A votre avis, s’intéresse-t-on encore à la botanique ?

50 000 personnes étaient susceptibles de reconnaître une plante dans la nature au début du XXème siècle... elles sont dix fois moins nombreuses à en être capables à l'aube du troisième millénaire. Pourquoi un tel désintérêt du monde végétal ? Réagissez en ligne.

50 000 personnes étaient susceptibles de reconnaître une plante dans la nature au début du XXème siècle… elles sont dix fois moins nombreuses à en être capables à l’aube du troisième millénaire. Pourquoi un tel désintérêt du monde végétal ? Réagissez en ligne.

Tela Botanica vous convie à une réflexion globale sur l’évolution des usages et des pratiques en botanique : qui sont les nouveaux botanistes ? Quelle évolution pour cette discipline dans notre société ? Comment partager sa passion pour la botanique ?… Ce travail nous permettra d’orienter nos actions tout en s’appuyant sur un ressenti partagé.

Participer, mais comment ? Les questions « Philobota » sont pour tous ! Faites-nous part de votre point de vue sur la botanique en postant votre commentaire à la fin de l’article.
——
>> Question Philobota du jour

Déclin de la botanique : mythe ou réalité ?

En quelques années, les questions d’environnement sont arrivées sur le devant de la scène. Qu’il s’agisse d’associations, de collectivités, de média ou même d’entreprises, nombreuses sont les structures qui mènent des actions de sensibilisation et d’information sur le sujet.

A l’heure de ce « tout environnement », ressentez-vous un nouvel engouement pour la botanique ? Au contraire, pensez-vous que la botanique ne séduit plus ? Et quelles sont, selon vous, les raisons de cette évolution ?

A vous de réagir !

47 commentaires

    1. On peut aimer jouer à la Wii et être botaniste 😉

      Pour ma part, jeune botaniste (25 ans) mais qui a commencé très tôt (à 10 ans) je ne serai pas aussi pessimiste : certes l’enseignement de la botanique naturaliste est mal en point, que ce soit dans le secondaire ou dans les universités et écoles d’ingénieurs (je ne sais pas trop ce qu’il en est dans les BTS gestion de la nature), mais on voit aussi, parmi les étudiants, pas mal de jeunes motivés, mais qui sont rapidement découragés par la difficulté d’accéder à des personnes ressources compétentes pour les aider, faire des sorties, les guider etc…
      Les maîtres de confs ou prof sont souvent trop surchargés de boulot (enseignement ET recherche) pour avoir le temps d’aider ces étudiants sur leurs temps libres (même s’ils essaient!).

      La botanique et la taxonomie au sens large sont assez mal perçues dans la recherche, même si de plus en plus d’études utilisant les herbiers (ou bien le barcoding) permettent de montrer l’intérêt des collections (et donc du savoir naturaliste de reconnaissance des espèces) dans la recherche. Mais en France on est encore en retard par rapport à ce qu’on fait aux USA ou en Angleterre

      Voilà, quelques points de réflexion

      Christophe Girod

    2. Oui, comment font-ils en GB et aux USA? Il faut dire que la brevetabilité du vivant à des fins industrielles et financières a entretenu la fibre botanique, mais il y a sûrement d’autres raisons à cet intérêt pour la flore sauvage, temoins les sites de qualité entretenus par les universités américaines, qui sont une mine pour les amateurs dont je suis.
      Péher- Quimper

    3. On constate que la botanique n’est plus une science abordée comme telle dans les grandes écoles d’agronomie. Les élèves ne s’y interessent plus d’ailleurs faute d’enseignement.

      Les ouvrages de type flore sont bien souvent très arides et parfois même rebutants et austères. La plante est abordée par le nombre d’étamines la forme des feuilles etc, alors qu’une photo bien prise vous l’indique tout de suite. Les brochures sont, soit très pointues et sur un domaine limité réservé à des spécialistes, soit plus large mais avec une approche des plantes extérieure au contexte de la nature, par la couleur des fleurs,l’ordre alphabétique, voire ce qui est déja mieux par la famille. mais ce n’est pas franchement très attractif et on ne comprend pas toujours lorsque l’on est sur le terrain.

      Les flores du commerce sont bien souvent élaborées par un photographe « de métier » et un botaniste qui a bien souvent le caractère d’un bibliothécaire, l’association donne un résultat un peu ennuyeux et pas toujours satisfaisant pour le lecteur.

      J’ai en ce qui me concerne éssayé de faire une flore attrayante ou le point de vue culturel se mêle au scientifique et à l’anecdotique pour piquer la curiosité du lecteur. Sans prétention avec le souci de faire le tour du sujet, plantes naturelles , cultivées et ornementales avec chapitres intégrant les milieux. J’ai fait un essai sur la flore antillaise et ça marche en Martinique. Il y avait dans ces Iles,dans les années 60, une tradition largement répandue de perception de la nature mais sans ouvrage écrit.

      J’ai continué avec la flore de la Méditerranée française, cela a demandé du temps pour les photos que j’ai prises moi-même et la conception des textes que j’ai établis en fonction de mes sentiments et des observations diverses recueillies à condition qu’ils aient un interêt pour le lecteur.

      Voir dans la rubrique du kiosque mon ouvrage « cent et une plantes et fleurs de Méditerranée » qui est une initiation à la botanique qui se veut attrayante. Il devrait permettre à un profane d’aborder sans appréhension et avec plaisir, le milieu naturel végétal très complexe méditerranéen.

      P.C. MORIN

    4. Le détachement ou l’indifférence face aux plantes et à la nature tient à mon avis tout d’abord à l’éloignement physique de l’habitat, à la généralisation des transports publiques ou privés et à la perte de la notion d’utilité des plantes. Lorsqu’on ne côtoie plus le monde végétal, on ne peut qu’ignorer ses particulatirtés et ses bienfaits.

      {{Il faut tout d’abord percevoir.}}

      La stimulation des sens manquent, les parfums, les couleurs, le goût, les effets de bien-être font de moins en moins parti de notre quotidien.

      La plante, les légumes, les arbres sont devenus des objets de consommation comme les autres alors que sans elles, pas de vie pour les humains et les animaux. Il est tellement devenu normal de consommer que le respect, donc l’intérêt pour le monde végétal s’amenuise. Le relai des connaissances en particulier pratique n’a pas suivi le rythme de notre vie hors sol.

      Toucher une plante, s’en servir pour une décoration, une plantation, un plat, une préparation médicinale maintien ce lien. C’est ce que nous tentons de construire avec notre {{Association Plantes et Vie}} dont les buts sont de réconcilier l’humain avec les aspects pratiques, écologiques et médicinaux des plantes en visant une sensibilisation dès le plus jeune âge mais aussi les familles voir les thérapeutes.

      Lorsque avant l’apparition de la pharmacie chimique, les plantes servaient de médicaments préventifs et curatifs, toutes les familles campagnardes détenaient une connaissance certes basique mais bien présente de plusieurs simples.

      Je suis d’ailleurs frappé des étiquetages de la plupart des jardins botaniques. On voit inscrit sur les étiquettes les noms français, les noms latin, la famille et très rarement les propriétés et les indications. C’est pourquoi, depuis 15ans, je me suis employé à construire un petit jardin botanique de près de 450 plantes, sauvages, médicinales et plus rarement exotiques avec un étiquetage pratique indiquant même le type d’insecte ou d’oiseau s’en nourrissant ou l’utilisant.
      Ce lieu sert de base de sensibilisation et nous allons organiser dans cet esprit de biodiversité pratique le 1er salon Romand d’Herboristerie Pratique en 2011. Les enfants et les familles y seront rois mais celui qui voudra repartir avec des connaissances raisonnées et pratiques des traitements par les plantes repartira avec ses propres préparations et des connaissances suffisantes pour une autonomie dans son jardin et pour sa famille.
      Jacques, Plantes et Vie

  1. Attention à la « déclinite » !

    Il ne faut pas tout voir en sombre… Après tout, quand on regarde les rayons des librairies, ils sont chargés de publications remarquables : monographies, atlas départementaux, ouvrages de vulgarisation… Il doit y avoir un vrai public… et n’a-t-on pas jamais publié autant ? de cette qualité ?

    Pour ma part, j’organise des sorties botaniques pour découvrir notre territoire… Certaines ne sont volontairement pas/peu grand public et s’adressent à un public averti. On a toujours beaucoup de monde (sans doute toujours un peu les mêmes…) et elles sont vraiment basées sur l’échange et non un processus descendant, du « ponte aux ignorants »…

    Sur ce dernier point, je déplore souvent une chose : la moyenne d’âge est souvent très élevée… C’est vrai. Pas d’ados, pas de jeunes adultes. Or, c’est là qu’est sans doute la relève ?!

    N’oublions pas non plus l’existence de nombreux réseaux, associatifs ou sur le web, qui participent largement de la diffusion de la connaissance et du partage.

    En guise de conclusion, je confesse aisément que cette question philosophique demeure d’approche assez subjective… et soumise à nos expériences individuelles… sans nul doute très différentes…

    Peut être nous faut-il inventer d’autres moyens de partager cette passion ?

    1. Bonjour, En réponse au groupe « pas ou peu grand public » :
      Pour être suffisament succinte, je vais droit au but,
      Pourquoi ne pas ouvrir vos « expéditions botaniques » à un plus grand nombre de personnes motivées, sans toutefois être des AVERTIES….?
      On peut sans problèmes afirmer qu’il en est.
      Avant d’être avertis, on peut être initiés…cela requiert pas mal de générosité de la part des initiateurs, mais, le thème même : NATURE, nous y porte philosophiquement.
      MERCI à Vous…

  2. Bonjour,

    Peut-être que l’apparent désintérêt du monde végétal vient du manque d’initiation aux sciences naturelles dans les classes du primaire. Si je ne m’abuse, la reconnaissance des plantes usuelles et dangereuses était jadis enseignée avant le certificat d’études ; je possède d’ailleurs un ou deux livres destinés aux élèves des classes du primaire qui datent des années 1940-1950.

    Je suis âgée de 26 ans et je ne me souviens avoir fait lorsque j’étais en primaire que des initiations très sporadiques, genre dissection de pelote de réjection de chouette ou rapace histoire de nous occuper les doigts, mais rien de plus suivi. Je ne sais pas si les choses ont changé depuis …

    En tout cas je pense qu’à l’heure où on nous rebat les oreilles de biodiversité, une vraie éducation de base aux sciences naturelles serait vraiment souhaitable (si ce n’est déjà fait ?) histoire que tout le battage médiatique autour de l’environnement ne sonne plus que comme démagogie.

    Par ailleurs, l’apparemment désinterêt que vous soulignez vient peut-être aussi du manque de temps de pas mal d’actifs pour s’adonner à ce genre d’activité que sont les sorties et excursions botaniques, qui reflètent extérieurement l’intérêt que l’on porte à ce domaine … Partant, peut-être aussi que les personnes intéressées ne se manifestent pas forcément dans certaines activités par lesquelles onn juge de l’intérêt général. Aussi, peu de passionnés qui y consacrent tout leur temps libre, mais beaucoup d’intéressés ce qui est déjà bien (moi la première).

    En espérant que tout cela ne soit pas trop confus à lire, et que ça puisse éclairer votre lanterne …

    Bien à vous

    1. Il est vrai que nous autres enseignants de « sciences de la vie et de la terre » avons été assez refroidis dans nos ardeurs lorsqu’à une certaine époque (je suis à présent retraité depuis 5 ans), les circulaires nationales et académiques nous enjoignaient de vérifier l’état des pneus et la validité du permis du chauufeur quand nous avions des velléités de sortie sur le terrain.

      Dans une période plus ancienne (au début de ma carrière) il me souvient de sorties en vélo, avec le tub Citroën du poissonnier du village qui faisait la voiture-balai …

      Aujourd’hui, il y a beaucoup de pratiques nouvelles à l’école comme au collège, et leur apprentissage consomme beaucoup de temps.
      Internet nous permet de naviguer sur e-Flore pour observer la primevère officinale qui pousse sur le talus du chemin qui mène à l’école …

      Je ne dis pas pour autant « c’était mieux avant », c’était simplement autrement.

      Je pense qu’aujourd’hui on s’intéresse à la botanique, à la zoologie et à la géologie locales plus tard. Et on s’y intéresse bien. C’est fou comme mon épouse et moi-même sommes sollicités tout au long de nos randonnées ou de nos promenades, en plaine comme à la montagne, et autant par les personnes de notre groupe que par celles que nous rencontrons.
      La pratique de la photographie rapprochée, le fait de sortir un livre ou une loupe du sac, tout ceci interroge et intéresse.
      Merci aux éditeurs d’aujourd’hui, Nathan et Delachaux pour ne citer qu’eux, de faire autant d’efforts pour rendre nos petites connaissances attrayantes et attirantes au plus grand nombre.

      François, dans le Calvados

  3. Bonjour,

    la question se pose-t’elle seulement pour la botanique?

    Combien sont désormais capables de reconnaître les oiseaux ou même les petits mammifères?

    L’évolution du mode de vie a beaucoup fait changer le rapport de l’homme à la nature. Avant la connaissance de la faune et la flore était quasiment indispensable à la survie de l’homme : cueillette, chasse, culture… Au XIXe, on peut malheureusement se nourrir sans savoir ce que l’on mange. Et cela convient à beaucoup de personnes qui ne ressentent pas le besoin de pousser les investigations plus loin.
    De même, la connaissance des plantes étaient nécessaires aux soins et aux pratiques médicinales. Mais aujourd’hui?
    La connaissance de la botanique devient plus un loisir qu’une nécessité.
    Il est vrai que le monde végétal est peut être plus concerné par ce « désintéressement » de la société… mais comme le souligne Francis Halle, dans « Eloge à la plante », nous vivons dans une société zoocentrée et il nous est difficile d’identifier les plantes comme des « êtres vivants », ce qui les rend moins séduisants aux yeux du public…donc moins intéressants à étudier

  4. C’est peut-être la façon d’aborder la botanique qui a changé. Il y a longtemps dans le trousseau des élèves de l’Ecole Normale il y avait une longue boite vert dite d’herborisation car l’identification d’un certain nombre d’espèces (toxique, mellifères, utiles, etc.) était au programme et des séances d’herborisation sur le terrain étaient au programme ! Ce n’est plus le cas maintenant. Même chose pour la mycologie pour les pharmaciens, n’allez surtout pas montrer votre récolte à un pharmacien il y a de grandes chances pour qu’il vous réponde qu’il ne connait pas les champignons… Même chose au niveau du muséum d’histoire naturelle où la systématique est le parent pauvre des sciences naturelles… Par contre il n’y a jamais eu autant de livres et de documents de botanique de disponibles mais quand à savoir si cela permet de former de nombreux et solides botanistes de terrain c’est une autre histoire !

  5. Sans doute qu’aujourd’hui plus de 50000 personnes sont capables de donner une définition assez correcte du code génétique, de donner les prénoms des acteurs de « plus belle la vie », et la cylindrée des principaux bolides à 4 roues… etc. etc. C’est sûr, les centres d’intérêt se sont déplacés, multipliés, la botanique la dedans a gardé une place qui me paraît honorable.

  6. Le désintérêt de la botanique (sauf peut être pour les plantes horticoles), n’est ce pas le signe d’un éloignement de la nature. Beaucoup de citadins ne rencontrent aucune plante « sauvage » avant de se rendre à l’école ou … au supermarché. Il y a à cela une raison simple : on a soigneusement supprimé toute plante dite « mauvaise herbe » à grandes doses de désherbant. Et quand un citadin s’aventure dans une zone plus naturelle il emprunte soigneusement les chemins balisés; éventuellement par peur des vipères ou par discipline. Il faut se rendre à l’évidence, à l’exception de certains espaces privilégiés, les plantes spontanées ont regressé. La nature est considérée comme un espace de loisirs ou d’activités sportives (avec un walkman sur les oreilles éventuellement); un espace à consommer, pas à vivre.
    Je dois cependant reconnaître que les communes et autres collectivités publiques font des efforts considérables pour ramener la nature en ville (j’y ai moi même contribué). Il y a donc de l’espoir de retrouver de l’intérêt pour les plantes libres. A ceux qui les connaissent de diffuser leurs connaissances et de susciter l’intérêt.

  7. Désintérêt? Vraiment?

    Je ne le crois pas, cependant, notre civilisation urbanisée, dont les valeurs majeures semblent n’être que matérialistes, mésestime « l’humain « et le « lien » tel que la pratique des sciences de la nature, et la botanique en particulier, y invitent.

    Pourtant, il en faut peu pour permettre à des enfants autant qu’à des adultes de regarder autrement cette nature façonnée par l’homme, pour que les questions étonnées fusent, naïves parfois, touchantes, toujours.

    Le botaniste est alors un guide autant qu’un « savant ». Je crois aussi qu’il doit se mettre à la hauteur de cet appétit, tel qu’il se manifeste, et non avec la nostalgie de ce que lui-même a peut-être connu et partagé.

    À l’heure du « toujours plus vite » et du « maintenant, tout de suite », il est le vivant témoin du « temps des plantes », c’est à dire d’une altérité absolue.

    Ainsi, loin de proposer un compagnonnage de façade entre les citadins et le monde végétal, la botanique, par la patience nécessaire à l’acquisition des connaissances qu’elle suppose, est un apprentissage de l’humilité, un accompagnement de l’émerveillement.

    Au coin de la rue, entre les pavés, sur les friches,…les plantes, modestes et obstinées, sont là. Arrachées par les cantonniers, elles reviennent, essaiment ailleurs…

    « La vie trouve toujours un chemin ».

    A ma façon, emmenant en balade botanique enfants et adultes, je les invitent à l’emprunter.

  8. Je suis très perplexe face à cette question et celà ressort aussi dans les messages précédents. Les statistiques évoquées (10 fois moins) sont elles pertinentes? Je pensais qu’il y avait un regain d’intérêt (après une désaffection probable dans les années 50 et 60). Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un intérêt croissant pour le jardinage. Ce sera peut-être ce qui relancera la botanique des plantes sauvages.

    1. Ces chiffres ne sont pas des statistiques à prendre à la lettre, évidemment !

      Ils ont valeur symbolique sur la diminution du nombre de botanistes en France. Ils ont été avancés par Jean-Marie PELT lors d’une émission radiophonique il y a quelques années.

      Daniel Mathieu

    2. Tout à fait d’accord avec Rodolphe. D’où sortent ces chiffres? Si c’est J.M. Pelt qui les a avancés, à quelle études statistiques, du début du 20e siécle et actuelles, fait-il référence?
      j’habite Paris et, effectivement, peu de gens y connaissent les plantes car ils n’ont pas l’occasion d’en voir beaucoup mais cela ne signifie qu’ils ne s’intéressent pas à la botanique.
      Au cours de randonnées en Ile de-France les gens du groupe me posent toujours des questions au sujet de plantes rencontrées.
      Dans tous les domaines, pas seulement en Botanique, çà devient beaucoup plus intéressant si quelqu’un peut vous expliquer !

  9. Pierre Muller – Le Vigan

    La science « aimable » était très pratiquée au XXVIIème siècle par de savants médecins aux noms souvent
    accolés d’une particule… Les plantes par contre étaient reconnues par les gens des campagnes qui en connaissaient l’usage. Ceci doit être encore vrai dans de nombreuses régions du globe. Mais en France…?

    Inutile de revenir sur le consumérisme de nos concitoyens et le confinement dans les « pôles » et les mégapoles, milieux urbains artificialisés. Comment ce mode d’existence pourrait-il être compatible avec les nombreuses heures passées sur le terrain pour connaître notre Dame Nature ?

    Toutefois, les loisirs comme la randonnée pédestre avec de très nombreux adeptes confirment le besoin réel de contact avec le milieu naturel et facilitent une approche de la flore sauvage.

    Ceci dit, la demande existe réellement (les éditeurs le savent bien) d’une meilleure connaissance naturaliste et la vague médiatique actuelle, à la fois excessive et superficielle concernant l’environnement, la bio diversité etc. peut néanmoins inciter certains à s’engager plus profondément dans l’étude et la compréhension du milieu naturel.

    Pour ce qui est de la pratique de masse (comme au siècles passés) de l’usage et de la connaissance des plantes, je pense que la chaîne de la transmission a été rompue il y a déjà longtemps.

  10. La lecture des réponses à cet article m’indique que la situation n’apparaît pas catastrophique dans l’immédiat. Cepndant il est vrai que les jeunes accrochent peu aux sciences naturelles, sans doute en partie parce q’elles ne sont plus assez enseignées, en partie aussi parce que leur apprentissage peut sembler fastidieux et qu’en primaire on approfondit plus assez les matières.
    Le temps que chacun consacre à l’apprentissage d’une science est de plus en plus rongé par de multiples aperçus rapides déclenchés notamment par l’internet, qui pourtant est également un réel moyen d’améliorer ses connaissances.
    Il faut des gens passionnés pour transmettre ; là est la réponse qui ne vaut pas seulement pour la botanique. Ceux là seuls trouvent le ton qui fait passer le message. Naturaliste amateur, historien et archélogue de formation aujourd’hui en retraite, j’essaie souvent de partager le goût de la nature avec des lecteurs du web, cherchant un ton nouveau tout en essayant de maintenir une relative qualité scientifique. Puis-je réussir ? Je mets le site dont il est question en lien afin que quelques lecteurs m’adressent éventuellement des remarques.

    1. En contact avec des enfants en bas âge, je constate quíls se montrent enthousiastes quant à une initiation à la nature.
      Si des réflexions étaient menées sur la façon de proposer les choses au niveau éducatif,
      dès la maternelle,l’enthousiasme perdurerait peut-être ¡

  11. Permettez moi de vous donner un avis un peu extérieur puisque il y a relativement peu de temps que je me suis « mis » à la botanique.
    les raisons d’un déclin de l’engouement pour cette science ma paraissent assez nombreuses.

    1) Il faut conserver à l’esprit que la mode du « tout environnement » ne s’accompagne pas forcément d’une meilleure connaissance. Certes les gens ont plus conscience qu’avant des atteintes que nous pouvons porter par négligence ou esprit de lucre à notre environnement mais les connaissances en matière de sciences naturelles restent très mauvaises. je suis avant tout zoologiste et je puis vous assurer que les valeurs données par des gens choisis au hasard à propos du poids d’un castor ou de l’envergure d’un faucon crécerelle laissent rêveur.
    La botanique subit cette loi.

    2) Le mélange des genres n’est pas étranger à cette situation. L’intérêt croissant pour les jardins en lui-même plutôt positif tend à orienter le public vers la plante d’ornement le cultivar. Je connais des personnes qui déterminent un nombre remarquable de cultivars et qui ne font pas la différence entre la grande et la petite pervenche.

    3)A la différence des films animaliers il n’existe guère de documentaires botaniques qui captent l’attention du grand public

    4)Les guides de détermination sont souvent incomplets complexité de la matière oblige, mais sont de ce fait souvent décourageants. Ceux qui prétendent à une certaine exhaustivité
    manquent pour le débutant des informations de base sur ce qu’est le végétal, le jargon utilisé en devenant d’autant plus obscur.

    5) A une époque où la vitesse devient un travers relevant du psychologue, la plante par son immobilité n’est pas perçue comme un objet intéressant. On sent une fleur, on photographie une fleur, et c’est souvent tout.

    6) les sciences écologiques qui s’intéressent aux séries végétales, ou aux phytocénoses rebutent le public qui n’est pas préparé et de toute manière incapable de déterminer leurs composantes.

    7)Aujourd’hui l’abord de la botanique se fait par des biais précis. Plantes médicinales, aromatiques ou à usage culinaire. Il s’agit avant tout d’utilisation du monde végétal et non d’intérêt scientifique ou naturalistes.

    Je crois que le grand public s’éloigne de la botanique, mais également que les botanistes tendent à éloigner la botanique du grand public. C’est une dérive normale chaque fois qu’une augmentation des connaissances va de pair avec leur détention par un nombre restreint d’individus. Il faut ramener les gens vers le naturel, un jardin aussi bien entretenu qu’il soit, aussi beau qu’il soit n’est pas un morceau de nature, tout au plus une imitation. A nous tous, naturalistes et botanistes en particulier de faire de la plante un être vraiment vivant dans l’esprit du grand public.

  12. Je suis l’avis de certaines personnes.

    Combien de personnes savent encore faire cuire un aliment sans la plaque électrique ?
    Combien d’entre nous serait capable de survivre sans aller au supermarché ?

    Bref, la façon dont est apportée la question n’a pas de sens. La société se transforme, et de fait notre rapport aux objets naturels n’est pas le même… que se soient des plantes, des champignons, ou des bestioles…

    Une bonne question est celle de l’évolution de la discipline… mais c’est un peu vaste…

    Eric Imbert
    (Enseignant de Botanique à l’Université)

  13. Bonjour,

    Discussion très intéressante ! Je pense que la culture naturaliste a été, à la fin du XXe siècle, au bord de l’extinction (en France), pour reprendre une terminologie très en vogue actuellement. Elle reprend aujourd’hui un essor nouveau mais encore assez fragile.

    Mon analyse se base, sur une expérience personnelle, sur des faits réels, et sur les résultats d’une intéressante table ronde à laquelle j’ai assisté en Normandie le 23 août dernier, à l’initiative des clubs CPN (Connaître et Protéger la Nature), sur le thème « la culture naturaliste, enjeu du XXIè siècle » (rien que ça !).

    Expérience personnelle :

    D’abord, il faut dire que je suis un des nombreux « enfants » du journal la Hulotte (revue de vulgarisation scientifique sur la nature à destination du grand-public), revue à laquelle j’ai été abonné à l’âge de 7 ans (j’en ai maintenant 33). Avec quelques copains mordus de serpents, d’oiseaux et de plantes, nous avons ensuite créé notre club CPN lorsque nous étions au collège. Puis, nous avons tout naturellement fait des études scientifiques et trois des membres fondateurs de notre club exercent aujourd’hui une activité professionnelle dans les sciences de la nature. Fait intéressant à l’époque, notre club CPN était le seul club « naturaliste » parmi les 300 clubs que compte la francophonie !

    J’ai eu la chance d’avoir un grand-père proche de la nature qui a su me transmettre sa fibre, avec comme point de départ la pêche. Depuis, j’ai acquis un profil naturaliste assez diversifié : ornithologie, herpétologie, entomologie et botanique (depuis cinq ans). J’ai effectué mon service national en civil au sein de la Fédération nationale des Clubs CPN et puis j’y suis resté 7 ans : animation de clubs CPN, rédaction de cahiers techniques CPN, montage des campagnes d’action nationales (comme par exemple, l’opération 1000 mares pour l’an 2000).

    Après douze années de services dans différentes associations/ d’éducation à l’environnement et de protection de la nature (ce ne sont souvent pas les mêmes), j’en suis arrivé à croire que ces canaux ne sont pas adaptés à la diffusion de la culture naturaliste et à l’évolution des mentalités (et donc les comportements). Pourquoi ? Parce que ces associations ont peu de moyens, elles touchent trop peu de personnes et concernent avant tout des publics déjà acquis à la cause environnementale. L’effet de seuil au delà duquel une part substantielle de la population française se sent concerné par un sujet et au delà duquel s’opère un « basculement » de posture (autre que législatif) n’a jamais été atteint.

    Désormais, je préfère m’investir dans des réseaux coopératifs (ONEM, Tela-botanica), qui permettent de toucher un public beaucoup plus vaste, en particulier à l’occasion de programmes de sciences participatives. Coordinateur de plusieurs programmes d’enquêtes naturalistes (Saga pedo, Zerynthia/Aristolochia, Cigales), j’ai pu vérifier à quel point le grand-public se prend vite au jeu de ce type de programmes. Beaucoup de personnes qui ont fait l’effort de participer une fois à un programme deviennent des « accros », c’est à dire qu’ils enquêtent constamment autour de chez eux sur les autres programmes auxquels ils n’ont pas encore contribué. Quand on sait que l’enquête Saga pedo a permis à plus de mille personnes de transmettre des données (parmi lesquels on ne compte environ que 10% de naturalistes), on peut imaginer le facteur démultiplicateur que peuvent avoir ces personnes pour les autres programmes participatifs du réseau.

    Les faits réels

    Les anciennes sociétés savantes du XIXe siècle, qui rayonnaient autour des Muséum d’Histoire Naturelle sont aujourd’hui très mal en point. Elles souvent réduites à ce jour à une poignée de membres irréductibles mais très âgés et qui ne parviennent plus à recruter des jeunes naturalistes (elles sont donc condamnées à disparaître complètement d’ici une à deux décennies) . Leurs revues savantes regorgent pourtant d’articles qui démontrent quel était l’importance du bouillonnement naturaliste au XIXe et première moitié du XXe siècle.

    De plus, les sciences de la nature, en particulier la botanique, l’entomologie ou la taxonomie ne sont plus enseignées depuis longtemps dans les facultés. Il en résulte que les nouvelles générations d’étudiants n’ont plus du tout cette connaissance de la nature qu’on pu avoir leur aïeuls. Même les personnes qui n’ont pas été au Lycée ou au Collège et qui se sont arrêtées au Certificat d’Etudes primaires élémentaires ont une meilleure connaissance de la nature que les gens de ma génération car les « leçons de choses » (instituées par Jules Ferry par l’arrêté du 27 juillet 1882)
    permettaient de mettre un nom sur bon nombres de plantes et d’animaux usuels et communs. Le chiffre de 50.000 français susceptibles de reconnaître des plantes sauvages dans la nature au début du XXe n’est donc pas du tout surprenant. Mais aujourd’hui, plus personne dans mon village de 800 âmes n’est capable de reconnaître un simple moineau, à l’exception des « anciens ».

    Autre constat alarmant, les 3/4 des professeurs des écoles recrutés depuis une dizaine d’années par l’éducation nationale proviennent de cursus littéraires et d’histoire-géographie. Or, l’on sait parfaitement que les littéraires sont souvent fâchées avec les sciences, en particulier avec les sciences qui ne sont « exactes » telles que les sciences naturelles. Ma femme qui est professeur des écoles (mais avec un profil d’ingénieur écologue !) a pu souvent le constater… Le drame, c’est que les enfants acquièrent leurs principales connaissances et représentations de leur environnement dans leurs premières années de scolarité. Si on attend donc la classe de sixième pour enseigner un vrai programme de sciences naturelles, c’est trop tard. D’ailleurs, les collégiens se désintéressent beaucoup de cette discipline jugée marginale. Nous sommes donc en train de construire des générations d’ignares en matière d’écologie scientifique, de biologie, de nature… Dans un contexte de réchauffement climatique, de Lois grenelle restrictives, de taxe carbone, etc, cela paraît assez surréaliste !

    La table ronde sur le thème « la culture naturaliste, enjeu du XXIè siècle »

    Cette table ronde réunissait des membres de la Fédération nationale des clubs CPN (François Lenormand et Quentin Rouy), Alain Bougrain-Dubourg (Ligue de Protection des Oiseaux), Jérôme Chaïb (botaniste, Agence Régionale de l’Environnement de Haute-Normandie), Thierry Lecomte (scientifique, Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande), Maïa Martin (Université de Rouen, département Sociologie) et Joël Ouf (Centre Régional d’Education à l’Environnement de Haute-Normandie).

    Petite liste de questions posées aux intervenants
    > Où en est le rapport de l’Homme à la Nature ?
    > Eduquer à la nature contribue-t-il vraiment à améliorer l’état de biodiversité ?
    > Faut-il parler de nature ou de biodiversité ?
    > On parle d’érosion de la culture naturaliste : mythe ou réalité ?
    > Si c’est vrai, a-t-on une chance d’inverser la tendance ? A qui de jouer ?

    Les réponses ont été sans appel, je résume :
    – plus ça va moins ça va (et ce sont des professionnel de l’éducation et la protection de la nature qui le disent) : la destruction de la nature continue et la population est de plus en plus ignorante !
    – à force de parler de biodiversité, de développement durable, on en oublie ce qu’est la nature. La nature, c’est avant tout une nature « ordinaire », ce ne sont pas des réserves ou des parcs nationaux.
    – la culture naturaliste disparaît au fur et à mesure que les générations précédentes s’éteignent (j’ai déjà cité les causes structurelles concernant les processus éducatifs plus haut dans l’argumentaire)
    – la population française est de plus en plus urbaine (même à la campagne !) et la coupure avec la nature s’est profondément creusée (beaucoup d’enfants d’aujourd’hui n’ont jamais vu de vaches)
    – les ingrédients pour former de nouveaux naturalistes : d’après une étude menée par la Fédération des clubs CPN, ils doivent être jeunes (1), ils doivent avoir accès à des livres qui parlent de la nature (2) et ils doivent rencontrer des naturalistes (3).

    1. Merci Christophe pour cet intéressant partage, bien argumenté et documenté, à mon goût.
      Comme vous tous, je me sens concernée,en étant toutefois beaucoup moins avertie que la plupart d’entre vous.(artiste et peintre décorateur de métier, passionnée de photo, entre autres)
      J’ai eu aussi une merveilleuse arrière grand mère généreuse et espiègle,
      grande amoureuse de la botanique..qui m’a amenée dans son univers, pour mon grand bonheur.
      Il semble que la chance d’aborder la nature avec respect et amour soit très souvent liée à nos « anciens ».

      Je suis maman d’un petit garçon de bientôt 4 ans avec qui je reproduis avec conviction cette « proposition ».
      Je constate avec mon fils, comme avec de nombreux autres enfants qu’une implication en finesse les lséduit beaucoup.
      Ils adorent participer dans le concret, et se sentir responsables pour le bien, passer un message, protéger…à leur niveau !!
      Et ces sentiments suscités par des rapports réels à la nature paraissent visiblement forts.

      en tant que mamans »attentives », IL NE NOUS EST PAS FACILE DE TROUVER, AU sein d’organismes officiels, des activités visant à initier nos enfants à la conaissance de leur terre.
      bibliothèques, MVC, associations diverses ne disposant pas de budget pour cela.
      Le virtuel semble être un grand croqueur d’ailleurs !
      Ce même virtuel qui me permet de vous lire, qui nous apporte tant de choses aussi, ne pourrait-il pas nous aider à sensibiliser ?
      La question, entre autres que je me pose :
      comment pouvoir réunir nos volontés,
      comment pouvoir toucher les « décideurs » pour une réelle application.
      Les tables rondes, colloques, enquêtes,..tous ces reportages qui nous touchent..montrent bien que l’on doit agir pour faire évoluer mentalement nos enfants .

    2. toujours la même maman se demande s’il y aurait moyen d’avoir un quelconque impact….peut-être grâce à Tela Botanica, qui véhicule beaucoup d’avis ?..
      Merci Tela Botanica ¡¡

      Aux personnes établissant les programmes éducatifs de nos petits :

      Vite ¡¡ apprenez aussi la nature à nos enfants ..¡¡
      comment se réunir, comment les toucher dans la masse ?

      D’autant que cet apprentissage nécessaire à l’environnement, s’avère bien  »equilibrant pour un être.

      A cette époque de notre histoire, nous avons du mal à tout concilier, tout le monde le sait…Il n’est pas toujours aisé de sauver du temps, avec l’âme qui convient.

      Il serait précieux d’aider les parents à agir en favorisant des activités.

      On peut se plaindre du vieillissement de groupes de personnes « averties », trésors de connaissances…

      A nous tous de préparer nos jeunes à en devenir aussi !

  14. De moins en moins, et cela n’est pas nouveau! La botanique « jouit » d’une réputation poussiéreuse auprès de la majorité des étudiants…et de nombreux universitaires pour qui le recrutement d’un botaniste ne fait pas le poids à côté du recrutement d’un moléculariste!!D’où la diminution lente, mais progressive, de la passion herborisante! (qui persiste cependant comme passe-temps agréable pour certains).
    D’une façon générale, c’est le végétal dans son ensemble qui traverse une phase difficile, car la création variétale, la biotechnologie végétale, la physiologie végétale, la phytopathologie ne passionnent plus guère les étudiants (modules « végétaux » optionnelsnon ouverts depuis plusieurs années dans diverses Universités).
    Quelle explication proposée? Eh bien, c’est justement le problème! Un faisceau de présomptions existe, mais pas de preuves réelles et admises par la majorité des enseignants et des chercheurs (car le phénomène touche aussi la recherche).

  15. Toutes les avis exprimés sont intéressants, mais je trouve qu’ils s’éloignent du fait décrit (il y a beacoup moins de personnes qui savent reconnaître une plante aujourd’hui qu’hier) et de la question posée (pourquoi un tel désintérêt pour le monde végétal ?).

    Il y a de cela fort longtemps, la réalisation d’un herbier était une activité importante à l’école primaire et à l’Ecole Normale qui formaient les instituteurs et institutrices. Ces activités sont depuis quelques décennies presque complètment abandonnées ou réduites à peu de chose. Nos anciens connaissaient donc beaucoup plus de plantes que les citoyens d’aujourd’hui où les programmes scolaires s’intéressent à d’autres sujets.

    Deuxième point : à mon avis ce n’est pas parce que les gens ne reconnaissent pas beaucoup de plantes qu’ils ne s’intéressent pas au monde végétal. Ils voudraient bien le connaître, mais cet apprentissage est long et les adultes ont souvent bien d’autres choses à faire.

    Enfin, on ne peut pas s’étonner de l’intérêt de certains pour l’environnement et de leur désintérêt pour la connaissance de la nature. La notion d’environnement recouvre beaucoup de choses très différentes. Par exemple, pour beaucoup de gens la préoccupation environnementale est d’abord une préoccupation de santé.

  16. Qui sont ces 50000 personnes?
    Si, c’est juste des éleveurs de cochon industriel capables de voir que les pauvres bêtes qu’ils élèvent n’aiment pas les rumex et autres amarantes nitrophiles… Pas trés scientifique cette allégation!
    Il se trouve, bien sur, en campagne, des personnes qui ont une certaine connaissance des plantes et de leur usage.
    Mais, ne se transmettent facilement que les notions qui présentent au béotien un intérêt. Ceci vaut pour toutes les disciplines.
    J’enseigne encore (malgré mon grand âge) les SVT en collège, et la deuxième heure de cours en sixième est une sortie autour du collège avec ,entre autre, une recherche-réflexion surle thème: »les humains utilisent les plantes ». C’est en général trés productif!
    Pourquoi?
    Parce que la botanique est abordée dans une optique de relations entre les êtres vivants.
    Qu’est-ce qu’un élève de sixième qu’on veut passionner a à foûtre que le houx soit dioique ou monoique?
    bien plus va le passionner de découvrir les trésors d’adaptations de la sauge et ses étamines à pédalle, de
    l’ophrys apiféra et son leurre sexuel,
    de la malodorante fleur de l’arum dracunculus…
    Et oui, bien sur, va venir le reproche de l’antropomorphisme…
    J’assume, Un élève de sixième est suceptible d’être accroché par des approches trés connotées antropomorphiques… Et alors?
    Accroché, là est l’essentiel. Ce n’est pas à onze ans qu’on a un esprit scientifique. A cet âge là, on est curieux. Quelle aubaine pour le prof!
    Alors, on montre comment les plantes sont « intelligentes, adaptées,..
    Qu’importe l’antropomorphisme?
    Ils ont onze ans.
    Ils ont le temps( et je m’y emploie)pour devenir rationnel et scientifiquement correct!
    Sur 100 graines qu’on sème, on sait que seules quelques unes germeront.
    Alors, je sème les graines d’une botanique dynamique qui fait de la cerise un modèle d’objet de séduction aux fins de conquête des milieux.
    Allez, vous voulez que la botanique intéresse les gens, et bien rendez la intéressante!

  17. Excellent débat et réflexions!
    Je suis moi-même botaniste et passionnée du « végétal » depuis toujours. Ma structure professionnelle est basée sur cette passion.

    A la lecture de tous ces commentaires, je peux simplement exprimer avec du recul et de l’expérience sur le terrain, qu’il serait souhaitable d’enseigner ou d’informer autant les enfants à l’école que les adultes sous des formes très pratiques et même ludiques cette notion de « l’indispensable » de la
    connaissance du végétal en général.

    Sans être un botaniste confirmé, mais apprendre simplement et permettre à tous d’avoir un regard plus « conscient » de l’importance vitale des plantes.
    Sachant que les fruits et légumes qui font partis de notre alimentation sont aussi important que les plantes médicinales que l’on peut apprendre et utiliser dans notre quotidien à titre préventif.

  18. Je ne ressens pas de nouvel engouement pour la botanique puisque je pratique cette science depuis plus d’un demi-siècle !

    Une discipline ne peut « séduire » qu’à condition d’avoir été préalablement enseignée correctement ! Or il n’y a pratiquement plus d’enseignement de botanique en France (sauf dans des établissements spécialisés – horticoles ou forestiers) depuis une dizaine d’années ! Cette discipline a été absorbée par les « Sciences de la V ie », de conception très généraliste, souvent même « moléculariste »).

    Les raisons de la disparition de la botanique dans l’enseignement remontent au rapport « Sciences de la Vie et Société » remis par les trois Prix Nobel français (Institut Pasteur) au Président de la République en 1979 (Sur 228 pages, une seule ligne fait mention de la botanique !).

    Aujourd’hui, il n’y a plus guère que les sociétés botaniques régionales ou locales et la Société Botanique de France ainsi que « Tela-Botanica » qui attirent ou rassemblent des botanistes.

    Enfin, il ne faut pas mélanger les problèmes relatifs aux connaissances botaniques et ceux relatifs à l' »environnement ». Les sensibilisations, motivations et surtout niveaux de perception des phénomènes ne sont pas les mêmes !

    René Delpech 84290 Ste Cécile-les-vignes

  19. Bonjour,

    J’ai vécu quelques temps en Australie ou j’ai pu remarquer que la population avait une culture naturaliste bien supérieure à ce que l’on peut voir en France et ce pour différentes raisons:
    – Un réseau de parcs d’état et fédéraux très développé (+ou – de 20% de la surface contre 1 ou 2 % en France) y compris en milieu urbain (80% de la population est urbaine!!). Une information constante sur la flore, sur la faune , sur l’écologie et sur l’utilité de préserver l’environnement est faite. Ces parcs sont souvent très accessibles et sont aussi un moteur de leur économie.
    – Les associations sont nombreuses et bien organisées. Peu de fond publics mais ceci leur garantie une certaine indépendance (et évite pas mal de malversation comme on peu en voir en France). Elles organisent des sorties, luttent contre les espèces invasives et promeuvent l’utilisation de plantes autochtones pour embellir les jardins. Rien de cela en France ou l’arrivée d’une espèce exotique dans les milieux naturels, réjouit les botanistes. Pratiquement rien en France sur la limitation de l’importation des espèces horticoles.
    – les scientifiques Australiens sont également très impliquées dans l’éducation et la conservation de l’environnement. Les structures ambauchent pas seulement des botanistes mais aussi des gens qui ont en plus de solides formations scientifiques: leur études sont carrés, les résultats et conclusions sont argumentés et aboutissent à des choses concrètes car non contestables. Peu d’usines à gaz comme en France.

    Il faut aussi remettre en question l’organisation de certaines institutions en France.
    Certaines associations sont dirigées en sous main par des bureaux d’études et soustraitent avec eux. Quel intérêt de former et de conserver de jeunes naturalistes et botanistes qui les concurrenceraient.
    Des bureaux d’études sont aussi dans des universités (dirigés par d’iminants « professeurs ») et exploitent des étudiants qui croient faire de la recherche en botanique et en écologie.
    Que dire de tous ces stagiaires que l’on envoie seul sur le terrain avec un encadrement limité.
    Le but de tout cela faire de l’argent, la conservation et la qualité des études (tout comme l’amélioration de la connaissance botanique) passe en second plan.
    Comment ne pas dégoûter les jeunes et les détourner de la botanique.

    Il existe des lois pour conserver les plantes mais elles sont mal respectées en France voir dérogées; Notre environnement se dégrade et il faut être bigrement motivé pour faire de la conservation.

    On ne peut parler de la botanique en France sans parler de la phytosociologie. Si cette discipline peut présenter certains intérêts elle occulte en France beaucoup d’autres disciplines comme l’écologie végétale et même la biologie de la conservation.
    Cette discipline est en effet descriptive et constitue souvent une fin en soit pour ne pas dire un cul de sac (pas très motivant pour les jeunes).Les pays Anglo-saxons sont depuis longtemps sortis de ce carcan et réalisent de nombreuses études sur les milieux naturels qui aboutissent à des actions de conservations. Je citerais un exemple, les suivis d’habitats qui font largement appel à la botanique et qui permette de chiffrer la perte ou les gains de biodiversité (végétale et autre) et ainsi de constituer des arguments de poids pour mener des actions de conservation des plantes (c’est ça qui motive du monde aussi). Très peu de cas concrets comme cela en France.

    Bref, je pense qu’il faudrait que la botanique française balaie un peu devant sa porte et les choses iraient un peu mieux aussi (mais ce n’est pas la seule discipline concernée).
    Il y a pas mal de gens que la botanique intéresse en France mais il faut aussi créer un cadre qui leur donne envie de continuer et d’approfondir leurs connaissances

    1. Tout à fait d’accord avec ceette intervention.Ce qui est décrit etait deja percptible il y a 20 ans lorsque j’ai quitté la botanique universitaire pour d’autres activités.

  20. Bonjour

    Comment partager sa passion pour la botanique ? La mienne vient de mes parents, ma mère botaniste (phytopathologiste pour les connaisseurs) et un père chimiste de l’environnement au Muséum. Pour ma part j’ai fait des études de pharmacie et j’ai été très satisfaite de l’enseignement en systématique, biologie végétale et surtout chimie des plantes, mais cela n’aurait été rien sans le terrain que j’ai fait quasiment seule ou en proche famille.
    J’essaie de transmettre cette passion aux plus jeunes en écrivant des romans « jeunesse » en collaboration avec les éditions « le Pommier » , les aventures d’une jeune collégien « Thomas L’Aristoloche » fou de botanique qui nous fait découvrir les plantes au fil de ses aventures. Les romans sont complétés par un blog (thomaslaristoloche.blogspot.com)que j’essaie d’alimenter très régulièrement avec anecdotes, propositions desortie, devinettes…
    Je vais aussi dans les classes et là je peux vous affirmer que vous devez garder espoir car les plantes, les enfants en rafollent et sont demandeurs. Bien sûr, encore faut-il qu’ils aient les enseignants motivés et formés à cette approche.
    Guillemette RESPLANDY

  21. Oui je pense qu’il y a un grand nombre de cueilleur qui sommeille, surtout parmi les jeunes, là où l’ont croyez qu’ils pouvaient être inexistants, les quartiers défavorisés dans nos villes plus ou moins polluées par tellement de choses ? Mais aussi les écoles, collèges et lycées. En tant que Président fondateur de notre association (Arborescence et Vie), je vous fais part d’une expérience qui a pris naissance depuis début mars 2009. Notre Campagne pédagogique et citoyenne de plantation de graines d’Arbres, d’arbustes, de plantes et fleurs envers et avec les jeunes « A Vos Graines Citoyens ». Notre campagne consiste à remettre aux jeunes, des sachets de graines avec leur godet et terreau, lors de journées nature, par l’apprentissage de création leur semi. Plus tard leur plant iront rejoindre le lieu de plantation, soit mini arboretum de proximité, mini verger ou potager suivant le chois fait. Notre campagne a dores et déjà le soutien comme partenaire de : la Communauté de Commune du Pôle Azur Provence (dont les cinq communes, à notre demande, ont mise à notre disposition des espaces de plantations dans chaque quartiers), la Caisse d’Epargne, l’Association Planète Sciences et plusieurs partenaires associatifs des quartiers défavorisés. Un programme de suivis annuel avec les écoles, collèges, lycées et associations de quartier se développe.
    Nous sommes aujourd’hui à plus de 1 000 jeunes participants et nous finirons aux environs de 2500 d’ici la fin décembre 2009 pour notre première action. Nos objectifs 2010 sont de 9000 à 12 000 jeunes et moins jeunes participants sur la Région PACA, puis la création de la Pépinière » A Vos Graines Citoyens ». Ensuite, avec l’aide d’autres associations, nous allons nous étendre sur l’ensemble de la France et de la Méditerranée. Des accords avec certaines associations Méditerranéens sont concrétisés. Reconnecter les jeunes de toutes classes par la nature et le symbole de l’Arbre.

    J’espère avoir le plaisir de pouvoir sensibiliser, voire prendre part à cette action, tous ceux qui le pourront – aujourd’hui, pour les mois et années à venir. Votre simple participation, même symbolique, aura une grande importance pour nous et tous les jeunes pour qui le « vivant » n’existe pas ou pas vraiment, pourtant l’arbre reste un symbole pour tous les peuples, exemple sur les places de tous nos anciens Villages. Comme dit très naturellement Isabelle VERZENI , lorsque nous avons la passion de la nature on fait toujours de belles rencontres.
    Je vous présente, Mesdames et Messieurs, mes sincères pensées écologiques. Vous remerciant d’avoir pris sur votre temps pour nous lire et pour la diffusion, que vous donnerez à notre action autour de vous. Merci à Téla-botanique quel bel outil !
    Sauveur Gaëtan MARESCHI : Président fondateur de l’Association Arborescence et Vie.
    Administrateur et Trésorier de Planète Sciences.
    Email : info@arboretumdusarroudier.com

    1. très bonnes idées pour transmettre, j’en prends de la graine pour essayer de monter un projet, merci

  22. La nature , on en fait partie, qu’on le veuille ou pas, on en est un petit élément.
    Je me suis toujours intéressée à ceux et ce qui m’entoure, c’est donc dans cet esprit que, lorsque je suis dehors, chaque plante que je croise attire mon attention, quel que soit le lieu.
    J’observe donc volontiers les milieux différents, leur comportement, leur état. En ce moment, je sens la sècheresse dans les forêts, malgré le vert apparent. En forêt, les troënes fanés, la terre sèche sous les feuilles mortes sont des états qui me troublent. Je vis des moments bien plus heureux pendant les cueillettes, la nature est généreuse ! J’ai toujours été une cueilleuse, j’ai l’impression d’avoir ça en moi. J’ai donc appris à reconnaître les plantes comestibles en premier, puis celles qui les entourent. Il est vrai que l’on surprend son entourage dans ce cas, « comment, tu en reconnais des plantes ! et en plus tu les consommes !! » ça intrigue, on est content de me côtoyer pendant une balade, mais ça ne va pas plus loin, juste une étrangeté de plus dont on pourra parler. Pourtant, que j’aimerais partager et transmettre, et c’est sur Internet qu’on retrouve plus facilement cette possibilité, n’est-ce pas paradoxal ?
    Il reste quelques cueilleurs, quelques curieux,presque tous autodidactes, vu la rareté des formations offertes. J’ai eu la chance d’avoir une mère aux mêmes sensibilités qui m’a initiée, le reste a suivi. J’espère juste avoir assuré la transmission à mes enfants.

  23. Personnellement, je suis en première dans l’Yonne,j’ai tout juste 16 ans et j’ai commencé la botanique tout petit, et tout doucement, mais maintenant je suis un vrai accro et je fais partie de plusieurs programmes, et j’en parle avec des copains. A l’heure actuelle, comme cela a surement été déjà dit, la botanique est repoussante pour un bon nombre de jeunes. Pour eux l’étude des plantes est quelque chose de sans valeur, la réaction est du type : »tu veux faire quoi plus tard ? dans la botanique ? c’est quoi ça ? c’est nul .un an d’études après le bac, peut-être…je t’aurais plutôt vu dans médecine, un truc bien, quoi… » Alors plus j’en parle, plus ça intéresse. Mais ce qui permet un engouement plus important, c’est de faire vivre une histoire autour du monde qui nous entoure, autour des plantes que l’on voit. Par exemple, quand je leur raconte les usages médicinaux, les superstitions autour d’une espèce ou que je met sa présence en relation avec d’autres choses, cela permet de ne pas voir les plantes comme un décor inutile, quitte à prendre des risques sur la véracité des usages médicinaux. Enfin, ce que je veux dire c’est que la botanique dans les flores, la systématique est très intéressante, mais elle devient passionnante lorsqu’on cherche à la transmettre, à montrer les liens infinis entre toutes les individualités, à ne pas se contenter d’un étiquette sur ta plante séchée et puis au suivant. Non, il faut voir ça comme un immense puzzle ou le but serait de connaitre un peu des correspondances avec d’autre pièces, où la science serait là pour nous aider à clarifier un peu les idées, sans pour autant nous faire perdre le plaisir de jouer, de s’émouvoir et en gardant notre nature humaine en nous, pleine d’un interaction plus forte avec ce qui nous entoure, pas uniquement cantonné à des petits détails peu intéressants. Mais enfin la botanique en elle -même me paraît condamnée à un gros rétrécissement des effectifs des naturalistes d’ici peu, vu l’acharnement que met tout le corps enseignant à me dire que mes projets dans la botanique sont voués à l’échec et qu’il n’y aucun débouché même avec un très bon niveau. de ce côté il me semble qu’il y a un sacré effort à faire au niveau des formations et de l’orientation

    1. Salut Jonathan,
      je vois qu’à ton age tu as déjà tout compris ! Je ne doute pas que tu sois déjà un vrai botaniste et je te souhaite de continuer…
      Tes enseignants ont tort sur un point sur lequel ils auraient pourtant eu raison s’ils avaient mieux tempéré leur propos :
      « tu n’as aucun avenir dans la botanique, SAUF si tu es le meilleur », voilà ma réponse !
      En gros, c’est peut-être une voie sans issue a priori, mais pour un passioné qui travaille assiduement et intelligememnt (c.a.d. en connaissant bien le système et ses points forts points faibles, et en se faisant conseiller et aider par des botanistes + agés), tu trouveras toi même ton issue. A la seule condition d’etre le meilleur dans ton domaine et aussi de ne pas etre pressé (pressé de « réussir », de gagner de l’argent, etc.), mais çà je suppose, que tu l’as déjà compris.
      Amicalement,
      Errol.

  24. Comment faire découvrir et apprécier la botanique aux jeunes collégiens ? C’est une question que nous avons essayé d’appréhender dans le cadre d’une classe dite à PAC* (Projet Artistique et Culturel) menée avec une classe de 4° du collège de Marly Le Roi (dans les Yvelines, proche de Versailles) en collaboration avec un professeur de français et un professeur d’histoire (et oui, pas un prof de SVT, dommage !).
    Dans le cadre d’un atelier d’écriture et après une solide formation « en botanique » sur le terrain local, c’est-à-dire le parc du château et le potager du roi mais aussi les musées locaux (art de la parfumerie, plantes dans l’art, pharmacie du roi…) nous avons imposé un thème d’écriture : Louis XIV et les plantes. Ce fut une approche ludique tout en étant très intensive (séances réparties sur tout l’année) qui, à mon humble avis, les a ouverts sur une nature qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont choisi les plantes et les thèmes qu’ils préféraient : les plantes à poison les ont passionnés bien sûr, le travail de La Quintinie (créateur du potager du roi) les a également inspirés.
    Onze nouvelles ont été travaillées et retravaillées, puis mises en recueil sous le titre de « Intrigues botaniques à la cour du roi soleil », et publiées chez l’Harmattan (décembre 2009)

  25. En tous cas, la question suscite bien des réactions,et je souhaite ajouter un petit commentaire à ceux qui figurent ici: D’abord beaucoup de jeunes, voire très jeunes botanistes ont réagi, et parmi eux plusieurs parlent de l’importance de la transmission.

    Je suis en effet persuadée que sans être guidée dans la découverte des plantes c’est très difficile de progresser en botanique: Que ce soit pour connaître les bons coins, (pour les cueilleurs), les usages, les anecdotes, les meilleurs moyens de reproduire les plantes, la façon de reconnaître et de cuisiner les plantes comestibles, mais aussi pour tout ce qui concerne l’identification et la désignation des plantes.

    Parce que les flores même si elles sont très bien, très complètes, n’éclairent pas aussi bien que ne peut le faire une visite de terrain avec un connaisseur. C’est donc là que les associations naturalistes qui font de l’éducation à l’environnement ont un rôle majeur à jouer, en particulier en milieu scolaire.

    Il me semble que la transmission peut se fait de manière facile et naturelle dans les petites classes avec des sorties d’études et de jeux sur le terrain.

    Encore faut-il que les enseignants et les responsables de l’éducation en haut lieu encouragent les interventions des botanistes en milieu scolaire. La mise en place de ces interventions, au niveau administratif, est si compliquée que beaucoup d’enseignants se découragent.

    En milieu rural c’est naturellement plus facile car les enfants sont vite sur un lieu d’étude naturel, alors que pour les citadins il faut encore prévoir le déplacement des élèves…
    Ce qui est intéressant c’est alors d’arriver avec un support image vivant(film ou diaporama), où les enfants peuvent découvrir les plantes et en même temps des insectes, des oiseaux et des mammifères, ce qui est plus digeste, et leur permet d’entrevoir l’interaction entre le monde végétal et le monde animal, d’introduire aussi la notion de biodiversité, de souligner son importance (chaque petite plante, chaque insecte, chaque oiseau… compte!).

    Je pense qu’en décloisonnant l’approche de la botanique, en l’intégrant à une approche globale de la nature, il est plus facile de toucher le public qui aura ensuite envie , ou non…, d’approfondir ses connaissances du monde végétal.

  26. Je partage mon expérience d’animation de sorties depuis plus de vingt ans pour le grand public tantôt des adhérents d’associations naturalistes tantôt des clients de chaines commerciales. Je distingue l’intérêt pour les plantes de celui pour la botanique. Les plantes intéressent une bonne parti du public, mais la botanique est rébarbative, les noms latins font peur ! De l’intérêt pour les plantes il est possible de reporter lattention sur la botanique. Il faut partir du niveau des gens, de leur sensibilité de leur savoir et progressivement introduire des notions plus savantes en expliquant les mots, en faisant découvrir avec émerveillement les réalités vivantes, les astuces du vivant, les applications que l’homme en tire. L’usage des plantes est un biais souvent séduisant. L’ethnobotanique est une source d’information précieuse pour engager la discussion, réveiller des souvenirs. « Ma grand mère faisait…  » Quand la plante s’y prête elle peut nous introduire dans le monde des l’évolution, de l’adaptation, de la science mais toujours en évitant de plaquer des mots effaroucheurs ou en les abordant par ce qu’ils apportent du sens

  27. Sur la vallée du Bédat, j’ai fondé le Jardin botanique d’Auvergne qui fonctionne encore aujourd’hui. Jardin botanique associatif fonctionnant uniquement avec des bénévoles. Deux jardins à vocation écologique ont été créé, un en plaine l’autre en altitude auxquels s’ajoute une école où je diffuse l’enseignement de la botanique sous un jour nouveau puisque je partage mon expérience professionnel dans la pratique des jardins. L’association c’est de 80 à 100 membres, dont une quinzaine s’investissent dans les jardins et environ 25 suivent l’enseignement que je propose.
    L’analyse que je peux faire en bientôt 15 années de fonctionnement, se résume ainsi. P

  28. Sur la vallée du Bédat, j’ai fondé le Jardin botanique d’Auvergne qui fonctionne encore aujourd’hui. Jardin botanique associatif fonctionnant uniquement avec des bénévoles. Deux jardins à vocation écologique ont été créés, un en plaine l’autre en altitude auxquels s’ajoute une école où je diffuse l’enseignement de la botanique sous un jour nouveau puisque je partage mon expérience professionnel dans la pratique des jardins. L’association c’est de 80 à 100 membres, dont une quinzaine s’investissent dans les jardins et environ 25 suivent l’enseignement que je propose.
    L’analyse que je peux faire en bientôt 15 années de fonctionnement, se résume ainsi. Peu d’anciens sont encore là, un turn over assez rapide s’est mis en place pour diverses raisons liées à la vie de chacun. L’intérêt de toutes les personnes que je côtoie est unanime ne se dément pas depuis la création. Tout le monde adore apprendre des choses sur la botanique ou les techniques qui font la vie des jardins botaniques (avoir des notions pour faire un herbier ou une collection de semences, savoir ce qu’est une collection végétale vivante… N’étant pas issu d’une université aucune relation ne s’établit, j’appartiens à un autre monde… Vous avez envie de réagir, faite le au 06 86 80 51 58

Répondre à Pierre Muller Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *