Création de l’Observatoire de l’ambroisie

L’envahissement progressif du territoire français par l’ambroisie constitue à la fois une
préoccupation de santé publique et une menace agricole en compromettant le rendement
des cultures.

Paris, le 21 juillet 2011
Communiqué de presse

Les ministères chargés de la Santé, de l’Agriculture et de l’Ecologie, et l’Institut national de
la recherche agronomique (Inra) annoncent, ce jour, la mise en place de l’Observatoire de
l’ambroisie. Ce dernier aura pour mission principale la coordination des moyens de lutte
contre cette plante hautement allergisante.
La progression de l’ambroisie est liée à de nombreux facteurs et son aptitude à occuper des
milieux très variés compliquent les interventions de son contrôle. Cette complexité a mis en
évidence le besoin d’une structure d’observation et de coordination sur la lutte contre l’ambroisie.
A l’instar d’actions entreprises dans d’autres pays européens, le ministère du Travail, de l’Emploi
et de la Santé, en collaboration avec l’Inra, et dans le cadre du Plan national santé environnement
2[[Cf. mesure « Lutter contre l’ambroisie » de l’action 22 « Prévenir les allergies » : Cf. http://www.sante.gouv.fr/deuxieme-plan-nationalsante-
environnement-pnse-2-2009-2013.html.]], a décidé de créer un Observatoire de l’ambroisie.
Celui-ci a pour mission de favoriser la coordination des actions menées au niveau national,
européen et international [[En concertation avec le ministère pilote, les autres ministères impliqués et en lien avec les actions menées par la Commission
européenne et l’International Ragweed Society (IRS)]]. Véritable centre de ressources de référence en matière d’ambroisie,
l’Observatoire répertoriera et contribuera à valoriser :
– la connaissance sur l’ambroisie, notamment sur ses effets sur la santé et les milieux,
– les actions de prévention, de lutte durable, de formation et d’information menées sur
l’ensemble du territoire national (et dans d’autres pays) dans le respect de
l’environnement,
– les données scientifiques, les travaux et projets de recherche ainsi que leurs applications.
Hébergé par l’Inra, l’Observatoire s’appuiera sur un comité d’organisation et un comité de pilotage
où seront représentés les ministères chargés de la Santé, de l’Agriculture et du Développement
durable, et les parties prenantes concernées par la présence de l’ambroisie.

Les activités de l’Observatoire s’adresseront au grand public, notamment les associations de
protection des usagers, aux différents ministères concernés, aux collectivités territoriales, aux
organismes publics de recherche, aux professionnels de la santé et du milieu agricole ainsi qu’aux
gestionnaires des différents milieux où l’espèce peut être présente.

L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante annuelle dont le pollen
très allergisant est responsable de diverses pathologies chez les sujets sensibles,
essentiellement de type respiratoires (rhinites, trachéite), parfois cutanées (urticaires). Dans 50%
des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition de l’asthme ou provoquer son
aggravation. On estime que 6 à 12 % de la population exposée est potentiellement allergique au
pollen de l’ambroisie.
En France, cette espèce envahissante est très présente en région Rhône-Alpes. Elle est en
expansion sur un territoire de plus en plus vaste non seulement dans les zones limitrophes de
cette région mais également en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Bourgogne, Pays-de-
la-Loire. Elle envahit les terrains vagues, le bord des routes et des chemins de fer, mais aussi
les terres agricoles et les espaces publics.

Contacts :
– Direction générale de la santé : 01.40.56.42.43
– Service presse INRA : Mathilde Maufras, tél : 01 42 75 91 69 ou presse@inra.fr
– Ministère de l’Ecologie : 01.40.81.18.07
– Ministère de l’Agriculture : 01.49.55.60.11

– Bruno Chauvel – chauvel@dijon.inra.fr
Observatoire de l’Ambroisie
adresse postale : Agro Sup Dijon – Bâtiment Combe Berthaux
26 boulevard du Docteur Petitjean – BP 87999
21079 Dijon

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Photo d’illustration : Ambrosia artemisiifolia, Mathieu Menand, licence CC (by-sa). Illustration tirée de la bibliothèque du Carnet en ligne.

4 commentaires

  1. Sachant que les multinationales semencières font des recherches et ont mis au point des variétés de tournesol OGM par mutagénèse (et donc échappant à la règlementation européenne en vigueur sur les OGM), je vois dans la création de cet observatoire un outil de propagande de ces firmes pour imposer ces OGM et crains aussi qu’elles n’en profite pour capter de l’argent publique pour l’extension de leurs recherches sur les OGM. Plutôt que de prendre cette voie, il est souhaitable que l’observatoire se concentre sur les causes de la prolifération de l’ambroisie (détérioration des sols et des milieux) et sur les causes de la multiplication actuelle des allergies.

    1. Connaissant très bien la personne en charge de cet observatoire, je ne peux que m’élever en faux contre le commentaire précédent! En particulier, si vous aviez cherché un petit peu sur Internet les publications de M. Chauvel, vous auriez vu qu’une grande partie de ses recherches a consisté à essayer de comprendre les causes de l’invasion de l’Ambroisie en France, en s’articulant autour de plusieurs axes de recherches : – écologie de la plante, – échappement aux herbicides, – évolution des pratiques culturales.
      J’en tiens une à votre disposition si vous le souhaitez.
      Par ailleurs, si la mutagénèse est équivalent à un OGM (transgénèse) pour vous, vous devez avoir réduit sérieusement la palette des fruits et légumes que vous mangez actuellement, la mutagénèse existant depuis 50 ans, en particulier pour tout ce qui est recherche de résistance aux maladies.

      Cordialement,

  2. Face à la multiplication de l’ambroisie, la réaction est de vouloir lutter contre elle. Mais pourquoi se multiplie-t-elle? Les travaux de Gérard Ducerf soulignent quelque chose d’intéressant concernant cette plante: elle est indicatrice d’un sol déstructuré, en passe de devenir un désert. Si elle se met à proliférer, ne serait-ce pas parce que nos activités (ou autre raison) détruisent peu à peu les sols? Evidemment, c’est sans doute plus facile de partir en guerre contre un ennemi clairement identifié que de se remettre soi-même en question…

    1. Pourtant j’ai observé l’Ambroisie dans de nombreux habitats, allant de la friche à la prairie humide peu pâturée (en passant par toutes les prairies cultivées). J’en ai même rencontré en sous-bois (tout ça dans le Pilat rhodanien). Certains de ces sols ne correspondent pas à des sols « déserts ».

      Cordialement,

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