L’Herbier de Strasbourg raconte l’histoire de la biodiversité en Alsace

Avec près de 500 000 planches et 2 700 contributeurs, l'Herbier de l'Université de Strasbourg a une réputation mondiale, notamment en matière de collections de végétaux issus de pays anciennement sous influence allemande. Les 60 000 planches de la collection alsacienne témoignent aussi de l'évolution de la biodiversité végétale dans [cette] région.

« C’est en 1894 que l’Herbier de l’Université de Strasbourg a été officiellement créé par les Allemands, qui voulaient faire de Strasbourg un pôle d’excellence universitaire. On a reçu du monde entier des collections en double venant d’Amérique du Sud, d’Inde, de Serbie, de Croatie etc. On doit avoir les meilleures collections des pays alors sous influence allemande. »
L’Herbier de Strasbourg est le sixième de France par le nombre de ses spécimens, environ 450 000 échantillons, mais le quatrième par l’intérêt scientifique de ses collections.

Une collecte Outre-Mer
Michel Hoff est, depuis une dizaine d’années, conservateur de l’Herbier strasbourgeois. Lui-même s’est intéressé à la botanique dès ses années de collège, confectionnant son propre herbier à partir des plantes trouvées dans le jardin de la maison familiale à Colmar « Je n’ai pas pu faire des études d’agronomie, alors j’ai fait une thèse en botanique. »

Ce botaniste passionné a longtemps travaillé Outre-Mer, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie où il a lui-même collecté des milliers d’échantillons. « Quand un poste s’est libéré, je suis revenu à Strasbourg et dans ma région natale. » Et ce maître de conférence, qui enseigne la botanique à l’université de Strasbourg, demande à ses étudiants de réaliser eux-mêmes un herbier de 50 spécimens au moins, sur un thème donné. « Ce peut-être, par exemple, le jardin de ma grand-mère, les plantes de ma rue ou les plantes tinctoriales ». Un de ses étudiants a ainsi réalisé un herbier de plantes poussant à proximité du Fort Ulrich à Ill-kirch-Graffenstaden.

Si 2 700 contributeurs ont participé à l’Herbier en déposant au moins un échantillon, certains en ont déposé plusieurs milliers. Parmi « les échantillons les plus remarquables, car les plus anciens » , on trouve ceux de Jean Hermann, qui a créé le Musée zoologique, et qui datent de la fin du XVIIIe siècle. Ou ceux de Philibert Commerson, le premier botaniste à collecter des plantes sur l’Île de la Réunion dans les années 1770. On trouve aussi des échantillons du poète Adelbert von Chamisso, auteur notamment du poème sur les Géants du Nideck , et qui a ramené au début du XIXe siècle des échantillons de Sibérie.

Lire la suite de l’article de Geneviève Daune-Anglard, 12/11/2013 sur le site web lalsace.fr

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Photo d’illustration : Michel Hoff, conservateur de l’Herbier de l’Université de Strasbourg, montre une planche typique. Un spécimen de plante collé sur une feuille et une étiquette portant la mention du lieu et de la date de collecte, le nom de la plante et le nom du collecteur. Photo Dominique Gutekunst

2 commentaires

  1. Bonjour Michel Hoff,

    Ancienne enseignante au département d’ethnologie de Strasbourg, je n’ai pas oublié vos cours auprès des étudiants de cette discipline et c’est pourquoi j’aimerais vous mettre en lien avec un étudiant qui souhaite l’aide d’un botaniste pour nommer des plantes (des feuilles d’arbre aussi) originaires du Soudan. En espérant que mon appel vous sera transmis (bouteille à la mer ?) puisque votre adresse a disparu de l’annuaire de notre université…
    Colette Méchin

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