Cévennes : Arrachage de pois chiches noirs pour défendre la propriété bourgeoise !

Avril 2007, des paysan-ne-s sans terre, bien décidés à cultiver la terre dans une démarche autonomiste, reprennent l’activité du Prat del Ronc (Saint-Germain-de-Calberte, Lozère), abandonné aux ronces depuis 10 ans.

Répondant aux pressions de l’autorité préfectorale, le propriétaire, un spéculateur anglais qui n’y a jamais mis les pieds, porte plainte…
22 juillet 2008, 80 gendarmes débarquent pour expulser, matraquer, menotter les habitants et en profitent pour se défouler à coup de masse sur les fours en terre et arrachent ce qui est cultivé sur les terrasses…
En détruisant ces jardins, ils ont anéantis des spécimens de variétés anciennes menacées, notamment du pois chiche noir et du haricot crochu, deux légumineuses locales qui étaient largement cultivées sur les bancels du temps où les paysans les bâtissaient.

Aujourd’hui en Cévennes, quand on ne laisse pas les faïsses s’effondrer sur le passage des sangliers, on donne l’ordre aux agents de l’Etat de saccager celles cultivées par des paysans qui refusent de les voir abandonnées.
Il en est ainsi de la défense de la propriété privée, un des socles de l’organisation sociale du monde par le capital et les classes bourgeoises. Cette même propriété, quand elle se transforme en brevet sur la semence, devient corde au cou pour des millions de paysans à travers le monde, condamnés à racheter la même graine hybride ou transgénique chaque année plutôt que de cultiver et d’enrichir la biodiversité.

Face aux multinationales phytomilitaires qui brevettent la semence et les gènes, face aux spéculateurs fonciers qui achètent et laissent à l’abandon des terrasses partout en Cévennes, face à tous ceux qui s’approprient le vivant et nous dépossèdent de nos libertés à coup de matraques et de fichage généralisé…, luttons fermement ! Arrêtons de signer des pétitions inutiles qui soi-disant soutiennent les paysans sans terre du monde et unissons-nous concrètement pour réquisitionner la terre et la semence ! Auto-produisons les graines d’où germera un monde nouveau, bâti sur les ruines du monde industriel et marchand !

– Repris de « un semeur libre en Cévennes » par Philippe GUICHARD pour le Réseau Semences Paysannes (RSP).

20 commentaires

  1. Cela n’est pas sans me rappeler l’occupation de terres par des ouvriers agricoles d’un grand propriétaire andalou, à Marinaleda…. presque 20 ans de combat pour obtenir gain de cause et pour faire de ce village un lieu où l’on vit bien (les cultures ont été adaptées, la recherche aidant…) chacun a un travail et participe à la vie et à l’entretien du village… une expérience assez exceptionnelle et trés particulière digne d’intérêt….
    Pour y être allée et avoir rencontré le maire, les responsables de la coopérative, les ouvriers agricoles, c’est assez impressionnant.

  2. Est-ce bien l’endroit pour ce genre de discours à la José Bové ? La lettre de Tela Botanica est là pour servir la cause de la botanique et n’est pas une vitrine politique. Terrain glissant….

    1. Bonsoir à toutes et tous .
      Tout a fait d’accord avec vous……attention pente savonnée pour Tela-botanica.
      Gardez vos distances par rapport à ce type d’info

    2. Bien qu’il ne soit pas du tout objectif, il ne faut pas censurer cet article. Cette rubrique du site tela s’appelle « point de vue », c’est une tribune. Il faut donc prendre cet article comme il est. Après on peut donner son avis, voire poster un autre article qui dénonce « la scandaleuse violation de la propriété privée ».

      Un conseil aux auteurs de l’article : le tic d’écriture « paysan-e-s » est ridicule et contre-productif, car comme le disait un commentateur, il catalogue immédiatement son auteur dans la catégorie « secte d’extrème-gauche ». Pourquoi faire volontairement des fautes de français ?

  3. Je trouve inadmissible que des gens s’octroient le droit d’aller cultiver et vivre sur des propriétés qui ne sont pas les leurs. Ce qui leur arrive est bien entendu la conséquence de leurs attitudes et de leurs actes.
    S’ils ont besoin de terre, il aurait été plus intelligent d’aller négocier avec le propriétaire l’autorisation. S’ils veulent être respecter, qu’ils commencent d’abord à respecter les autres.

  4. 1)J’ai écouté cette semaine sur France Culture, l’histoire des Canaques retrouvant leur terre de Nouvelle Calédonie.Le parallèle me semble saisissant.

    2)La propriété privée n’existe pas trop pour les chasseurs en France.

    3)Je suis content de trouver de telles informations sur Tela botanica.Les plantes jouent aussi un rôle politique en histoire, des épices aux agrocarburants….

  5. Que les pois chiches noirs disparaissent est un fait regrettable. Mais de là à nous abreuver de complaintes déja bcp surmediatisés…le droit à la propriété est un droit d’une société règlementé. Pour obtenir des terres, certain organisme comme la SAFER, qui a un droit de préemption, peut permettre à des paysans de s’installer…même et surtout pour cultiver des pois chiche Noir. Prendre le bien d’autrui…et pourquoi pas ces enfants !!!

  6. Que l’on prône la bio-diversité, je suis tout à fait d’accord, qu’on lutte pour la préservation d’espèces végétales en voie de disparition également, mais là…
    A priori je serais tenté de dire que la loi est la même pour tous et qu’il est impossible de prendre partie avec aussi peu d’informations, qui plus est sans les éléments opposés par la partie adverse.

  7. Quand je commence à lire l’article et que je vois « des paysan-ne-s », mon réflexe est immédiat : j’ai immédiatement l’impression que ce n’est pas de l’information, que ce n’est même pas de la politique la plus politicienne mais que c’est tout simplement de la SECTE avec ses tics – pardon, ses RITES – d’écriture. Les « Témoins de José » en quelque sorte ! La suite de la lecture m’a confirmé dans mon impression. C’est grand dommage qu’on ne puisse pas avoir d’analyse crédible de cette affaire. C’est même dommage qu’à la simple lecture de ce texte, les modérateurs de TélaBotanica ne le mettent pas au panier.

    1. J’entends bien toutes vos remarques diverses et variées, et certaines plus marquées politiquement…
      Lorsque j’ai mis ce texte, sans volontairement le modifier, puisque ce n’était pas moi qui l’avait écrit, j’ai bien pensé qu’il ne serait jamais mis en ligne ; pour preuve le message a été posté en juillet 2008, et nous sommes aujourd’hui le 21 août…
      Venons en aux faits : Telabotanica est bien un site qui s’intéresse à la biodiversité dans son ensemble, oui ou non ?
      Pourquoi ce pois chiche noir ne pourrait-il pas faire partie de cette biodiversité en péril ?
      Car le fond du problème est là, en ce qui me concerne, on arrive à faire détourner des projets d’itinéraires autoroutiers pour préserver une grenouille ou un crapaud, pourquoi pas faire annuler une vente de résidence secondaire pour un pois chiche noir ?
      Ensuite de cela, « auradeschamps », semble méconnaitre les vraies ambitions et volontés de la Safer, qui est avant tout un agent immobilier qui gère du foncier agricole, sous obédience d’un syndicat agricole….
      Pourquoi n’ont-ils pas fait préemption ? Parce que tout simplement cette structure a beaucoup plus d’argent à gagner sur du transfert de foncier d’origine agricole vers du non-agricole (aux environs de 17 %) que vers de l’agricole (- de 5 %) !
      Cela veut dire que même si il y a une volonté locale d’installation, et que malheureusement ceux-ci ne fassent pas partie du syndicat de référence, ils préfèreront bien entendu faire ce transfert de foncier vers un non-agriculteur, et de ce fait bénéficier au maximum du transfert d’éligibilité de la terre !
      Enfin, que je sache l’appellation paysan-paysanne n’est pas brevetée par Bové ou la conf, et ces remarques puériles de bas niveau sont très regrettables, et elles nuisent globalement à leur auteur.

    2. quelle que soit la nomination des intervenants paysans ou agriculteurs ou … je ne vois aucune connotation avec la secte de BOVE. Est il le seul à vouloir protéger la biodiversité et l’espace agricole des voraces du béton et de la résidence secondaire alors que la faim ne menace pas que le 1/3 monde mais la France? Voir l’augmentation des chomeurs, RMistes, repas servis aux Resto du coeur etc… Vos propos sont déplacés et regrattable et interdire ce texte relève de l’antidémocratie la plus populacière
      Chamot

  8. Excusez le doublon….

    J’entends bien toutes vos remarques diverses et variées, et certaines plus marquées politiquement… Lorsque j’ai mis ce texte, sans volontairement le modifier, puisque ce n’était pas moi qui l’avait écrit, j’ai bien pensé qu’il ne serait jamais mis en ligne ; pour preuve le message a été posté en juillet 2008, et nous sommes aujourd’hui le 21 août… Venons en aux faits : Telabotanica est bien un site qui s’intéresse à la biodiversité dans son ensemble, oui ou non ? Pourquoi ce pois chiche noir ne pourrait-il pas faire partie de cette biodiversité en péril ? Car le fond du problème est là, en ce qui me concerne, on arrive à faire détourner des projets d’itinéraires autoroutiers pour préserver une grenouille ou un crapaud, pourquoi pas faire annuler une vente de résidence secondaire pour un pois chiche noir ? Ensuite de cela, « auradeschamps », semble méconnaitre les vraies ambitions et volontés de la Safer, qui est avant tout un agent immobilier qui gère du foncier agricole, sous obédience d’un syndicat agricole…. Pourquoi n’ont-ils pas fait préemption ? Parce que tout simplement cette structure a beaucoup plus d’argent à gagner sur du transfert de foncier d’origine agricole vers du non-agricole (aux environs de 17 %) que vers de l’agricole (- de 5 %) ! Cela veut dire que même si il y a une volonté locale d’installation, et que malheureusement ceux-ci ne fassent pas partie du syndicat de référence, ils préfèreront bien entendu faire ce transfert de foncier vers un non-agriculteur, et de ce fait bénéficier au maximum du transfert d’éligibilité de la terre ! Enfin, que je sache l’appellation paysan-paysanne n’est pas brevetée par Bové ou la conf, et ces remarques puériles de bas niveau sont très regrettables, et elles nuisent globalement à leur auteur.

  9. certes le droit de la propriété est inaliénable et la démarche de ces cultivateurs pourrait avoir été mieux préparée mais ce type de démarches citoyennes est à l’origine de mouvements d’une richesse incroyable: Green Guerrials à New York, Green Streets à Vancouver…

    je ne suis pas un anarchiste, mais quand même, il ne faut pas toujours attendre d’avoir la permission, si?

  10. J’espère que telabotanica continuera a diffuser ce type d’information, sans « modération » pour le ton virulent et le champ lexical égalitaire.
    Car il s’agit bien d’une information, que l’esprit critique sait lire sans être pris de l’irrépressible envie de voter bové.
    C’est le rôle de relais que j’attends du site, en tant qu’usager régulier.

    1. La libre info doit passer partout même par tela botanica nous somme assez grands pour l’analyse et en tirer les conclusions qui s’imposent pour ma part je soutien cette action sans retenue car la biodiversité ne passe pas forcément par le gazon anglais

      sergio

  11. Oui, il y a beaucoup de bonnes raisons pour que la terre cultivable le soit et celà par ceux qui en ont besoin. Il y a plein de raisons de protéger et de développer la bio-diversité des cultures. Le problème des Cévennes est en partie lié à la destination des terrains, voués à la villégiature plutôt qu’à l’agriculture.
    Téla botanica a bien sur raison de publier ce genre d’info mais peut être le faire de manière plus distanciée afin de rester dans le cadre de la botanique et non celui de la contestation !
    Je pense pour ma part, qu’il est sans doute réalisable d’utiliser certains terrains en mettant en place des projets créatifs, ceci sans forcément déclarer la guerre a son propriétaire… Cela peut évidemment demander de la volonté, du temps, de la patience et des compétences.
    Exigerait-on, par exemple d’un céréalier, dans une autre région comme la Beauce, qu’il autorise le squat de ses terres ? Pourquoi le faire dans les Cévennes ?
    Est-ce le « Register » des camisards qui refait surface ?
    Depuis trente ans que je vis dans le massif de l’Aigoual, j’ai vu beaucoup de gens qui se proposaient d’y mener leur révolution personnelle envers et contre tout. Pour quel résultat ?

  12. Superbes les réactions des adhérents de Téla-botanica! Soit on n’a aucune connaissance du monde paysans soit on a une culture politique et historique de la paysannerie et là on remet les choses à leur place. On se référe à la Safer comme organisme installant les jeunes paysans pour attaquer ceux qui ne font que perpétuer l’esprit de résistance du monde paysan. On va chercher Bové pour se moquer ou pour abattre une action de défense de la terre  » productive » mais on oublie de citer la destruction des terres agricoles pour créer des golfs et des lotissements où les enfants de paysans ( probablement pas les leurs) iront faires les domestiques ou les gardiens.
    Pauvre Téla botanica où l’on trouve des défenseurs de la propriété
    qui se disent défenseurs de la nature mais sans les paysans qui les nourrissent. Rappel:Dans le Var La SAFER refuse de communiquer à l’avance la liste des terres qui font l’objet de ventes pour pouvoir en comité restreint les attribuer à ceux qui en feront soit propriétés pour résidence de vacances soit à des gros propriétaires adhérents de la FDSEA qui pourront étendre leurs
    exploitations agricoles pour devenir des agrimanagers (comme demandé par le Ministre de l’agriculture)laquelle FDSEA est le seul syndicat (avec entre autres participants le Crédit agricole !)présent dans cette organisme qui refuse d’y voir siéger les autres syndicats ( Confédération paysanne et Coordination rurale)C’est pas de la démocratie de propriètaire çà?
    Sauver la botanique mais pas les paysans c’est plus facile.

    1. ….

      Je sens de votre part une connaissance tellement plus profonde du monde paysan…

      Au passage, on peut toujours critiquer sa SAFER locale, mais comme tout le monde l’a si bien dit, elles sont gérées localement par des syndicalistes locaux… On peut taper sur la sienne qu’on connait, mais de là à crier au haro sur une inconnue, c’est regrettable.

      Personnellement, je trouve dommage de trouver ce type d’infos sur Tela… Ou alors, donnons la parole aussi à la préfecture, au propriétaire, à la SAFER, aux représentants agricoles locaux aussi!!! Sinon, l’information est partielle et partiale…

  13. Pour moi, la propriété privée, est un acquis « civilisationnel »…une réponse à un temps T à un contexte particulier… Je ne juge pas, mais force est de constater que le « système » nécessiterait des aménagements plus ou moins grands (il n’a que très imparfaitement permis à ceux qui n’ont pas les minimums vitaux de les acquérir).

    Cet exemple cévenol a selon moi (habitant des cévennes !), toute sa raison d’être sur un autre forum…en même temmps, il faut bien que l’info circule, que le {{scandale}} éclate:

    Moi je suis pas au RMI, et je squatte pas la terre des autres sans leur consentement…Mais sans être hypocrite, reste-t-il bcp d’autres possibilités que la marginalité pour oser habiter certains espaces français ou ceux d’autres pays ?

    J’ai été assez surpris de voir dans un journal, la photo d’un bâtiment, nommé « la Picharlerie », rasé par les pelles mécaniques…Je connais un préfet, dans une zone « sous contrôle précaire », dont les oreilles ont chauffé pour moins que ça….

    Il ne s’agissait pas là de défendre un bien public ou un intérêt général (sauf peut-être celui du droit, mais a-t-on le droit de détruire une maison pour en faire fuir ses occupants ?)…Il ne s’agissait pas de baraques à frites sur une zone convoitée par la masse…

    Il s’agissait que de « quelques cheveux longs, aux idées…plus ou moins longues », dans un des département les moins peuplés de notre beau pays, mais paradoxalement qui a le plus grand nombre de fonctionnaires par habitant, mais aussi un grand nombre de touristes par habitants…etc…

    Par ailleurs, qui témoigne d’une histoire humaine riche: Les Cévennes sont une région ensoleillée, où l’exode a été particulièrement fort, ou la « nature » quoique assaillie , n’a pas partout déposée les armes, et toujours en opposant force « Résistance ».

    C’est aussi une banlieue très lointaine du bassin méditerrannéen…ou paradoxalement, on y assouvit pas forcément ses rêves de « retour à la terre », sans garantie bancaire !

    Ce cas est donc certainement plus universel qu’il n’y parait…

    Dès lors, j’aimerais bien que cet évènement, quitte le petit tumulte local, pour prendre une audience plus large.

    Grégory

  14. Je suis certainement très naïf mais je pense que cet article du code rural aurait pu s’appliquer: « Article L125-1 Modifié par Loi n°2005-157 du 23 février 2005 – art. 91 JORF 24 février 2005 en vigueur le 1er janvier 2006

    Sans préjudice de l’application des dispositions des articles 188-1 à 188-10 du code rural relatives au contrôle des structures des exploitations agricoles, toute personne physique ou morale peut demander au préfet l’autorisation d’exploiter une parcelle susceptible d’une mise en valeur agricole ou pastorale et inculte ou manifestement sous-exploitée depuis au moins trois ans par comparaison avec les conditions d’exploitation des parcelles de valeur culturale similaire des exploitations agricoles à caractère familial situées à proximité, lorsque, dans l’un ou l’autre cas, aucune raison de force majeure ne peut justifier cette situation. Le délai de trois ans mentionné ci-dessus est réduit à deux ans en zone de montagne.

    A la demande du préfet, le président du conseil général saisit la commission départementale d’aménagement foncier qui se prononce, après procédure contradictoire, sur l’état d’inculture ou de sous-exploitation manifeste du fonds ainsi que sur les possibilités de mise en valeur agricole ou pastorale de celui-ci. Cette décision fait l’objet d’une publicité organisée par décret en Conseil d’Etat afin de permettre à d’éventuels demandeurs de se faire connaître du propriétaire ou du préfet.

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