« Revue de presse » sur le projet de Mine de la société Cambior

Bonjour,

Alors que l’enquête publique sur le projet de la société Cambior (Voir l’article Pétition contre la mine de Cambior en Guyane) en Guyane s’achevait aujourd’hui, voici quelques nouveaux éléments.

Mine d’or en Guyane: une usine Seveso en pleine forêt tropicale (ONG)
AFP, le 12 05 06

Le Parc Naturel Régional de Guyane émet un avis négatif
Communiqué de presse, Cayenne, le 05 05 06

Les Verts Guyane écrivent au Commissaire Enquêteur
Le 10 05 06 (document en pièce jointe à ce message)

Est-il bien nécessaire de ravager 30km2 de forêt guyanaise pour 34 tonnes d’or ?
Article paru sur Agoravox, le 21 04 06

Cordialement,
Jean-Philippe Palasi

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Mine d’or en Guyane: une usine Seveso en pleine forêt tropicale (ONG)
AFP, le 12 05 06

Le jour où se clot l’enquête publique relative à l’ouverture d’une mine d’or à ciel ouvert dans la montagne guyanaise de Kaw, deux ONG environnementalistes s’inquiètent d’un projet qui reviendrait à établir « une usine Seveso II » en pleine forêt tropicale, dans un communiqué vendredi. France Nature Environnement (FNE) et la ligue Roc dénoncent un projet qui impliquerait « non seulement la mise en place d’une carrière gigantesque mais aussi l’établissement d’une usine de type Seveso II, à risques très élevés avec utilisation de produits nocifs comme le cyanure ou le nitrate de plomb ». La classification « Seveso II » implique un risque « haut », qui peut être l’explosion, l’incendie ou l’émission de gaz toxiques.

Le site retenu – le lieu-dit Camp Caïman (à 45 km de Cayenne) – est l’un des sites à haute valeur écologique et biologique de la Guyane, sanctuaire des derniers caïmans noirs et qui abrite 700 espèces de végétaux différents dont 18 endémiques, près de 100 espèces de mammifères et 254 d’oiseaux, sans compter des milliers d’insectes, selon l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN). « Comment imaginer autoriser une telle activité sur un site aussi sensible? » interrogent la FNE et Roc en évoquant « les risques encourus pour la santé publique avec le danger de contamination des captages d’eau potable de Cayenne ». La multinationale canadienne Cambior, qui détient une concession de 30 km2, attend le feu vert des autorités pour implanter une mine d’or à ciel ouvert qui supposerait le creusement de fosses de 150 m de profondeur et l’emploi de plus de 30.000 tonnes de produits chimiques. La FNE et la ligue ROC dénoncent « des imprécisions et incohérences des dossiers présentés lors des enquêtes publiques » et affirment « leur stricte opposition à ce projet démesuré et contre-nature ».

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Le Parc Naturel Régional de Guyane émet un avis négatif

Communiqué de presse, Cayenne, le 05 05 06

Position du SMPNRG concernant le projet d’exploitation d’or primaire CBJ-Caïman.

Le Parc naturel régional de la Guyane émet un avis négatif concernant le projet d’exploitation minière de la société CBJ-Caïman aux motifs suivants :
– De façon générale, un certain nombre de questions restent sans explications satisfaisantes au regard de la conservation des milieux naturels et du principe de précaution inscrit dans la Constitution française.
– Le projet de la société CBJ-Caïman sur la montagne de Kaw va à l’encontre des principes du développement durable.
– Ce projet est incompatible avec la préservation et la valorisation des patrimoines naturel et culturel du Parc naturel régional de la Guyane. »

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Les Verts Guyane écrivent au Commissaire enquêteur
Le 10 05 06 (document en pièce jointe à ce message)

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Est-il bien nécessaire de ravager 30 km2 de forêt guyanaise pour 34 tonnes d’or ?
Article paru sur Agoravox, le 21 04 06

Par Arnaud Bernier
Cet article a été rédigé par un reporter d’AgoraVox, journal média citoyen.

Le Gouvernement français a attribué en 1993 à la Multinationale canadienne CAMBIOR une concession pour 25 ans sur une parcelle de forêt située à 45kms de Cayenne pour en extraire de l’or. La menace environnementale considérable en jeu, la mise en danger potentielle des populations amérindiennes vivant à proximité du site et la remise en cause des retombées économiques attendues sont à l’origine d’une mobilisation croissante contre l’exploitation de cette concession. Les médias français se sont emparés récemment de cette affaire, et on peut citer diverses références sur le sujet : article dans Le Point du 7 avril 2006 (consultation payante malheureusement), reportage dans l’émission « CO2 Mon amour » sur France Inter le 8 avril, article paru dans le Journal Le Monde le 19 avril dernier.

N’étant ni journaliste ni scientifique, je serais à priori en mal de juger des véritables dangers qui pèsent sur la Montagne de Kaw, site de cette exploitation où le groupe Cambior a déjà défriché 30 ha pour installer les premiers éléments nécessaires à la production, qui selon le planning avancé, commencera à l’automne 2006. L’internet m’a permis cependant de recenser de façon exhaustive, et selon des sources diverses, de nombreux éléments venant m’éclairer en tant que simple citoyen sur les enjeux soulevés.

J’ai ainsi noté qu’une ancienne Ministre de l’environnement, Corinne Lepage, a déclaré « Si j’avais été ministre, j’aurais tout de suite bloqué le projet », que le chef coutumier du village Favard représentant les Amérindiens Palikurs, (qui ont depuis saisi la justice pour dénoncer une convention signée avec Cambior pour faire passer la piste d’accès à la mine par la zone de droit d’usage de la communauté) a de son côté reconnu : « J’étais dans les bureaux de Cambior, j’ai signé un document que je n’ai pas compris ». Que quoiqu’il arrive, si l’exploitation entre en activité, 30.000 tonnes de produits chimiques (cyanure: 3990 t ; chaux : 21 280 t …) seront déversées dans les 8 prochaines années, qu’enfin au moins 600 espèces végétales et 500 espèces animales seront à jamais délogées.

A contrario la somme des exonérations fiscales et aides matérielles garanties par l’Etat à Cambior paraissent quasi extravagantes vis à vis des retombées économiques attendues sachant que cette exploitation ne durera pas plus d’une décennie et la création d’emplois annoncée ne sera dès lors qu’éphémère. Grâce à Internet, j’ai également pu être tenu informé (sans être impliqué plus que ça dans une quelconque organisation militante ou politique) de l’ensemble des éléments de l’affaire grâce au collectif qui s’est constitué, en m’inscrivant librement au groupe de news créé sur Yahoo et en allant sur le site du collectif-or Guyane .

Pour avoir suivi depuis bientôt un mois ce qui se passe sur ces deux espaces d’information et de discussion, je suis rassuré de voir que tout ce qui est recensé et ajouté provient de personnes évitant au maximum tout parti pris orienté, ce qui renforce la valeur de ce mouvement accessible à tous.

De tous les articles parus dans la presse guyanaise et les compte rendus de réunions publiques qui ressortent, on ne rencontre d’autre part pas une seule voix de la population locale pour louer les vertus de ce projet, et on est pas plus rassurés en consultant la communication du groupe canadien sur le projet qui fait la part belle à la rentabilité sans démontrer plus d’attachement aux retombées environnementales et économiques locales.

Les études d’impact présentées font d’ailleurs l’objet de nombreuses critiques documentées par des scientifiques signalant entre autre que des éléments pris en compte pour mener ces études sont visiblement mensongers (j’espère d’ailleurs que certain de ces mêmes scientifiques pourront relayer dans les commentaires suivants ces contre expertises, ce qui est totalement hors de mes compétences).

De tout cela je ressors mon propre point de vue de citoyen : alors que notre Président s’exprime à loisir sur la scène internationale en faveur du développement durable, que des précédents fâcheux s’accumulent entre temps sur la gestion par l’appareil d’Etat de ces dossiers sensibles (affaire du Clemenceau, mise à jour des carences graves de l’Etat français pour les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl..), il apparaît crucial que le débat occupe une place plus importante dans notre société sur un tel projet, et il paraît notamment indispensable que la population guyanaise ne soit pas livrée à son seul sort par la métropole.

Enfin, il est même surtout ici possible, grâce à la puissance d’impact du réseau Internet et de ce média citoyen qui peut permettre d’étendre encore la communication sur ce dossier, d’allier dans le même temps information et action. En effet, il est possible de signer et d’envoyer une pétition aux autorités locales et gouvernementales pour dire non à l’exploitation de cette mine d’or à ciel ouvert en Guyane. Un petit geste pour une grande et juste cause…

5 commentaires

  1. Bonjour à tous,

    Pour répondre de manière courte, j’espère que des contre-expertises à l’étude d’impacts veront le jour soit par l’intermédiaire des associations ou des scientifiques (l’IRD a notamment toute la documentation et les compétences pour celà).

    Cordialement

  2. Personne ne peut ignorer que la forêt guyannaise est un poumon pour le monde entier;

    Personne ne peut ignorer que la forêt guyannaise et le dernier refuge pour toute une faune dans le monde entier
    Personne ne peut ignorer qu’il en est de même pour les insectes et petits mamifères et oiseaux;

    Personne ne pourra prétendre ignorer que la forêt guyannaise récèle encore des trésors de plantes et fleurs complètement disparue sur le reste du globe;

    et que dire des quelques tribus qui sont repoussées de plus en plus profondément dans la forêt, et ce pour moult soit disant bonnes raisons, mais de bonnes raisons, pour qui ??? Qui peut prétendre n’avoir jamais été mis au courant? Faudrait-il les rayer de la carte eux aussi? C’est pourtant une manière comme une autre de le faire puisqu’on leur vole, chaque jour un peu plus de leurs territoires de chasse, de culture, leur , tout territoire vital, tout simplement.

  3. Je trouve vraimenent dommage que ce genre de problème ne soit pas déballé sur les chaînes de television car cela toucherai plus de personne, car tout le monde ne prend pas encore suffisament de temps pour s’interesser a ce genre de sujet qui reste, s’il l’on ne cherche pas, muet de la scene publique.

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