Il était une forêt

Le projet de film de Francis Hallé, que Tela Botanica avait soutenu à ses tout débuts, voit le jour. Réalisé par Luc Jacquet (La marche de l'Empereur), sa sortie en salle est annoncée pour le mois de novembre.

Le projet de film de Francis Hallé, que Tela Botanica avait soutenu à ses tout débuts, voit le jour. Réalisé par Luc Jacquet (La marche de l’Empereur), sa sortie en salle est annoncée pour le mois de novembre.

L’histoire

Avec son nouveau film Luc Jacquet nous emmène dans un extraordinaire voyage au plus profond de la forêt tropicale, au cœur de la vie elle-même. Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants, de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux. Depuis des années, Luc Jacquet filme la nature, pour émouvoir et émerveiller les spectateurs à travers des histoires uniques et passionnantes. Sa rencontre avec le botaniste Francis Hallé a donné naissance à ce film patrimonial sur les ultimes grandes forêts primaires des tropiques, au confluent de la transmission, de la poésie et de la magie visuelle. IL ÉTAIT UNE FORÊT offre une plongée exceptionnelle dans ce monde sauvage resté dans son état originel, en parfait équilibre, où chaque organisme – du plus petit au plus grand – connecté à tous les autres, joue un rôle essentiel.

Un voyage là où tout commence

Le cinéma de Luc Jacquet s’est révélé partout dans le monde à travers La Marche de l’Empereur, bouleversante histoire des manchots sur la banquise. Il nous a ensuite plongés au coeur d’une amitié hors du commun entre une petite fille et un renard, abolissant toutes les frontières entre l’homme et la nature : Le Renard et l’Enfant .
Aujourd’hui, Luc Jacquet nous invite à découvrir un univers d’une incroyable luxuriance : les forêts tropicales primaires. Depuis des millénaires les forêts évoluent sous nos yeux, en toute discrétion, protégeant leurs secrets dans leur apparente immobilité. Ils naissent minuscules mais deviendront des géants. On les croit immobiles, et pourtant ils voyagent. On les pense passifs alors qu’ils sont capables des plus remarquables stratégies pour accomplir leur destin. Ils règnent sur le temps, là où l’Homme et les animaux règnent sur l’espace. Pour franchir les portes de ce monde et découvrir sa puissance et sa richesse, il faut être guidé. Luc Jacquet nous entraîne dans un voyage initiatique au cœur des forêts primaires tropicales. Lors de cette fascinante odyssée visuelle, nous allons parcourir sept siècles à travers le temps végétal. De la première pousse aux monuments majestueux qui dominent un monde fourmillant de vie, découvrez le plus secret des univers. Il était une forêt …

Ecrit et réalisé par Luc Jacquet, sur une idée originale de Francis Hallé, botaniste de renom, père du Radeau des Cimes et spécialiste de l’écologie des forêts tropicales primaires, IL ÉTAIT UNE FORÊT nous offre une plongée onirique dans les forêts tropicales primaires, un monde de merveilles naturelles, sanctuaire de la biodiversité de la planète. Dépassant le simple spectacle, le film IL ÉTAIT UNE FORÊT s’inscrit dans une démarche globale de sensibilisation à l’environnement. Associant connaissance, prise de conscience, éveil, découverte et émotion, il est l’occasion de nombreuses actions visant à sensibiliser le grand public à la préservation des forêts tropicales.

L’association à but non lucratif Wild-Touch, créée par Luc Jacquet, accompagne le message du cinéaste en multipliant les points de vue autour de cette grande cause : artistes en résidence sur les lieux de tournage et artistes invités, éducation à l’environnement, mobilisation des ONG, ainsi qu’un web-feuilleton racontant l’aventure humaine et les merveilles végétales et animales de ces forêts uniques. Après les succès internationaux de LA MARCHE DE L’EMPEREUR et LE RENARD ET L’ENFANT, il était naturel que les trois partenaires, Luc Jacquet et son association Wild-Touch, les producteurs de Bonne Pioche, et The Walt Disney Company France, se retrouvent pour porter ce nouveau projet hors norme autour de leurs valeurs communes.

Rencontre avec Francis Hallé

Lorsque vous avez débuté en tant que botaniste, qu’est-ce qui vous a attiré vers les forêts ?
Tout est parti d’une passion d’enfant. Mes parents possédaient un demi-hectare de forêt en Seine-et-Marne où nous nous sommes réfugiés pendant la guerre. J’ai passé beaucoup de temps dans ce petit terrain boisé et je grimpais aux arbres.
Je crois que les gens s’épanouissent lorsqu’ils respectent et valorisent leurs passions d’enfance. Ceux qui vont plus loin, plus haut, ceux qui vivent en plus grand, sont ceux qui sont restés fidèles à leur enfance. Je dois ma propre passion à mon père et à mes frères aînés, qui m’ont fait découvrir la forêt de Fontainebleau. Tout a commencé comme ça.
Lorsque j’ai débuté mes études, je me suis d’emblée orienté vers les plantes. Et où trouve-t-on le plus de plantes ? Dans les tropiques… Et dans les tropiques, où y a-t-il le plus de plantes ? Dans la forêt… Et dans la forêt, où y a-t-il le plus de plantes ? Au niveau de la canopée. De sorte que c’est devenu ma spécialité.

À quel âge avez-vous découvert une forêt primaire pour la première fois ? Qu’avez-vous ressenti ?
J’avais 22 ans, l’âge de Darwin lorsque lui-même est arrivé pour la première fois dans une fois dans une forêt primaire du Brésil.
Comme lui, j’ai été ébloui. Pour moi, c’était en Côte-d’Ivoire,
non loin d’Abidjan. Lorsque j’ai commencé, il y avait de la
forêt primaire partout. Dans toute l’Afrique, dans toute l’Amérique latine, dans toute l’Asie du Sud-Est… C’était inépuisable ! Je passais tous mes week-ends à photographier – car à l’époque je photographiais – et j’en garde de magnifiques souvenirs. Ensuite, au fil de ma vie, j’ai vu tout disparaître. C’est terrible. Ces forêts ont été transformées en parkings, en supermarchés, en friches abandonnées…
J’ai été témoin de cela.

Comment avez-vous rencontré Luc Jacquet ?
Nous nous sommes connus par hasard lors de l’inauguration
de Terra Botanica, un parc d’attractions consacré à l’univers
des plantes près d’Angers. Nous étions invités lui et moi, et
nous avons déjeuné ensemble. J’étais heureux de le rencontrer
parce que cela faisait vingt ans que je cherchais un cinéaste.
J’en ai croisé des quantités, mais ça n’a jamais marché.
Depuis longtemps, je me rends compte que les forêts
primaires disparaissent et que très bientôt, il n’en restera rien.
Je voulais faire un film qui puisse montrer à mes semblables et
aux générations futures ce que sont ces lieux exceptionnels
et quelle est leur importance. Pour y parvenir, j’ai approché
de nombreux cinéastes et tous trouvaient mon projet
magnifique, mais ils n’avaient pas le temps, ou ne trouvaient
pas les budgets nécessaires.

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