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La nouvelle aventure des îles de Robinson - 2002

Faux et vrai départ de l'île

 

Le 26 février au matin, tout le monde était prêt pour rejoindre Santiago sur le continent. Mais l’île qui trouvait sans doute que nous ne l’avions pas assez fréquentée, semblait avoir d’autres projets pour nous. Le brouillard était épais et la bruine semblait s’être installée là avec l’intention sensible de ne pas se laisser déloger. Notre vol fut dans un premier temps reporté puis finalement annulé, notre avion n’ayant pas décollé de l’aéroport de Santiago.

 

Dernière image de l’île de Robinson. Envol sous la pluie et les nuages bas

Sur place, nous avons prolongé facilement notre hébergement et Flora de Rodt n’eut aucune peine à satisfaire l’appétit de "ses Français" une fois encore. Pour Philippe Danton, une bonne partie de la journée se passa d’abord dans les bureaux de la compagnie aérienne Lassa et ensuite pendu au téléphone capricieux de l’île pour joindre l’hôtel et se décommander, mais aussi et surtout pour contacter un ami chilien, Jose Luis Rodriguez, qui nous avait organisé la journée du 27 à Viña del Mar et à Valparaíso. Déçu de ce contretemps, la journée se passa pour une bonne partie dans la brume et la bruine et dans cet état étrange qui consiste à tourner un peu en rond dans un lieu où l’on sent bien que l’histoire devrait être terminée. Mais les sourires et la bonne humeur insulaire nous amenèrent bien vite à retourner la situation et à finalement profiter de ce moment de vacance forcée avec un peu de flâneries et de repos. 

Le 27 février, tout se passa comme prévu pour la veille. L’île nous ayant rappelé que c’était elle qui décidait des choses, nous avons pu prendre l’avion sans encombre, par un temps clément. A l’arrivée à l’aéroport de Santiago, un taxi nous attendait comme prévu pour nous emmener à l’hôtel et nous avons été le soir, manger dans un restaurant de la ville.

A Santiago

Le 28 février nous avons tous pris le bus depuis le centre ville et la Plaza de Armas pour nous rendre à la Quinta Normal où se trouve le Museo Nacional de Historia Natural. Nous avions rendez-vous vers les 10 h du matin avec Mme Maria Eliana Ramirez Cazali, directrice du Muséum, et algologue ayant travaillé sur la flore marine de Juan Fernández.

Petite réception charmante autour d’un café dans le bureau de Maria Eliana puis la majeure partie du groupe alla visiter les herbiers du Museum pendant que notre algologue à nous, René Delépine, se faisait kidnapper de bonne grace par Maria Eliana pour visiter les collections d’algues du musée.

Du côté des phanérogamistes et ptéridologues, nous avons pu passer un peu de temps dans les herbiers sous la conduite d’Ines Miezza du Département de Botanique du musée. Nous avons pu en particulier voir les seules parts existantes du fameux Santalum fernandezianum, aujourd’hui disparu sur les îles, ainsi que plusieurs autres espèces rares détenues par l’institution.

 

Santiago du Chili, le groupe sur la place d’armes

 

Rencontre de Maria Eliana Ramirez au Museum de Santiago

Nous avons ensuite retrouvé Maria Eliana et René pour une courte visite de la Bibliothèque dans laquelle nous avons admiré les superbes planches de l’Atlas de l’ouvrage de Claude Gay, Historia física y política de Chile, botaniste français natif de Draguignan qui travailla plusieurs années au Chili, et rédigea l’ouvrage monumental dont nous avons pu tourner les pages.

 

Planches de " l’histoire physique et politique du Chili " de Claude Gay - vue de "presidio de la isla Juan Fernadez "

 

Planches de "l’histoire physique et politique du Chili " de Claude Gay - indigènes : "Araucanos"

Ensuite, nous avons visité quelques salles du musée et nous avons eu surtout le privilège de rendre un hommage particulier à la petite mais très célèbre momie du Cerro El Plomo, un jeune garçon de 8 ou 9 ans sacrifié au dieu soleil par les Incas qui fut retrouvé dans une tombe au sommet de l’une des montagnes qui surplombe la plaine de Santiago. A la suite de cette riche visite au Muséum, nous sommes allés en ville, dans un marché artisanal et dans les librairies du centre pour quelques souvenirs et pour traquer la documentation toujours difficile à se procurer en France.

 

Le lendemain, le groupe reprenait l’avion pour rentrer en Europe, à l’exception de Louis Zeltner et Philippe Danton qui ont rallongé le voyage d’une dizaine de jours pour aller visiter les Centaurium du continent chilien, spécialité du bon Docteur Zeltner.

Prolongations en forme de Centaurium

Après avoir accompagné le groupe à l’aéroport international, les deux compères sont rentrés à l’hôtel à Santiago pour y récupérer une voiture de location et filer séance tenante sur les routes de Valparaíso, première étape de notre quête de ces charmantes Gentianaceae. Du Chili n’est décrit qu’une seule espèce, Centaurium cachanlahuen (présent aussi sur l’île Robinson Crusoe et que nous avions pu voir), mais la consultation des herbiers, en Europe et à Santiago nous en avait laissé supposer plus que cela. Nous sommes descendus jusqu’au sud du lac Llanquehue, un peu avant la ville de Puerto Montt, presque au niveau de l’île de Chiloe, en passant par les villes de Talca, Chillán, Concepción, Temuco, Valdivía et Osorno. Au cours de ce voyage, nous avons pu trouver tous les Centaurium souhaités et Louis Zeltner devrait nous faire profiter des lumières qui jailliront de nos récoltes dans le "Journal de Botanique" de la Société Botanique de France. Nous sommes rentrés en France le 11 Mars.

  

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