le 21 mai 2012 22:55, Daniel MATHIEU <dmathieu@t...> a écrit :
Merci Jean Marc pour cette clarification exemplaire !
Sur le plan purement pratique (qui m’intéresse), le type de l’espèce autonyme étant le même que celui de l’espèce, il est donc justifié, dans la cadre d’une flore électronique comme eFlore, d’attribuer les mêmes informations (morphologie, écologie, photographie, etc.) à l’espèce et à son autonyme.
Cependant, cela ne vaut pas pour la répartition... Si il n’y a que l’autonyme, les répartitions sont bien évidemment identiques (il s’agit de fait du même taxon). Si il y a d’autres ssp, dans ce cas, ce n’est plus possible car la répartition de l’espèce correspond à l’union de celle des ssp.
Mais alors, je me demande bien sur le plan pratique quelle est l’utilité de cette ssp autonyme fantôme si elle ne dispose pas d’attributs qui lui sont spécifiques ?
Daniel
Sur le plan nomenclatural, la sous-espèce autonyme est automatiquement valide à partir du moment où une autre sous-espèce a été validement publiée. L'absence d'auteur est normale puisqu'elle n'a pas besoin de description propre (j'ai bien dit "sur le plan nomenclatural"). Elle possède en revanche un type, qui est par définition le même que celui de l'espèce.
Sur le plan taxonomique, la sous-espèce autonyme est justifiée si d'autres sous-espèces le sont. Tout le problème est là, d'ailleurs : il existe de nombreuses sous-espèces par excès (soit taxons sans valeur, soit au contraire reconnues comme bonnes espèces) qui ont disparu des flores et des monographies mais persistent dans les index. Par contre, le fait qu'une espèce donnée n'ait qu'une seule sous-espèce dans un pays de la taille de la France n'est pas choquant en soi, car la division subspécifique est souvent géographique et à grande échelle.
Pour le groupe de Serapias lingua, la tendance actuelle est plutôt de traiter les taxons autres que lingua s.str. au rang spécifique (lorsqu'ils sont solides bien sûr) en raison de l'évolution réticulée, auquel cas c'est S. lingua tout court. Les descriptions et illustrations des taxons du complexe figurent par exemple dans tout bon delforge.
cdlt, JMT
Le 21 mai 2012 09:14, Daniel MATHIEU <dmathieu@t...> a écrit :
Bonjour, je vous fais suivre une question posée par un orchidophile au sujet des sous espèces autonymes :
Je m'intéresse aux sérapias-langue. Je fais une recherche par genre, et je constate, en développant la liste, qu'en plus de l'espèce attendue (Serapias lingua L. [1753, Sp. Pl., éd. 1 : 950]), il existe une sous-espèce (Serapias lingua subsp. lingua).
Je consulte donc les fiches repectives de ces deux taxons, et après examen attentif, je constate que rien ne me donne le moyen de discriminer l'espèce type de sa sous-espèce : la (ou les) différence n'est pas explicitée.
Et la comparaison des deux fiches pour essayer de dégager cette différence est quasi impossible : la description donnée de l'une est due à Coste (seule possible au menu déroulant), celle de l'autre sort de Baseflor (le menu déroulant en propose bien deux autres, mais aucune n'émane de Coste).
Les noms communs sont identiques mais les synonymes ne le sont pas, ce qui confirme bien qu'il s'agit de deux taxons distincts, mais on ne sait toujours pas ce qui les distingue. La seule différence manifeste entre les deux fiches est la présence ou non dans le département de Vendée.
Je suis donc déçu car dans l'impossibilité d'ajouter la photo souhaitée sur votre site, de peur de me tromper de cible.
Cette question résume bien le désarroi des botanistes face à ces ssp autonymes dont je n’arrive pas moi-même à saisir l’utilité.
Question complémentaire : ces combinaisons nomenclaturales sont-elles valides ? Elles ne disposent pas de type (sauf cas particuliers), pas d’auteur, pas de publication... Si elle ne sont pas publiées, que font-elles dans un référentiel qui n’est sensé ne proposer que des taxons publiés valablement ?
De ce fait, quel est leur intérêt ?
Qui peut répondre à ces questions afin que je puisse faire suivre la réponse à notre interlocuteur (et moi-même y comprendre quelque chose)
Merci
-----------------------------------
Daniel MATHIEU
Président
Tela Botanica
http://www.tela-botanica.org
mob : 06 18 81 84 39
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