La nouvelle aventure des îles de Robinson - 2002
La vie quotidienne
Philippe Danton a bien préparé les choses. Il a réservé de longue date, deux petites maisons de bois mitoyennes, sur pilotis, l'équivalant de nos gîtes ruraux, que possède un vieux couple de l'île, le proposant aux rares touristes qui s'aventurent aux Juan Fernandez (moins de 2000 par an).
Nous sommes dans le village de San Juan Batista où les maisons sont desservies par des rues de terre et des petits sentiers piétonniers.
Ce sont des constructions simples, propres, confortables, entourées de jardins où les Dendroseris litoralis, visités à longueur de journée par les colibris, côtoient les rosiers européens.
Nous nous répartissons à deux par chambre où les lits sont très confortables avec plusieurs couvertures de laines qui se révéleront utiles. Certaines nuits sont fraîches. Chaque chambre possède sa salle de bain avec eau chaude, idéale le soir, au retour des expéditions ! Nous sommes à deux pas de chez Flora Torres de Rodt, patronne du Nocturno, où nous prendrons nos repas du soir.
Pendant que nous prenons nos quartiers, Philippe Danton rejoint Christian Diaz, l'Administrateur du Parc National de l'Archipel, afin de finaliser le programme des sorties et visites botaniques. Ce programme a du, au préalable recevoir l'aval de la direction de la Corporación Nacional Forestal.
Notre premier dîner se passe en compagnie de représentants du Parc : Christian et Andrea son épouse plus quelques " Guardaparques " (Ramón et Jorge) qui seront nos compagnons au cours des sorties. L'apéritif est le traditionnel Pisco Sour. Un punch-planteur ou une caïpirine mais avec de l'alcool de vin chilien, plus du jus de citron et du blanc d'oeuf battu.
Dès le dimanche matin 17, le rituel qui nous accompagnera tout au long du séjour, commence. Levé vers 7 h avec le chant des coqs, il fait encore nuit jusqu'à 7 h 30 mais l'observation du ciel, l'appréciation du vent et un coup d'oeil vers le large et la montagne vont permettre de déterminer le programme. Le plafond des nuages, qui est souvent très bas et cache les montagnes va t-il se lever, se déchirer en grands lambeaux courant le long des parois rocheuses sous l'influence des vents et laisser passer le soleil, ou au contraire descendre et apporter pluie et brumes ?.
Les vents rythment en effet la vie de l'île et conditionnent toute activité : l'arrivée des avions, les sorties en mer des pécheurs et nos destinations d'herborisation. Certaines nuits, les bourrasques qui déferlent de la montagne font entendre un sourd roulement lointain qui finit en sifflement lugubre. On croirait que la maison se gonfle et va s'envoler en même temps que tout se met à trembler.
Il faut parfois attendre jusqu'à 9 h pour décider. Cela nous laisse le temps de prendre un copieux petit-déjeuner , préparé par notre hôtesse : café en poudre ou thé, petites boules de pain faites sur place (chaque famille fait son pain), confiture de papaye (Carica candamarcensis) ou de la petite goyave chilienne (Ugni molinae) , pâté ou jambon...et parfois, langouste, selon la pèche !
Chacun prépare son sac : tenue de pluie, petite laine, matériel photo, grand poncho pour se protéger des embruns si l'on doit prendre le bateau, et ses deux petits sandwichs pour le repas de midi.
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