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Appel à collaboration pour le projet « Recherche des hêtres tortillards non recensés ». Actualité parue sur Tela le 22/06/2011 : http://www.tela-botanica.org/actu/article4467.html

Bonjour

Je suis Jean-Pierre Guillet, pour l’heure coordinateur de ce projet.

J’ai 74 ans. Je suis originaire du Puy de Dôme. J’habite à Marseille et fais de longs séjours dans le Cap Corse. Ingénieur Supélec, j’ai exercé surtout dans le biomédical dont vingt ans comme physicien de radiothérapie. Peu à voir, donc, avec la botanique. J’ai signalé en 1998 la station des tortillards d’Orcines alors que je les connaissais depuis environ un demi siècle mais en ignorant superbement qu’il s’agissait de tortillards et qu’ils étaient rarissimes. Des articles et émissions m’ont mis la puce à l’oreille et je n’ai eu de cesse que des spécialistes me confirment ou infirment que « c’en étaient ». Bernard Thiébaut les a donc authentifiés en septembre 1999.

S’est ensuivie la création de l’association Hêtres Tortillards d’Auvergne (HTA). Durant quelques années, elle a fait montre d’une certaine activité : inventaire méticuleux, préservation du génotype local par greffes hébergées dans un embryon d’arboretum, comparaisons génétiques avec la station de Verzy et celle – suédoise – de Dalby Söderskogs, publications, conférences, incitation de ceux qui voulaient nous entendre à rechercher eux-mêmes d’autres faux, etc.

Actuellement, HTA est plutôt en sommeil. D’où l’idée de lancer ce projet qui me semble pouvoir apporter bon nombre de données intéressantes moyennant une dose de travail raisonnable de la part du petit noyau dur de l’association et un budget relativement modeste. Je crois que l’idée la plus importante est celle de la participation du monde des non-botanistes. Après tout, depuis 1999, les trois découvertes de sites de tortillards dans le Massif Central ont été faites lors de randonnées qui n’avaient initialement pas pour but la recherche de ces arbres. Nous sommes nombreux à penser qu’il doit y avoir dans les forêts européennes pas mal d’autres tortillards à signaler. En multipliant le nombre d’observations – même seulement occasionnelles – par celui des observateurs-promeneurs bénévoles, on multiplie sérieusement les probabilités de succès. Fait encourageant : Alexis Ducousso (Commission Génétique Forestière) a récemment utilisé cette même procédure pour recenser les hêtres de plaine en Aquitaine et se dit content du résultat.

Pour l’heure, il s’agit de démarrer presque à zéro, à savoir organiser une équipe qui organisera la suite du travail, en clair la communication préalable avec les bénévoles potentiels. Il leur faudra d’abord se lancer en sachant ce qu’ils cherchent. Pour ce qui est des professionnels, HTA dispose d’un document rédigé par Bernard Thiébaut et que je vais mettre à disposition au plus vite. Pour les profanes, qu’il ne faut surtout pas rebuter avec la terminologie de la botanique des faux, il va falloir produire quelque chose de très accessible et, pourquoi pas, agréable à lire.

Si le candidat franchit victorieusement cette initiation, il aura besoin ensuite d’un autre document lui permettant de recueillir avec méthode les données intéressantes puis de nous les faire parvenir. J’ai déjà écrit qu’il pourrait être judicieux d’en prévoir des versions pour smartphones très pratiques à utiliser sur le terrain.

Quand des signalements commenceront à arriver, se posera la question des authentifications. Dans certains cas – comme les deux dernières effectuées par HTA – elle pourra être immédiate à la seule vue des photos. Mais même alors, la visite sur site pour inventaire, d’une personne compétente s’imposera, ce qui amène le problème suivant, celui des correspondants locaux capables d’assumer cette expertise. L’équipe du projet va donc avoir l’assez importante tâche de démarcher les Conservatoires Botaniques, les Universités, les Associations de Botanistes, de Naturalistes, etc. et de susciter des vocations.

Et enfin, quand les données premières ou d’inventaire méthodique déferleront ( !) il y aura lieu de les archiver de façon exploitable. Mais nous avons déjà suffisamment à faire pour que nous nous donnions un peu le temps d’y songer.

Dernière information : HTA détient une importante bibliographie sur le tortillard, don de B. Thiébaut. Elle est numérisée au format image jpeg en attendant qu’un peu de temps libre permette de la passer en OCR…

En espérant ne pas vous avoir découragés à l’avance.
Cordialement
Jean-Pierre Guillet
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