Projet de modification des arrêtés de protection : réaction de la SFO

Le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie vient de lancer une consultation sur des projets de modification des arrêtés concernant d’une part « les arrêtés listant les espèces végétales protégées à l’échelon régional » et d’autre part « l’arrêté du 20 janvier 1982 relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l’ensemble du territoire national »[[ Voir l’article du 01/08/2012 « Espèces végétales protégées : nouveaux projets d’arrêtés et de plans nationaux d’actions » sur Tela.

Si la Société française d’Orchidophilie (SFO) se félicite de la diminution de la contrainte administrative pour la gestion des espaces naturels dans un but conservatoire d’espèces végétales tel que proposé dans les projets de modification, elle reste particulièrement opposée à l’élargissement des champs de non application des interdictions. Notamment, elle dénonce les risques que posent les actions « COURANTES » de gestionnaires/acteurs n’ayant pas a priori d’intérêt à la conservation des plantes protégées (chasseurs, forestiers, pêcheurs, etc.) en raison du flou des notions utilisées pour l’exploitation ou la gestion « COURANTE » et la non modification « NOTABLE » des milieux.

La SFO s’inquiète du fait, que vu l’écologie des orchidées (hors certaines zones de montagne) la plupart se trouveront systématiquement dans une des zones indiquées où des travaux d’exploitation et de gestion courante sont susceptibles de s’appliquer.

La SFO regrette également que dans la révision des espèces protégées, seule Orchis provincialis ait été retenue, même si ce n’est que pour des raisons techniques liées à la « Convention de Berne », alors que cette espèce n’est pas en danger (LC ; préoccupation mineure) sur notre territoire selon les travaux de cartographie et d’évaluation des risques d’extinction développés par la SFO, et repris dans la liste rouge des espèces en danger de l’UICN. Cette espèce ne présente pas pour la France de responsabilité de conservation globale, alors que d’autres espèces aux risques élevés de disparition de notre pays (classées EN ; en danger ou VU ; vulnérable), et d’enjeu global en raison de la présence d’une forte proportion de la population mondiale de l’espèce, ne sont pas protégées.

Pierre LAURENCHET
Président de la Société Française d’Orchidophilie (SFO)

www.sfo-asso.com
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Photo d’illustration : Orchis provincialis Balb. ex DC., par Paul Fabre, licence CC (by-sa). Illustration tirée de la galerie du Carnet en ligne.

1 commentaire

  1. Merci à la SFO d’avoir pris le temps de répondre à cette consultation, et surtout d’argumenter avec des espèces emblématiques et se prêtant bien au sujet. Beaucoup d’échanges ont eu lieu entre naturalistes, avec souvent des avis convergents (entre eux, et avec ceux de la SFO), mais bien souvent le temps et les idées d’argumentation manquent pour répondre convenablement.

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