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La méthode phytosociologique sigmatiste

Sommaire

1. introduction

Rachid MEDDOUR, juillet 2008

A la suite de l'héritage phytogéographique du XIXème siècle (FLAHAULT, SCHRÖTER, PAVILLARD...), la phytosociologie sigmatiste ou de l'école Züricho-Montpelliéraine a été élaborée par BRAUN-BLANQUET, puis développée par ce dernier et TÜXEN. Les fondements de la phytosociologie sigmatiste (ou encore Braun-Blanquetiste), ses étapes historiques, ses principes et ses techniques ont été amplement précisés notamment par REICHLING (1949), GUINOCHET (1955, 1973), GOUNOT (1969), GEHU (1980), GEHU & RIVAS-MARTINEZ (1981), et en langue anglaise par POORE (1955, 1956), BECKING (1957), WERGER (1974), van der MAAREL (1975), WESTHOFF & van der MAAREL (1978)

Aussi, nous ne rappellerons ici que les concepts fondamentaux et soulignerons quelques difficultés méthodologiques spécifiques au milieu forestier. Il faut aussi insister sur l'infléchissement de certains concepts de base, rendant la méthode plus souple, et sur les perfectionnements qui ont été introduits, surtout depuis les trois dernières décennies, tant au niveau analytique de prise de relevés au terrain, qu'au niveau synthétique comparatif d'élaboration des tableaux ou d'ordination des données.

2. principes et concepts fondamentaux

La phytosociologie est la science des groupements végétaux, c'est-à-dire des syntaxons. Cette science est ordonnée en un système hiérarchisé où l'association végétale est l'unité élémentaire fondamentale (GEHU & RIVAS-MARTINEZ, 1981). L'objectif de la phytosociologie est la description et la compréhension de la végétation, l'organisation dans l'espace et dans le temps, sur les plans qualitatif et quantitatif des espèces végétales qui la constituent (RAMEAU, 1987).

Parmi les développements les plus récents, il faut souligner les travaux de DE FOUCAULT (1984, 1986 in GILLETet al., 1991) qui propose une nouvelle théorie de la phytosociologie sigmatiste présentant deux aspects fondamentaux complémentaires :

  • C'est une morphologie,i.e. une description des "formes" élémentaires que sont les individus d'association ; ceux-ci sont comparés à l'aide de relevés floristiques qui permettent une typologie et une classification hiérarchique des syntaxons.
  • C'est une physique qui vise à mettre en évidence des lois phytosociologiques unissant les syntaxons avec les agents de leur déterminisme. La végétation est un effet, la causalité tient essentiellement à l'ensemble desfacteurs écologiques, dynamiques et historiques. La répétition absolue de la relation entre une cause et un effet, à l'intérieurde l'aire géographique où le syntaxon s'inscrit -aire limitée par les facteurs écologiques et historiques -, donne naissance à uneloi phytosociologique.

La phytosociologie sigmatiste, rappelons-le, repose sur le postulat suivant : l'espèce végétale, et mieux encore l'association végétale, sont considérées comme les meilleurs intégrateurs de tous les facteurs écologiques responsables de la répartition de la végétation (BEGUINet al., 1979). La végétation est donc utilisée comme le reflet fidèle des conditions stationnelles, elle en est l'expression synthétique (BEGUINet al., 1979 ; RAMEAU, 1987).

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