Livret technique pour la conduite de la revégétalisation sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane
Auteur : Denis LOUBRY, Août 2002
Préambule
Le code minier s’étend désormais à l’ensemble des départements d’outre-mer, la réglementation impose l’obligation pour les exploitants miniers de remettre en état les sites après l’extraction du minerai (Journal Officiel du 22 avril 1998). Ceci entend un régalage des surfaces, une restauration du réseau hydrique, le retrait des déchets de toute nature et la reconstitution d’une couverture végétale proche de celle d’origine.
Les socioprofessionnels miniers, en particulier ceux du segment ‘petites et moyennes entreprises’ (SOMIG en 1995 sur les sites Ipoussin et Compagnie Minière de Boulanger (CMB) sur les sites de Central Bief en 1996) ont été les premiers à demander un soutien technique pour la conduite de la restauration des surfaces dégradées.
L’IRD s’est proposé en 1997 de rechercher les modalités de reconstitution de la couverture végétale arborée en privilégiant l’utilisation d’espèces autochtones. Il s’est également fixé pour objectif de rechercher la plus grande simplicité de mise en œuvre accompagnée d’un coût opératoire acceptable afin de conférer un caractère incitatif à la réhabilitation des anciens placers épuisés. L’IRD a été soutenu dans son financement par des fonds régionaux (ACPER et Conseil Régional) et européens (FEDER).
Un chercheur de l’IRD, M. Huttel et un ingénieur en environnement, M. Loubry, contractuel, ont été chargés de la conduite de ce travail. Au terme d’une période de trois ans, l’IRD s’est engagé à remettre les éléments techniques afin que les exploitants miniers, ou bien les praticiens de l’environnement, puissent réaliser la réhabilitation des surfaces minières. C’est précisément l’objet du présent document.
Diverses opérations ont été menées pour constituer une base de connaissances : nombreux sites miniers visités ; analyses typologiques des revégétalisations spontanée et assistée ; études botaniques et pédologiques ; chimie des sols et des litières ; constitution d’une pépinière et plantations tests sur le site minier de Central Bief (CMB, piste de Coralie), en juillet 1997, premier semestre 1998 et juin 1999.
Les expérimentations ont permis de montrer les limites mais aussi les potentialités prometteuses qu’offre l’utili- sation des espèces locales (environ une centaine d’espèces testées parmi les 350 les plus fréquentes) sur les différents types de substrats présents (sablo-gravillonnaire, argileux, limoneux). Cependant, il s’est révélé indispensable d’établir une phase pionnière avant le rétablissement des espèces locales. A cette fin, l’Acacia mangium et plusieurs Légumineuses locales appartenant aux genres Andira, Clitoria et Erythrina ont été testées et ces dernières ont révélé des performances remarquables en tant qu’espèces arborescentes pionnières. En effet, les différents essais conduits sur Central Bief ont montré que le succès de l’installation des espèces locales était subordonné à la reconstitution préalable d’un environnement présentant des conditions moins contraignantes que celle d’une surface minière ouverte : la pleine exposition au soleil des jeunes plants se traduisant le plus souvent par une photosensibilité létale à laquelle s’ajoutent les dommages de la dessiccation. La recréation d’une couverture végétale pionnière s’est avérée nécessaire pour la survie et la croissance des plants d’espèces locales installés dans ce nouvel environnement.
L’absence de matière organique dans les substrats se traduit par une très faible fertilité du sol. Les espèces pionnières retenues remplissent ainsi un double rôle de plante protectrice et productrice de matière organique, leur coût de production se révélant peu élevé.
Dans la suite de ce texte, les impacts écologiques de l’exploitation minière sur les lits alluvionnaires sont brièvement rappelés en introduction. Avant d’aborder les procédés de la restauration écologique de ces surfaces dégradées, les modalités d’extraction du minerai et leurs conséquences sur la structure et la qualité des sols sont développées afin de mieux cerner le degré de difficulté à surmonter.
Un protocole de revégétalisation est alors proposé. Il est suivi d’un exposé détaillé des gestes techniques s’appliquant à la production du matériel végétal nécessaire à la réalisation de notre objectif : réunir les conditions minimales qui permettront la reconstitution durable d’un écosystème fonctionnel en adéquation avec le contexte tropical guyanais.
Texte intégral
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LOUBRY, D. - 2002 - Livret technique pour la conduite de la revégétalisation sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane. IRD, Cayenne, GF, 54p.