50 000 ans de végétation arctique, ou quand les mammouths préféraient le trèfle aux graminées

Les mammouths et autres rhinocéros laineux de la période pré-glaciaire, entre 50 000 et 25 000 ans, n'abusaient pas des plantes graminées.

Les mammouths et autres rhinocéros laineux de la période pré-glaciaire, entre 50 000 et 25 000 ans, n’abusaient pas des plantes graminées.
Les résultats des analyses réalisées sur de nombreuses carottes, auxquelles ont notamment participé des chercheurs du Laboratoire d’écologie alpine (CNRS/Université Joseph Fourier/Université de Savoie) et de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (CNRS / Univ. Montpellier 2 / IRD), montrent que la végétation arctique comportait un grand nombre de plantes herbacées non graminoïdes, dont la grande faune faisait son festin. Les graminées ont en revanche pris le dessus après la glaciation, il y a 10.000 à 5.000 ans.

La steppe à mammouths, comme on a coutume d’appeler la steppe arctique où paissaient les grands mammifères, n’était pas une steppe à graminées (céréales, plantes fourragères…). C’est le résultat plutôt inattendu de l’étude publiée dans Nature par une équipe internationale de chercheurs. « Pour le savoir, 240 carottages ont été effectués dans le pergélisol – le sol toujours gelé – des régions arctiques. Le séquençage très haut débit de l’ADN environnemental extrait de ces échantillons a permis de reconstituer la composition de la végétation arctique durant les trois périodes, pré-glaciaire (entre 50 000 et 25 000 ans), glaciaire (entre 25 0000 et 15 000), et post glaciaire (de 15 000 à nos jours) » explique Pierre Taberlet, chercheur CNRS au Laboratoire d’écologie alpine et spécialiste de l’ADN environnemental.

« On note une grande diversité végétale avant la glaciation, avec un mélange de plantes herbacées de type pissenlit, myosotis ou trèfle, et de graminées. La période post-glaciaire, qui correspond à la disparition des mammouths, se caractérise par une recrudescence des graminées », poursuit le biologiste.

– Lire la suite de l’article du 5 mai 2014 sur le site du CNRS

– Article référence publié le 6 février dans Nature Fifty thousand years of Arctic vegetation and megafaunal diet par Eske Willerslev, John Davison, Mari Moora, Martin Zobel, Eric Coissac, Mary E. Edwards, Eline D. Lorenzen, Mette Vestergard, Galina Gussarova, James Haile, Joseph Craine, Ludovic Gielly, Sanne Boessenkool, Laura S. Epp, Peter B. Pearman, Rachid Cheddadi, David Murray, Kari Anne Brathen, Nigel Yoccoz, Heather Binney, Corinne Cruaud, Patrick Wincker, Tomasz Goslar, Inger Greve Alsos, Eva Bellemain, Anne Krag Brysting, Reidar Elven, Jørn Henrik Sønstebø, Julian Murton, Andrei Sher, Morten Rasmussen, Regin Rønn, Tobias Mourier, Alan Cooper, Jeremy Austin, Per Moller, Duane Froese, Grant Zazula, Francois Pompanon, Delphine Rioux, Vincent Niderkorn, Alexei Tikhonov, Grigoriy Savvinov, Richard G. Roberts, Ross D. E. MacPhee, M. Thomas P. Gilbert, Kurt H. Kjær, Ludovic Orlando, Christian Brochmann et Pierre Taberlet

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Photo d’illustration : Reconstitution d’un mammouth, licence CC-by-sa 3.0, par Mitsvan via wikicommons

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