Caulerpe, l’algue invasive, disparaît mystérieusement

Caulerpa taxifolia s'essouffle-t-elle ? Terreur des herbiers de posidonies, peste marine censée coloniser toutes les côtes de Méditerranée, l'algue invasive échappée d'un aquarium monégasque il y a vingt-sept ans semble à présent disparaître ! Ce retournement de situation inespéré est toutefois à accueillir avec prudence...

Caulerpa taxifolia s’essouffle-t-elle ? Terreur des herbiers de posidonies, peste marine censée coloniser toutes les côtes de Méditerranée, l’algue invasive échappée d’un aquarium monégasque il y a vingt-sept ans semble à présent disparaître ! Ce retournement de situation inespéré est toutefois à accueillir avec prudence…
Une victoire sur la caulerpe ? Cela semble trop beau pour être vrai, tant, dans les années 1990 et 2000, on aurait pu croire à une attaque extraterrestre. Les médias renvoyaient l’image de scientifiques affolés (avec raison) face à la prolifération et aux dégâts du petit envahisseur vert. Arrachage, herbicides, vaporisation ou mise à l’obscurité sous une bâche, aucun moyen de lutte ne semblait efficace. Le nom de Caulerpa taxifolia résonnait avec horreur aux oreilles de tout gestionnaire ou professionnel du littoral méditerranéen français, italien, espagnol et évidemment monégasque.

C’est qu’en 1984, la boîte de Pandore avait pris la forme d’un aquarium du musée océanographique de la principauté. Des analyses génétiques l’ont confirmé. Le petit mètre carré aux pieds de l’institution où elle poussait lors de sa première identification n’a pas suffi à l’innocente algue tropicale censée ne pouvoir survivre qu’en culture… Elle a eu la folie des grandeurs et en 1989, contrôlait un hectare.

Une prolifération inattendue et incontrôlable
Comme pour les baobabs que le Petit Prince doit arracher lorsqu’ils sont petits, sous peine de voir son astéroïde envahi par les racines, il aurait alors été encore possible de stopper l’invasion. Mais, raconte Alexandre Meinesz, biologiste marin appelé à l’époque pour identifier le problème, la caulerpe s’est propagée à la vitesse de l’éclair. Elle s’est rapidement étendue sur les 200 km de côtes de chaque côté de Monaco puis en vingt ans, sur près de 15.000 hectares. Le chercheur s’occupe depuis du suivi de l’invasion et a du mal à croire qu’elle n’aurait été qu’un feu de paille de vingt-sept ans.

Lire la suite de l’article de Jean-Emmanuel Rattinacannou du 31/08/2011 sur le site de Futura-Sciences.

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Image d’illustration : Caulerpa taxifolia par National Oceanic and Atmospheric Administration, domaine public.

3 commentaires

  1. Du point de vue de la biologie des invasions, ce n’est pas un phénomène si surprenant en soi : après les phases d’explosion invasive, on assiste généralement à une phase de régression/stagnation avec apparition d’un nouvel équilibre (avec ou sans l’espèce envahissante). Le problème est qu’on ne peut pas prédire la durée de la phase de développement incontrôlable et surtout qu’on ne peut pas prédire non plus l’état de la biodiversité indigène après cette invasion!

    Cordialement

  2. Bonjour, des observations faites en Tunisie montreraient qu’elle est sensible à de trop fortes salinités, d’une part et, d’autre part, que le succès fulgurant de sa consœur Caulerpa cylindracea lui laisse de moins en moins de champ libre.
    Cordialement

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