OGM : le retour de bâton… ?

Hervé LOT a travaillé comme chercheur à l'INRA d'AVIGNON sur l'identification, la détection, l'épidémiologie de nombreux virus des cultures et la recherche de gènes de résistance durables contre ces virus. Il nous délivre ici son analyse sur le développement des OGM et nous donne son opinion sur la récente controverse au sujet des études de Gilles-Eric Seralini sur la nocivité des OGM Monsanto.

Hervé LOT a travaillé comme chercheur à l’INRA d’AVIGNON sur l’identification, la détection, l’épidémiologie de nombreux virus des cultures et la recherche de gènes de résistance durables contre ces virus. Il nous délivre ici son analyse sur le développement des OGM et nous donne son opinion sur la récente controverse au sujet des études de Gilles-Eric Seralini sur la nocivité des OGM Monsanto.

Petit Préambule

Les premières expériences scientifiques montrant la possibilité d’inclure dans un organisme vivant un ou plusieurs gènes « étrangers » et de le faire « s’exprimer » ont été publiées dans la fin des années 80 : elles ont été réalisées sur des plantes. Par la suite, la stratégie, impliquant des méthodes de biologie moléculaire, s’est développée chez l’animal, puis sur l’homme.

Dès le début des années 90, la multinationale US Monsanto, industriel chimique (productrice du fameux « agent orange », défoliant largement épandu au Vietnam) ayant élargi ses activités aux Biotechnologies publie des résultats montrant qu’elle savait produire des plantes transgéniques : un maïs rendu résistant à la pyrale (chenille très nuisible) en lui faisant produire une toxine, un tabac « résistant » à un virus… Le principe méthodologique a été breveté, verrouillant ainsi toutes les applications – qui auraient abouti – obtenues par des institutions publiques ou privées.

Devant les critiques d’un petit nombre de scientifiques, des arguments (parfois un tantinet obscurantistes) de groupes ou associations échaudés par certaines dérives de la recherche appliquée, Monsanto avançait – et continue plus de 20 ans après – des arguments très forts :

1) Les Organismes Génétiquement Modifiés permettront de nourrir une humanité qui atteindra 9 milliards d’ici 2020.

2) Les OGM permettront par ex. de faire produire par des plantes des vaccins contre des maladies contre lesquelles on est démuni (ex. « brandi » : un bananier générant des anticorps contre le paludisme). Je n’aborderai pas ici le cas des plantes et animaux-OGM pour produire des médicaments (molécules thérapeutiques comme l’insuline, anticorps, ex). Remarquons pourtant que quelques résultats patents émanent de petites « start-up « et non de grands groupes.

3) Les OGM permettront de produire des plantes résistantes à la sécheresse, des plantes résistantes à des maladies, des plantes réduisant les « intrants », en particulier les pesticides.

20 ans plus tard, quel est le bilan ?

Monsanto a travaillé essentiellement sur quelques espèces : le maïs, le soja, le coton, le colza et plus récemment le riz. Ce sont les plantes les plus cultivées dans le monde. Normal me direz-vous ! Le « hic », c’est que 95 % des plantes OGM dont ils vendent les semences sont résistantes à un herbicide total, le glyphosate (« Roundup »), le plus vendu dans le monde, pour lequel ils ont le brevet. La stratégie « géniale » de Monsanto a été d’élargir le marché du Roundup à la terre entière. En effet, il s’agissait d’un herbicide total « très bien » pour la SNCF ou les allées des parcs et jardins. En faisant des plantes transgéniques capables de neutraliser le Roundup, Monsanto en a fait un herbicide spécifique qui peut être utilisé sur toutes les cultures et dans le monde entier ! Monsanto a compris, avant ses concurrents, tout l’intérêt de la transgénèse pour rendre spécifiques des herbicides totaux, sans avoir à investir pour chercher des molécules spécifiques. Les quelques plantes résistantes à des virus ont révélé, qu’après quelques années, des souches du virus « contournent » cette résistance comme c’est souvent le cas des variétés résistantes obtenues par les méthodes de sélection traditionnelles. En 2011, l’autorisation a été donnée de commercialiser la variété de pomme de terre « Fortuna » résistante au mildiou, obtenu par la firme BASF (wait and see !).

Les enjeux économiques et « le petit village gaulois »

Très rapidement aux États-Unis (maïs, soja, coton) puis au Brésil et en Argentine (soja), et petit à petit en Asie (riz) et dans la plupart des pays d’Europe, Monsanto a imposé ses variétés et le Roundup en kit… À titre d’exemple, 60 % du soja cultivé dans le monde aujourd’hui est « Roundup Ready ». Le brevet du colza du même nom, échu en 2011, a été prolongé avec des clauses coercitives incroyables.

Les instances politiques et sanitaires ont avalisé les résultats obtenus par Monsanto et par des chercheurs dont il est prouvé qu’il y avait le plus souvent conflit d’intérêt. Par ailleurs, Monsanto ne s’est jamais caché d’un puissant lobbying à Bruxelles pour faire plier les plus réticents. Dès 1995, plusieurs articles, émanant d’équipes canadiennes, suédoises, françaises, ont montré que les plantes transgéniques n’étaient pas sans conséquence sur des rats : déjà l’augmentation du nombre de certains cancers était mise en évidence. Sous l’impulsion de quelques scientifiques, d’associations, des Verts… la France a obtenu un moratoire pour que des plantes OGM ne soient pas cultivées dans notre pays. Rappelons que quelques « fêlés » arrachaient les plants de maïs de champs d’expérimentations privés ou publics. La France, 1° économie agricole européenne est, à ce jour, quasiment la seule nation européenne qui a résisté.

Il faut rappeler ici l’intérêt de voir le documentaire de Marie-Monique Robin, diffusé sur ARTE en 2010, « le Monde selon Monsanto » : elle décrypte, sans contestation possible : 1) les incroyables conflits d’intérêt entre la FDA (Food and Drug Administration), le clan Bush, père et fils, et Monsanto, 2) Les conséquences économiques et sanitaires de l’utilisation du Roundup, en particulier chez les paysans des pays émergents, 3) les publications critiques de quelques chercheurs vilipendés (le DVD peut s’obtenir facilement sur le site d’ARTE).

Il faut dire que les bénéfices de Monsanto sont insolents et les enjeux actuels et à venir colossaux (sauf si…) Tout le monde peut connaître ou retrouver l’importance économique des espèces précitées, mais sachez, qu’à ce jour, le marché européen de protéines végétales est de 3 milliards d’euros. En France, certes on ne cultive pas d’OGM, mais ceux-ci rentrent dans la composition d’une part majeure de notre alimentation. Et cela, sans étiquetage, tant qu’on ne dépasse pas la norme de 0.9 % dans l’aliment (Quand on sait, l’effondrement des structures publiques chargées des contrôles et de la Répression des Fraudes, on frémit).

La publication française et la controverse

Gilles-Eric Seralini est un des très rares chercheurs, français et mondial, à vouloir s’accrocher à démontrer l’imposture des résultats publiés en faveur des OGM. Il s’est attaché, en particulier, à dénoncer la prise en compte d’études exclusivement réalisées sur une durée de 90 jours, et la nocivité du Roundup sur la santé (incidence de cancers et autres troubles graves). Il est l’auteur d’un certain nombre de publications qui ont été retoquées par les revues scientifiques à comité de lecture ou violemment critiquées.

La publication que lui et son équipe viennent de sortir dans une des revues les plus prestigieuses en matière de toxicologie, est novatrice. Pour la première fois, une étude aussi complète avec autant de variables (ex : les différentes doses du maïs transgénique ingéré et/ou d’herbicide) et sur une durée aussi longue (2 ans au lieu de 90 jours). Je ne commenterai pas les résultats, n’ayant pu, à ce jour lire la publication, mais vous les avez tous entendus dans vos médias favoris et subi « le choc des photos ».

Seralini a expliqué combien il avait reçu d’avertissements et de menaces de la part de collègues (« Pense à ta carrière ») et comment il avait vu le budget de son laboratoire fondre à mesure qu’il persistait dans ses recherches. Il ne s’est pas caché pour dire que l’étude (3 millions d’euros) avait été financée par 2 marques de grande distribution – soucieuses de leur image – et par la CRIGEN (Comité de Recherche Indépendant sur le Génie Génétique) présidée, non par un dangereux gauchiste ou « khmer vert », puisqu’il s’agit de Corinne Lepage ! Un des vice-présidents en est Jean-Marie Pelt, professeur d’Université très médiatique, défenseur de l’Écologie depuis la première heure, mais dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a jamais été le chantre de l’écologie politique !

Seralini a fait remarquer que le Comité de lecture avait accepté l’article après plusieurs mois d’analyse et que les résultats feraient l’objet d’une contre-expertise. Il a simplement dit « tout de go » qu’il réfuterait l’expertise de l’Agence de Sûreté des Aliments Européenne. Un certain nombre de chercheurs liés au lobby Monsanto pour leurs crédits de laboratoire, le professeur Fellous (spécialiste de Génétique Humaine… mais président de l’Association française des Biotechnologies) et des journaux comme « Le Monde » ont dénoncé cela. C. Lepage a rétorqué que les experts de cette Agence étaient juges et partis puisque c’était eux qui avaient « produit » les autorisations de vente des OGM mis sur le marché par Monsanto, et, en particulier leur fameux maïs NK 603 utilisé dans les expériences. On devine l’incidence sur la réputation de ses experts et sur l’avenir économique de Monsanto si, d’aventure, les résultats en question étaient confirmés !

Une autre critique (des mêmes) était que la souche de rat qu’il avait utilisée avait une forte propension à former des tumeurs. Séralini a simplement répondu qu’il a, par souci d’honnêteté scientifique, utilisé la même souche que les chercheurs de Monsanto.

C’est un comble et proprement scandaleux de voir certains esprits dégainer sur le champ, sans attendre la contre-expertise, et critiquer le lien entre l’équipe incriminée avec une « officine anti-OGM » : c’est David contre Goliath. Les mêmes ne semblent pas se poser de questions sur les conflits d’intérêt et le combat incroyable qu’a mené et que conduira Monsanto pour défendre ses intérêts.

À côté de ces études de Séralini et al. des recherches récentes publiées dans l’« European Journal of Agronomy » démontrent l’effet délétère dans le sol sur l’adsorption de micro-éléments déterminants et sur l’état microbiologique des sols, facteur clé des rendements.

Vous pouvez m’avancer qu’on s’acharne contre cette seule « méchante et capitaliste multinationale » Il faut savoir que le marché des semences (brevetées), clé de l’alimentation humaine et des animaux d’élevage, est aujourd’hui, au niveau mondial, dans les mains d’une petite dizaine de sociétés. Parmi elles, Monsanto occupe une place très largement dominante.

En guise de conclusion

J’espère avoir été objectif, même si, vous l’avez compris, il y a longtemps que pour des raisons scientifiques, économiques et éthiques, j’ai choisi mon camp. Je suis perplexe sur la confusion grandissante des esprits concernant l’apport des sciences – biologiques, climatiques, etc.. – sur un certain progrès de la société. La France manque cruellement d’émissions scientifiques de vulgarisation. Les vocations parmi les jeunes pour un métier scientifique et a fortiori de recherche régressent. Un pur rationaliste comme Claude Allègre (le malheureux !) devient relativiste quand il s’agit d’admettre un rôle majeur de l’activité humaine dans le réchauffement climatique. Toutes les découvertes scientifiques et technologiques ont leur revers de médaille et on a tous à l’esprit des exemples de dérives dans l’application de certaines recherches. L’Histoire de l’Art, depuis peu est enseignée, mais pas l’histoire ou la philosophie des Sciences.

Enfin, « last but not the least », il faut un contrôle démocratique de l’utilisation des découvertes scientifiques. Il s’agit d’un combat politique. Il faut exiger qu’il y ait des instances réellement indépendantes qui jugent du bien-fondé de la mise sur le marché d’un produit qu’il soit semence ou… médicament (cf. le livre récent concernant les médicaments inutiles voire dangereux). Admettrons nous encore longtemps qu’en France, le scandale de l’amiante n’ait toujours pas été jugé, qu’on continue à utiliser le Bisphénol A et les perturbateurs endocriniens, qu’on dit « arrêter » de donner de nouveaux permis d’exploration des gaz de schistes alors qu’en sous-main, il y a une cinquantaine de « forages » en cours, qu’on accepte que les industries pharmaceutiques (qui, après des bénéfices faramineux, ferment des pôles recherche et développement) – à court d’innovations – mettent sur le marché des médicaments de 2° et 3° génération sans avantage nouveau que celui d’être vendu plus cher, que Nestlé embouteille de l’eau partout dans le Monde, qu’elle vend à prix d’or à une « élite », et dans le même temps fait descendre les nappes phréatiques et assèche les puits artésiens (cf. Le remarquable Thema sur Arte le 1/09/2012), mais je m’arrête parce que sinon je vais parler du nucléaire….

Épilogue

« Dieu sait » que j’ai aimé mon métier de chercheur à l’INRA, même si ses choix résolument productivistes me dérangeaient souvent. Comme j’ai regretté le temps ou, bien que soumis à des évaluations tous les 2 ans, on pouvait utiliser les crédits des ministères pour développer les recherches qu’on estimait utiles pour la collectivité. Le temps est arrivé où ses crédits ne payent plus que les gommes et les crayons et qu’il faut aller chercher, avec les dents, des moyens auprès du privé, de l’Agence Nationale pour la Recherche ou de l’Europe, sur des thématiques définies par eux, parce que juteuses et… tendance.

Enfin, une anecdote : celle concernant un de mes collègues (Jean-Pierre Berlan, directeur de recherche à l’INRA de Montpellier) et critique dès la première heure sur l’impact des OGM. En Conseil Scientifique – dont j’ai été membre élu pendant 8 ans – notre Chef de Département a dit qu’il appartenait à une secte… « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage »

Hervé LOT

27 commentaires

  1. Cette opinion serait plus crédible si l’auteur ne se croyait pas obligé d’élargir son propos à tous les problèmes de nos sociétés.

    Une chose me frappe, c’est que chacun voit des scandales avec ses propres lunettes. En ce qui me concerne, je suis choqué qu’une publication scientifique primaire soit lancée par une opération de communication et de marketing sans précédent. Cela suffit en soi pour la disqualifier. Et les photos de rats avec des tumeurs constituent une instrumentalisation de la peur diffuse des citoyens.

    Pour ce qui est de l’INRA (et du CIRAD), rappelons quand-même que le lobby anti-OGM a réussi au moins une chose, c’est qu’il n’y ait plus de recherche publique sur les OGM. Or si l’on veut que les OGM ne soient pas un monopole de Monsanto, la meilleure des choses serait que la recherche publique en crée pour ensuite les concéder à de petits et moyens semenciers ou des groupes d’agriculteurs.

    De toute façon, nous saurons bientôt si manger des aliments issus d’OGM est nocif. Des millions de bestiaux (et d’humains) en mangent déjà, et on verra bien si on assiste à une hécatombe…

    Michel Chauvet, INRA

    1. Alors vous pensez donc qu’en nourrissant toute une population avec un petit pourcentage d’OGM on va repérer une toxicité qui se révèle en plus d’un an sur une population de rat, et ceci sans témoin non nourri aux OGM ???
      Mais on va dire à juste titre ‘c’est le Bisphenol A, la peinture du salon et les gaz d’échapement.
      Pour toute étude il faut un témoin non traité, et l’étude à l’échelle internationale de la toxicité des OGM sur les hommes manque à la fois de rigueur et d’un témoin non traité.

      Et puis quand même n’est il pas plus logique de tester cela sur des rats sur 100% de leur vie que sur des rats sur 15% de leur vie, ou des hommes mais sans témoin non nourris aux OGM ???

      De telle études sur l’amiante auraient elles été superflues ?

      Le problème du Dystilben aurait il été repéré si on avait traité toute les femmes enceintes, et pas seulement une partie ? Problème qui a été repéré sur l’espèce humaine au bout de plus de 20 ans d’utilisation, sur une part de la population seulement, on disposait de témoin non traité et d’individus traités et suivis, car traités sur ordonnance…

      Etes vous réellemnt un scientifique objectif pour tenir de tels propos ???

    2. Cher Michel, je ne partage pas du tout ton opinion !

      L’article d’Hervé LOT présente le grand intérêt de donner une vision élargie du problème des OGM, ce qui manque à la plupart des intervenants sur ce thème qui coupent le problème en rondelles, sans relier les rondelles entres elles…

      Avoir la vision d’un scientifique qui connaît son sujet (Hervé est un scientifique qui travaillait sur la sélection variétale et la résistance des végétaux aux maladies), et d’un citoyen qui s’interroge sur les aspects économiques des OGM est très intéressant.

      La concentration monopolistique de certaines firmes qui, disposant de moyens énormes, peuvent se permettre de mettre le monde (agricole et consommateurs) à leur botte grâce à un lobbying puissant, des protections par brevets incontournables, une organisation de la recherche uniquement ciblée sur les sujets qui leur rapporte de l’argent, etc. est un véritable problème de société.

      Pour moi, le problème des OGM est principalement d’ordre économique (monopole sur les semences) et écologique (réduction de la biodiversité, disséminations de gènes non contrôlés…). Mais ces deux aspects fondamentaux ne mobilisent généralement pas les consommateurs et le grand public, essentiellement préoccupé par ce qui touche sa santé.

      Aussi, partir de cette sensibilité du public permet d’attirer son attention sur les autres aspects du problème. C’est exactement ce que fait Hervé dans son article, et c’est pour cela qu’il retient toute mon attention.

      Daniel Marthieu, Tela Botanica

    3. je suis surpris de la réaction de Michel, connaissant son sérieux et son expertise par ailleurs…
      vous utilisez l’argument trop facile « des américains qui en mangent depuis 20 ans et ne sont pas morts… » : pensez-vous vraiment qu’une étude d’épidémiologie se fasse de cette façon ?? à ce jour il n’existe pas de telle étude, pour les simples bonnes raisons que
      – on ne s’en donne pas les moyens,
      – on a mis sur le marché des OGM sans étiquetage, ce qui rend le suivi des consommateurs juste impossible…
      – on en est restés au vieil adage « c’est la dose qui fait le poison », complètement obsolète,

      L’étude de Séralini (et celle de Monsanto avant !) montre un effet hormonal évident, puisque les réactions des mâles et femelles ne sont pas les mêmes… Monsanto a fait une moyenne des mâles et femelles, et a montré qu’il n’y avait pas de différence, pas bête !

      De la même manière, les pesticides seraient sains, puisqu’on assiste à aucune hécatombe depuis 50 ans ?

      Vous valez mieux que ça, Michel !

      cdt

    4. « …et le grand public, essentiellement préoccupé par ce qui touche sa santé.
      Aussi, partir de cette sensibilité du public permet d’attirer son attention… »

      Malheureusement ce n’est pas suffisant. Je suis d’accord à 100% qu’il faut s’attacher à la stratégie permettant la naissance des prises de conscience, mais comment ? Se protéger de la maladie voire de la mort ? Cela ne marche pas !!!!

      Cela se prouve… L’humain n’a pas changé, alors regardons le passé, comment nous opérons de grands changements, les changement de paradigme, c’est à dire de manière de voir les choses… C’est en effet global, d’où l’intéret de « relier les rondelles » comme dit Daniel…

      Donc… {{Peut-on changer de paradigme par l’effet positif ou négatif sur la santé ? NON !}} L’histoire le prouve depuis Galilée déjà. Ensuite Semmelweis, qui n’a rien pu faire changer de son temps, {en prouvant pourtant la baisse de mortalité en maternité} si les médecins se lavent les mains. A-t-on un siècle devant nous pour le changement ?

      Plus récent ? Prenons le biberon Robert à tube, qui {a mis une génération à disparaitre} alors qu’il a tué des bébés ! Du temps pour interdire, puis du temps pour faire passer son utilisation illégale , c’est à dire jusqu’à la retraite des nourrices qui ne voulaient pas le laisser…. même les bébés le préféraient.

      Il est en effet plus simple de se baser sur ceux qui ne sont pas mort pour justifier ce que l’on veut continuer !

      Pasteur a réussi un changement de paradigme en 15 ans « seulement ». On peut critiquer, mais il a contourné l’inaptitude au changement rapide de l’humain. Le problème est d’appliquer le paradigme issu de Pasteur à tout, y compris ce à quoi il n’est pas adapté… Et d’ailleurs, le problème des OGM fait aussi partie de ce paradigme : on s’occupe des conséquences au lieu des causes, et on cherche des contrepoisons même quand on peut arrêter le poison !

      Pour réussir un changement de point de vue sociétal, le premier point est de regarder le passé afin de ne pas utiliser les arguments et les méthodes qui ne marchent pas.

      Le 2ème point est de faire la guerre ou pas. On peut vouloir sabrer Monsanto, et si l’ennemi est fort, il faut du temps pour l’abattre, surtout si l’on ne réussi pas mieux que Galilée, Semmelweiss ou les adversaires du biberon tueur. Car il y a les utilisateurs des produits Monsanto…

      Souvenez-vous, il s’agissait pourtant de sauver les femmes accouchant et les nourrissons, le risque de mort {{interpelle, mais il est inefficace}} pour provoquer le changement dans la même génération…

      Alors, on peut se dire aussi que Monsanto, comme toute entreprise, ou tout organisme au sens large, s’il est attaqué, se défendra. Normal. Une entreprise est constituée d’individus qui défendront leur gagne-pain, tout simplement. D’autre part, que peut-on faire si toute la responsabilité leur est attribuée ? A un moment, et je parle au sens large, avant de savoir qu’on s’est fait avoir dans une affaire, n’avait-on pas fermé les yeux à ce qui nous laissait entrevoir un avantage ? Pourtant, la responsabilité est la vraie puissance.

      Monsanto n’honore pas que ses engagements pour le bienfait de l’humanité ? Nous avons cru à cette nécessité, celle annoncée de grand et fort par Monsanto. « Nous » je parle même de ceux qui le feraient autrement. On peut avancer le végétarisme pour vivre plus nombreux, c’est reculer le problème de quelques générations, mais c’est juste un simple exemple : le taux de croissance de l’humain sur terre est un sujet tabou. Alors si une entreprise annonce oeuvrer pour nourrir tout le monde, et que cela évite de se poser la question de la natalité avant nos arrières-petits-enfants… certes nous ne pouvons rien dire sur leur but ! Et ensuite on est pris.

      Si nous cherchons un tant soit peu NOTRE responsabilité individuelle, certes qui ne prend son poids qu’avec le collectif, alors nous pourrons plus facilement trouver le bout de la pelote dans laquelle on s’est emmêlé, permettant de louvoyer vers une solution. J’espère.

    5. Désolé, Daniel, la question des OGM {{doit}} être traitée aspect par aspect, sinon on tombe dans la confusion la plus totale. L’étude Séralini porte sur les effets sur la santé humaine et eux seuls. C’est sur elle que j’ai fait des commentaires.

      La question de l’évolution du secteur des semences vers des monopoles est une question importante, mais qui mérite mieux que ce qu’on en dit habituellement, c’est-à-dire pas grand chose.

      Tu as raison de dire que le grand public est plutôt anxieux de sa santé que de tousles autres problèmes. Cela devient même un des problèmes majeurs de notre temps. On est quotidiennement assaillis de messages alarmistes, dont le seul effet est que les gens perçoivent leur nourriture comme source de danger, alors que jamais dans l’histoire la nourriture n’a été plus saine. Dans le même temps, les gens se ruent sur les fraises espagnoles, l’agneau néo-zélandais et dans les McDo. Allez comprendre. Mais instrumentaliser la peur au service d’une cause comme la lutte contre les monopoles est une bien mauvaise action.

      Pour ceux qui veulent avoir d’autres sons de cloche sur l’opération médiatique de Séralini, voici quelques liens :

      Lire les prises de position de chercheurs sur le site du CNRS (« Pour un débat raisonné sur les OGM »)
      http://www.cnrs.fr/fr/une/actus/2012/20120927-debat-ogm.html
      et du PDG de l’INRA, François Houllier:
      http://www.inra.fr/l_institut/ogm_quelle_place_pour_la_recherche_publique

      Au sujet de l’opération médiatique, voir les critiques sévères de l’Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information (AJSPI)

      http://www.ajspi.com/actualites/declaration-de-l-ajspi-embargo-et-confidentialite
      et de l’European Union of Science Journalists’ Associations
      http://www.eusja.org/eusja-statement-on-embargoes-and-manipulation/

      Cordialement,

      Michel Chauvet

    6. petits compléments à mon premier message…

      vous devez être mal renseigné Michel, la recherche publique sur les OGM existe bel et bien, même en arboriculture, et même en France ! et heureusement !!
      Le message anti-OGM est un peu plus nuancé que ça, et mérite du discernement : ok pour une recherche encadrée, mais pas dans les champs, car PERSONNE ne connaît les conséquences écologiques ! ceux qui prétendent l’inverse baignent dans l’idéologie,

      françois

    7. Il est évident, et c’est humain, qu’il y a une fascination du scientifique pour tout ce qui est nouveau.
      Et ensuite, psychiquement, on veut attribuer à ce nouveau, une valeur positive quoiqu’il arrive et on en perd l’objectivité.
      Et le pauvre scientifique soi-disant objectif et neutre se retrouve à dire des choses, qui sortent des tripes, et qui n’ont rien à voir avec l’image initiale « de personnage qui réfléchit et au-dessus de la mêlée ».
      D’où tous ces commentaires de « scientifiques » pour trouver un moyen ou un autre de dévaloriser un truc qui finalement, malgré leur prétendue indépendance et rigueur scientifique, les remet en cause en tant qu’humain dans leur pratique et position.
      Le seul moyen de pouvoir se faire entendre contre une puissance financière ayant sa propre logique,et dans le monde médiatique actuel et avec les lobbyes hors médias, est finalement d’essayer de faire sortir le débat sur la place publique, et c’est ce qu’a fait Hervé, je le remercie ici chaleureusement ainsi que Tela, et il a estimé qu’il fallait mettre des moyens inhabituels pour que son étude puisse avoir des chances d’être connue.
      Après le scientifique ayant travaillé, il y a eu l’humain qui connaît des résultats, et qui veut les faire connaître.
      On invente alors n’importe quoi pour pouvoir placer une attaque, (photos de rats = étude totalement disqualifiée) vive la science !!!
      Et les autres ne se privent pas de moyens pour détourner les soi disantes règles de bienséance qu’il aurait dues respecter.
      Il y a des règles actuelles (et qui évolueront)pour dire ce qu’on entend par « étude fiable », mais le scientifique est un humain et à ce titre il ne peut pas être neutre. Il suffit de le reconnaître simplement et la société ira mieux.
      Certains de ces scientifiques se comportent comme les religieux des siècles passés, détenteurs de la parole divine.
      J’ajoute que les commentaires anti article ne semblent pas connaître le principe de précaution (« ne semble pas poser de problème de santé publique majeur…. » et on voudrait que je sois tout à fait rassuré par ce genre de propos !!).
      Le principe de précaution permet de remettre en avant un projet de société et de décider si c’est positif dans l’état actuel des choses ou pas.
      A cause des brevets et les intérêts financiers derrière, il y a une course en avant, et le principe de précaution est contrecarré par l’autre « principe de précaution », ne pas se laisser distancer.
      Et la nourriture de l’humanité, on nous ressort ça à chaque fois, avec une hypocrisie énorme puisque, je ne me rappelle plus des chiffres d’il y a trente ans, mais il me semble que c’était de l’ordre d’un centième du budget militaire mondial (si ce n’est un millième) suffisant pour éradiquer la famine.
      Mais si on arrive à placer quelques avions ou chars chez des monstres à l’étranger, c’est bon pour notre commerce extérieur, et la vente ne nous pose pas de problème moralement, c’est l’utilisation qui est condamnable, et une fois la vente faîte, on n’est pas responsable de l’utilisation, et le tour est joué, la fin de la faim dans le monde ça sera pour un autre jour.
      Il y a des problèmes politiques énormes et d’autres, la faim dans le monde n’a jamais été une priorité de nos politiques (René Dumont, François-Xavier Vershave……). Alors c’est finalement Monsanto qui va nous sauver ?
      Assez d’hypocrisie et de propos puérils, l’histoire récente parle.
      Et la santé, c’est une angoisse démesurée de nos sociétés occidentales, on n’a jamais été aussi bien et peut-être qu’on n’a jamais eu autant peur de l’avenir !!!Avec nos scientifiques, on aimerait un jour supprimer la mort.
      Pour finir, je me rappelle qu’au début des années 90 notre association avait fait venir une chercheuse sur les OGM faisant partie du comité d’éthique, et j’ai posé une question, je ne me rappelle plus laquelle, elle me semblait formulée très poliment, mais il y avait une réserve sur le propos, la réponse a été violente et l’argument principal tenait dans « je suis chercheuse, au comité d’éthique, je sais ce que je dis » Amen.

    8. Toujours pour ceux qui veulent avoir plusieurs sons de cloche, vous trouverez le communiqué commun de six académies sur le site de l’Académie des sciences : http://www.academie-sciences.fr/ (reconstituez l’adresse complète, les messages ne passent pas ici avec des adreses URL).

      Le pdf du communiqué est en haut à droite.

    9. je cite Mathieu Calame, FPH :

      {L’appui inattendu de l’académie des sciences à l’étude de Séralini et al.

      L’académie des sciences s’étant trompée sur :

      * l’amiante,

      * la dioxine

      * le bisphénol A

      * …

      Les statistiques les plus sophistiquées tendent à démontrer un taux
      d’erreur des académies de 100% sur les sujets relevant de la santé
      environnementale.

      Selon le principe de la boussole qui indique le sud, l’invalidation par
      ces académies de l’étude de Séralini et al. confirme donc la haute
      valeur de cette dernière.

      }–

      Matthieu Calame
      Directeur

      Fondation Charles Léopold Mayer – FPH

    10. Cette déclaration est totalement biaisée. Il est clair qu’en ne relevant que les sujets sur lesques une académie s’est trompée, on aboutit à 100%. Il me semble que les académies émettent de nombreux avis, mais que la plupart ne recueillent que l’indifférence des medias.

      Cela dit, je ne suis pas un thuriféraire des académies. Mais je pense qu’elles ont été profondément choquées par la mise en scène organisée au Parlement par Séralini et ses adeptes, et par la réponse immédiate du premier ministre, avant même que les instances créées par l’Etat aient pu réagir. Les réactions raisonnées viendront trop tard, quand le soufflet médiatique sera retombé. C’était d’ailleurs l’objectif visé par cette opération de communication.

    11. L’analyse du communiqué des académies serait long. Je suis encore plus convaincu, après la lecture du communiqué, de la totale nuisance actuelle de ces académies. Il suffit de lire la fin de l’article pour comprendre qu’ils se croient au-dessus de la mêlée. Si vous le lisez bien entre les lignes, vous allez comprendre qu’ils s’arrogent le droit de manipuler l’opinion, pas de l’informer. Il y a là un vrai problème de déontologie.
      (NB : mon propos provient du fait que j’ai été très près d’activités pour d’autres nuisances, que j’ai pu constater tous les tours de passe-passe et mensonges sur les chiffres de certains « scientifiques » d’une académie, non remis en place par les autres académies, dont la mission était de ne pas affoler le public, mais surtout pas de l’informer, et que finalement, grâce à l’étranger, les décisions allant dans le sens des contestataires méprisés ont été validées (problème du mercure dans les plombages dentaires)).
      Sur le problème des statistiques, il serait intéressant qu’ils précisent à quel seuil ils valident, suivant les cas, si ça les arrange ils choisissent le seuil statistique adéquat. Sur la critique des académies, on coupe les moyens de l’étude et ensuite on dit qu’il aurait fallu mettre beaucoup plus de moyens (nombre de rats), on fait une pseudo-analyse du protocole.
      En science il ne peut pas y avoir de certitude, c’est en religion qu’il y a des certitudes. L’expérimentateur a estimé qu’avec ses moyens disponibles sa conclusion était bonne (sinon ça passait aux oubliettes). Pour finir, je suis totalement d’accord avec les académies, une vraie expérience (j’ajoute sur au moins deux ans) d’au moins deux équipes différentes, attendons que le voeux des académies soit exaucé ……et qu’ils s’engagent à défendre des résultats, même si ceux-ci ne vont pas dans leur sens (notez l’absurdité de ma dernière phrase, normalement un scientifique doit prendre des résultats de la façon la plus neutre qu’il est capable d’avoir, il ne peut pas y avoir de résultat allant dans leur sens, ou contre…..normalement).

    12. Monsieur Chauvet,

      Je suis très étonné de votre réaction, taclée par quelques personnes qui ne font pas partie du puissant « lobby anti-OGM » de l’INRA. Vous êtes pourtant un chercheur chevronné qui n’a pas bondi sur tous les projets ayant pour mot-clé « biologie moléculaire » pour faire carrière!
      Alors soyons sérieux, je vous conseille de relire calmement les propos de D. Mathieu: j’y souscrit. Mais vous occultez complètement le fait que Monsanto – oui le plus puissant qui a breveté le principe-, n’a quasiment eu de succès qu’avec une saloperie qu’est le glyphosate. Les plantes résistantes à la sécheresse ? Regardez les travaux de l’équipe franco-canadienne qui a réussi à sélectionner un blé beaucoup moins gourmand en eau en le croisant- grâce à des méthodes de biologie cellulaire- avec un petit épeautre sauvage du plateau de Valensole. Je pensais que vous n’étiez pas de ceux qui gardent le nez dans le guidon, ne « manipent » plus mais cherchent du fric, ne vont plus sur le terrain, sont en quête de publications de classe A (pour être nobélisables ?) et ne veulent rien entendre quand on pose les questions « a quoi cà sert ? » et « qui cà sert ? ». Quand vous dites qu’il n’y a plus de recherches sur les OGM à l’INRA, c’est une contre vérité.
      Mon but n’était pas « d’attiser les peur »: je sais où le catastrophisme mène les peuples… Je n’approuve pas le film de Jaud « Tous cobayes..? » qui joue trop sur ce registre. Je suis perplexe quand à l’attitude actuelle de Séralini qui continue à cultiver le secret alors que ses travaux sont publics et qu’il y aura -je l’espère- contre-expertise indépendante. Mais sur le fond, il a eu raison de mener ces expériences: c’est un « lanceur d’alerte », saluons le. Il y a trop de chercheurs couchés.
      Vous avez dit « marketing »: Monsanto fait du bénévolat sans doute et reste silencieux. Goliath aurait-il peur de David ?

    13. Vous seriez plus crédible en n’oubliant pas que le problème de nos sociétés est systémique.

      Les désastres sont le fait de trans-nationales qui ont pris le pouvoir.

    14. …et oui… voilà bien tout le coeur du « problème »…. les OGM, sont « aussi » un enrichissement pour ce système financier « corrompu »…..
      cordialement

    15. Disqualifier une étude approuvée par un des plus prestigieux journaux scientifiques à cause du tapage médiatique occasionné et de qq photos? Chercheur à l’INRA dites-vous?? ….
      D’aileurs, c’est vrai ça, tout ça pour ça c’est incroyable, les ogm sont potentiellement très toxiques pour des rats, et alors? Non vraiment, pas de quoi paniquer…

  2. Bravo pour cet article.

    Les OGM sont, comme l’agriculture et l’élevage intensif, une vaste connerie. Nourrir les gens c’est les autoriser à se reproduire comme des lapins, et donc multiplier la misère, les maladies, la souffrance, les guerres. La nourriture doit exister au préalable là où les humains prévoient d’ajouter un humain supplémentaire.

  3. Vis à vis du glyphosate, il n’est pas possible d’omettre les mauvaises herbes résistantes qui se propagent à grande vitesse, et ont été l’an dernier par ex. la cause de perte de millions d’ha de
    cultures en Amérique.
    En Australie, il y a des supermoissonneuses qui broyent les graines de mauvaises herbes résistantes.
    Et en France où on en utilise peu par rapport à l’Amérique, les mauvaises herbes résistantes au glyphosate se portent aussi de mieux en mieux.

    1. Je ne comprend pas très bien, Daniel, votre intervention. Etes vous en faveur de l’utilisation massive du glyphosate contre ces toujours plus néfastes « mauvaises herbes » ? Ignorez vous les travaux d’une équipe INRA dijonnaise – menée sur 10 ans – qui a montré qu’avec des alternances adaptées, des dates de semis appropriées et des outils de désherbage, on pouvait cultiver sans herbicide blé, maïs, tournesol, colza…et obtenir quasiment le même rendement et la même marge brute à l’ha ? Ignorez vous que le pollen d’une plante comme la laitue, par ex, peut féconder des Lactuca sauvages et qu’une Laitue résistante au Roundup rendrait ces « laitues sauvages » elles mêmes résistantes? Enfin, je ne peux une nouvelle fois que vous renvoyer à l’enquête implacable de Marie-Monique Robin sur la santé des paysans indiens ou d’Amérique Latine..sans parler de leur portefeuille…

    2. Hervé, je pense que Daniel Chicouène va dans le sens de ton intervention et qu’il est critique par rapport au glyphosate qui développe des résistances parmi les adventices.

    3. Je fais partie de ceux qui pensnent que le glyphosate est un excellent herbicide. Ce que l’on lui reproche, ce sont en fait les mauvaises pratiques agricoles qui l’utilisent à tort et à travers. Tout agronome sait en effet qu’appliquer le même herbicide tous les ans sur de grandes surfaces entraîne inéluctablement l’apparition d’adventices résistantes, et ceci bien avant que les OGM existent. Je suis donc tout à fait d’accord pour dire que l’alternance des cultures, l’utilisation de moyens variés pour lutter contre les adventices et l’usage parcimonieux des herbicides font partie des bonnes pratiques.

      De ce point de vue, les problèmes rencontrés en Argentine ou aux Etats-Unis relèvent de « l’agriculture minière » qui se fout des conséquences à long terme. Elle se répand hélas largement dans le monde, et doit être combattue clairement.

      Les firmes semencières (dont Monsanto) ont commis une grosse erreur en lançant en premier des OGM résistants aux herbicides. Cela a fait conclure au grand public que tous les OGM étaient de ce type. Alors que la transgenèse est un ensemble de techniques qui peut s’appliquer à tout type de transfert de gènes.

      Dans le cas du bananier par exemple (qui ne se multiplie plus sexuellement depuis des millénaires), c’est la seule voie disponible pour obtenir des cultivars résistants à des maladies.

      Dans le cas de la vigne, les porte-greffe résistants au court-noué, et créés par l’INRA, représentent aussi une solution élégante.

      Il est en tout cas totalement abusif de conclure portant sur {{un}} OGM que {{tous}} sont par essence des « poisons ».

  4. Le point indéniable de ce long réquisitoire contre les organismes génétiquement modifiés est le caractère « {un tantinet obscurantiste} » des associations.

    Vous restez dans votre domaine en excluant les OGM producteur de médicaments.Personne n’a eu l’idée saugrenue d’aller chercher des végétaux pour se livrer à la production d’insuline humaine, de vaccins, d’anticorps monoclonaux. Escheria coli est tellement plus pratique! Les premiers brevets de transfert de gènes sont aujourd’hui dans le domaine public, il s’agit du brevet d’Herbert et Boyer, dont le propriétaire était le régent de l’université de Stanford… Les royautés à verser étaient d’ailleurs très raisonnables.

    Eli Lilly, qui n’est pas vraiment une start-up, a fait le choix stratégique au milieu des années 80 d’abandonner la production d’insuline à partir de pancréas de porc et de développer une insuline humaine produite sur Escherichia coli. C’était un choix pertinent, puisque aujourd’hui l’entreprise a acquis en Europe notamment, une part de marché significatif alors que c’était une entreprise danoise Novo qui était leader sur ce marché.

    Il n’y aurait jamais eu de vaccin contre l’hépatite B sans production par génie génétique… Et concrètement sur levure, à Lyon on a gardé un souvenir plutôt douloureux d’une tentative de production sur cellules eucaryotes humaines… Il a fallu s’associer à Merck and Co pour bénéficier et de leur savoir-faire et produire un vaccin à des coûts suffisamment bas pour pouvoir être largement diffusé.
    Et je ne développerai pas les innombrables protéines pharmaco-actives produites par génie génétique.

    La production agricole mettant en oeuvre des OGM, est plus un problème de société qu’un problème scientifique. Dans une Europe touchée par le chômage, ce n’est pas un objectif que de diminuer la main-d’oeuvre agricole, même si objectivement il s’agit d’emploi très mal rémunéré… La question cruciale est de savoir si on pourra nourrir en 2050 les 9 milliards d’habitants qui peupleront notre planète, sans faire appel à ces nouvelles techniques culturales.
    François Houiller, lors de son audition par la commission économique du Sénat en vue d’être nommé PDG de l’INRA, a eu une position qui m’a paru très équilibré. (Cette audition est en ligne sur le site du Sénat).
    L’arrachage en Alsace du vignoble qui devait faire l’objet d’une expérimentation scientifique est plutôt lamentable et relève bien de l’obscurantisme ! La production de peuplier génétiquement modifié ne semble pas poser des problèmes de santé publique majeure.
    Il me semble que le rôle des scientifiques est d’éclairer l’opinion publique et d’éviter les positions partisanes qui n’apportent rien au débat.

    1. bonsoir,

      l’utilisation des ogm à des fins thérapeutiques n’est pas critiquée, ni la recherche confinée sur les OGM,

      ce qui est décrié par les associations ‘obscurantistes’, c’est le terrain de jeu en milieu ouvert des entreprises, alors que personne ne peut prédire les flux de gènes !

      sur le travail dans le monde agricole, ça serait nouveau que de dire que les OGM permettent plus d’emplois agricoles que la bio !!

  5. Deux émissions intéressantes sont passées sur les antennes le mardi 16 à 20h30, on peut les revoir en différé :
    – l’une sur France 5 intitulée « OGM, vers une alerte mondiale ? » aborde justement le sujet d’étude du professeurs Seralini : http://www.pluzz.fr/ogm-vers-une-alerte-mondiale-.html
    – l’autre sur Arte intitulée « les moissons du futur » parle des différentes formes d’agricultures durables envisageables pour le futur : videos.arte.tv/fr/videos/les-moissons-du-futur–6985970.html

  6. 11/10-Quatre agences européennes épinglées pour conflits d’intérêts !!!! l’INDEPENDANCE de la SCIENCE égratignée par des agences Françaises et Européennes juges et parties,liées aux industriels eux memes……………………………..Le maïs OGM NK 603 et le Roundup sont tumorigènes

    Publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology le 19 septembre, l’étude toxicologique du biologiste français, Gilles-Éric Séralini, d’une durée de 2 ans sur le maïs OGM NK 603, confirme
    le danger des OGM.

    Biofil : Pourquoi l’étude porte-t-elle sur l’OGM NK 603 ?

    Gilles-Eric Séralini : Parce que cet OGM est utilisé avec le Roundup dont la matière active, le glyphosate, est aujourd’hui l’herbicide le plus présent dans l’eau, y compris l’eau de consommation. (…)Déjà PROTEGEONS nos 500 captages d’eau pour ne pas avoir de pénalité par l’UE d’ici 2015 !…(convention BI’EAU-protection des captages en amont par une concentration d’Agriculteurs BIO -Académie d’agriculture 2009/INRA)
    Et comme disent les Guignols de Canal + « Meme si c’est pas bon pour ta santé,c’est bon pour Monsanto » !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *