La nouvelle aventure des îles de Robinson - 2002
Les Plantes de l’archipel Juan Fernández
La flore de l’archipel s’est installée de façon aléatoire au cours des temps, après la formation des îles par irruptions volcaniques. Les plantes sont arrivées de diverses provenances : Amérique Centrale, du Sud et Australe, Océanie, Nouvelle Zélande (certaines d’origine Gondwanienne) mais aussi, depuis la découverte des îles par l’homme, c’est tout un ensemble d’espèces cosmopolites qui sont venues grossir considérablement le nombre des plantes qui composent aujourd’hui la flore de l’archipel.
La colonisation végétale s’est faite par des moyens divers : transport par les airs, par la mer, par les animaux et par l’homme. Les plantes sont qualifiées d’indigènes ou d’adventices selon la manière dont elles sont arrivées dans leurs nouveaux habitats insulaires et la durée de leur implantation. De manière simple, on peut dire que les espèces venues par des moyens naturels avant la découverte de l’archipel par les hommes sont indigènes et que celles dont l’arrivée postérieure est liée aux activités humaines sont adventices. Parmi les espèces indigènes, certaines ont eu le temps et la capacité de s’individualiser, ce sont celles que l’on appelle endémiques.
La flore et la végétation :
Du point de vue des paysages végétaux, les trois îles de l’archipel sont bien différentes. Au regard de la durée de notre voyage (10 jours), il est bien évident que nous n’avons pu toutes les visiter. Seule l’île Robinson Crusoe put être en partie parcourue et appréhendée.
Les premières impressions visuelles sont fortes. Lorsqu’on arrive dans le petit avion qui fait la liaison entre le continent et l’archipel, la première vision de l’île Robinson Crusoe, si l’on a la chance que les nuages soient absents, est celle d’une terre pelée et un peu désolée. La pointe Ouest, où se trouve la piste d’atterrissage, est en effet peu végétalisée et envahie par des plantes introduites bien peu dépaysantes (Papaver somniferum, Sylibum marianum, Centaurea melitensis, Hordeum murinum, ...).
La descente à pied jusqu’à la Bahia del Padre pour emprunter la lancha municipal et rejoindre par mer le village de San Juan Bautista nous dévoile quelques plantes indigènes (Parietaria debilis, Sarcocornia fruticosa, la"manzanilla" : Amblyopappus pusillus, utilisée en tisane comme notre camomille par les insulaires ) et notre première endémique (Spergularia confertiflora).
En longeant les côtes de l’île pour rejoindre le village par bateau, on prend conscience du relief tourmenté et au fur et à mesure que les montagnes apparaissent, les hauts des falaises et des cerros laissent voir un peu plus de verdure, rassurant le botaniste en même temps que s’inquiète le marcheur...
En pénétrant dans la Bahia Cumberland, au fond de laquelle est niché le village sous la masse imposante et impressionnante du Yunque, lui-même encadré des Cerros Damajuana et Piramide, on découvre une zone occupée par une forêt plantée de Cyprès, de Pins, de Mimosas et d’Eucalyptus, bien verte et assez accueillante. Le touriste sourit de la vraie tranquillité qui s’annonce tandis que le botaniste soucieux de la préservation de la flore ne peut s’empêcher de craindre le pire à long terme devant ce poste avancé de "pestes végétales".
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