La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant

Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN™, près de 80 % des orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae des zones tempérées et plus de 90 % des lémuriens sont menacés d'extinction [...].

Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, près de 80 % des orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae des zones tempérées et plus de 90 % des lémuriens sont menacés d’extinction […].

La Liste rouge de l’UICN, qui fête son 50ème anniversaire cette année, porte à 73 686 le nombre d’espèces évaluées, dont 22 103 sont menacées d’extinction.

« Au cours des cinquante dernières années, la Liste rouge de l’UICN a orienté le travail de conservation. Rares sont les actions positives qui ne s’appuient pas sur la Liste rouge, véritable point de départ des actions de conservation« , affirme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Cette réussite n’est pas sans importance, mais il reste encore beaucoup à faire. Nous devons absolument élargir nos connaissances sur les espèces au niveau mondial pour mieux appréhender les défis auxquels nous sommes confrontés, établir les priorités en matière de conservation mondiale et mettre en œuvre des actions concrètes pour enrayer la crise de la biodiversité« .

L’évaluation mondiale des orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae des zones tempérées de l’hémisphère nord, dont fait partie le fameux Sabot de Vénus, révèle que 79 % de ces plantes ornementales prisées sont menacées d’extinction. Leur disparition est en grande partie due à la destruction de leur habitat et à la cueillette excessive des espèces sauvages pour le commerce local et international, et ce, malgré le fait que le commerce international de toutes les espèces d’orchidées de cette sous-famille soit réglementé. Avec ses fleurs caractéristiques en forme de pantoufle destinées à piéger les insectes pour assurer leur pollinisation, ces orchidées comptent parmi les plantes à fleurs les plus connues et emblématiques.

« Le plus surprenant dans cette évaluation, c’est le degré de menace qui pèse sur ces orchidées« , souligne Hassan Rankou, de l’Autorité pour la Liste rouge de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN (SSC) représentative du groupe de spécialistes des orchidées. « Les orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae sont des espèces prisées dans le commerce horticole mondiale, un secteur qui pèse plusieurs millions de dollars. Même si cette industrie est alimentée par des plantes issues de stocks cultivés, la conservation des espèces sauvages est vitale pour l’avenir de cette espèce. »

Cypripedium lentiginosum, une espèce classée En danger ne compte plus que 100 spécimens dans le sud-est du Yunnan, en Chine, et dans la province de l’Ha Giang, au Vietnam. Une cueillette excessive et la déforestation ont conduit au déclin de cette espèce. Également classé En danger, le Cypripède de Dickinson (C. dickinsonianum) se rencontre uniquement dans certaines populations isolées au Mexique, au Guatemala et au Honduras. Son habitat naturel, les forêts claires, est détruit pour les besoins de l’agriculture et à cela s’ajoute l’élagage des arbres qui change les conditions environnementales permettant aux orchidées et aux autres plantes des sous-bois de bien se développer.

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La fleur nationale des îles Caïmans, l’orchidée Wild banana (Myrmecophila thomsoniana), a été évaluée pour la première fois et a fait son entrée dans la catégorie En danger. Les orchidées Wild banana sont présentes dans les forêts sèches et la fruticée des trois îles de l’archipel des Caïmans, mais sont menacées par la disparition accélérée de leur habitat au profit de la construction de logements et du développement du tourisme. La protection d’un habitat convenable sur les trois îles de l’archipel constitue l’action de conservation la plus urgente en faveur de cette espèce.

La Fougère du Gouverneur Laffan (Diplazium laffanianum) est une fougère relativement grande que l’on trouvait habituellement dans les grottes et les crevasses rocheuses des Bermudes. Désormais, cette espèce est considérée officiellement comme Éteinte à l’état sauvage, suite à la destruction de son habitat par les activités humaines et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. Elle a été vue pour la dernière fois en 1905.

>> Voir l’article complet du 12 Juin 2014 sur le site de l’UICN.

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Photo d’illustration : Cypripedium dickinsonianum, CC BY-SA 3.0, par Moises Béhar, via wikicommons

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