Décès de Michel A. Farille, botaniste et jardinier

Le 19 juillet 2016 la Botanique et l’Horticulture ont perdu Michel Farille, botaniste et jardinier, ancien responsable du Jardin botanique alpin « La Jaÿsinia » à Samoëns, en Haute-Savoie.

Michel Farille était né en 1945 à Paris. Son intérêt pour les plantes est précoce, son premier herbier est fait à l’âge de 10 ans dans la banlieue de Bondy. Il fait ses études au Collège d’enseignement technique horticole de la Ferté-Milon où l’on forme des jardiniers « quatre branches ». Il entre à 18 ans au Service des Cultures du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ; il était en charge de l’entretien des parterres floraux. Il rencontre de nombreux botanistes qui l’aident à se perfectionner dans cette discipline. On l’affecte ensuite au Jardin alpin, ce qui lui donne goût à la connaissance des plantes sauvages, l’initie à celles des montagnes. Il herborise beaucoup en région parisienne.
En 1967, on lui demande de remplacer d’urgence un jardinier défaillant au jardin alpin de Samoëns, co-géré entre le Muséum et la commune. Une mission de 3 mois, qui durera 33 ans… Michel Farille étudiera en détail la flore alpine de l’endroit, introduira un nombre important de plantes orophiles dans ce jardin créé en 1906 par Marie-Louise Cognac Jaÿ, fondatrice de la Samaritaine. Il dépendait alors du Laboratoire de Biologie végétale appliquée du Muséum.
Michel Farille s’active beaucoup en botanique, notamment comme membre de la Société botanique de France et de la Société botanique de Genève.
Ses principaux travaux de botanique taxonomique se sont adressés à la famille des Apiacées. Michel bénéficia de 3 missions dans l’Himalaya (Népal) totalisant une année de présence. Il y récolta beaucoup, selon un protocole bien précis. Visitant différentes collections de référence et s’adonnant à la difficile classification des Apiacées, il décrivit plus de 60 taxons, plusieurs nouveaux genres et de nombreuses espèces nouvelles, certaines de très haute altitude. Faisant face à des soucis de santé, il voulait renoncer à son travail apiologique ; je l’aidai alors à finaliser ses dernières publications et à mettre en ordre son herbier d’Apiacées himalayennes, notamment le dépôt des types nomenclaturaux.
A la retraite dans le Bugey, il s’adonnait encore à la botanique locale avec la constitution d’un herbier très détaillé (conservé au Musée de Montbéliard).
Il stoppa définitivement la botanique en 2012 pour raisons de santé défaillante.

Jean-Pierre Reduron, botaniste apiologue

3 commentaires

    1. C’est une grande perte… J’ai beaucoup collaboré avec lui avec des échanges atteignant la littérature, la philosophie. Parfois d’un enthousiasme excessif, Michel était tout aussi excessif dans ses interruptions, ses changements de personne… Merci de votre témoignage. JPR

  1. je l’ai connu, il etait l’ami de MichelMENARD ami d’enfance, homme très proche des autres, il ètait mpn confident face à des problèmes de couple, j’envoie toute mon amitié à ses enfans;c’etait un homme frmidable.

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