Mayotte : une flore exceptionnelle et encore mal connue

De nouvelles espèces pour Mayotte, de nouvelles espèces pour la science.

L’Index des Trachéophytes de Mayotte (ITM) recense 710 espèces indigènes à ce jour. Avec une surface de seulement 370 km2, l’île de Mayotte possède ainsi la 2ième plus haute densité d’espèces indigènes au monde derrière l’archipel chilien Juan Fernandez.

Toutefois, de nouvelles espèces sont encore régulièrement découvertes et ajoutées à cette liste, qu’elle soient nouvelles pour Mayotte, ou bien nouvelles pour la science.

Le 14 décembre 2017, une nouvelle espèce de Fabacée malgache, Cynometra pervilleana Baill., encore inconnue à Mayotte, est récoltée par Abassi Dimassi et Sébastien Traclet (CBNM). Peu après, le 30 janvier puis le 8 février 2018, deux stations d’un nouveau genre de fougères pour Mayotte sont découvertes par Abassi Dimassi et Nicolas Valy (CBNM) : il s’agit d’Ophioglossum reticulatum L., une fougère à large répartition pantropicale.

Six nouvelles espèces pour la science, toutes endémiques de l’île, ont également été décrites ces trois dernières années. En 2017, c’est une nouvelle espèce d’Euphorbiacées, Croton mayottae P.E. Berry & Kainul. qui est décrite par l’équipe de Paul Berry de l’Université du Michigan. Elle est évaluée « en danger » (EN) par ses auteurs, selon la méthodologie d’établissement des Listes rouge de l’UICN. En 2016, lors de la révision des Myrtacées des Comores par J.W. Byng, trois nouvelles espèces sont décrites : Eugenia pascaliana Byng, Bernardini & N. Snow, Eugenia chounguiensis Byng & N. Snow et Syzygium labatti Byng & N. Snow. Les deux dernières ne se rencontrent qu’au sommet du mont Choungui. Toutes sont évaluées « en danger critique d’extinction » (CR). Cette même année 2016, une nouvelle espèce d’Apocynacées, Marsdenia mayottae W.D. Stevens, Labat et Barthelat, est également décrite et évaluée « en danger » (EN). Et en 2015, c’était une Rutacée, Ivodea mayottensis Labatt et M. Pignal, également évaluée « en danger » qui était décrite.

Ces découvertes récentes soulignent une nouvelle fois l’exceptionnelle richesse de la flore mahoraise, sa patrimonialité mais, aussi, sa vulnérabilité.

Il existe également à Mayotte une trentaine de taxons encore non identifiés, appartenant aux Cucurbitacées (Kedrostis sp.),  aux Erythroxylacées (Erythroxylum sp.), aux Lamiacées (Volkameria sp.), aux Malvacées (Dombeya sp.), aux Orchidacées (Cynorkis sp., Habenaria sp., Oeceoclades sp., Polystachya sp.), aux Poacées (Brachiaria sp., Digitaria sp.) ou encore aux Sapindacées (Camptolepis sp.)

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