Modification des communautés végétales en contexte de changement global. Apports des jeux de données nationaux pour caractériser les effets du changement climatique et des interactions plantes-pollinisateurs.

Une soutenance de thèse mobilisant largement les données issues du programme Vigie-flore aura lieu le lundi 17 décembre 2018 dans l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Evolution au Muséum National d’Histoire Naturelle, à partir de 14h. La thèse s’intitule : Modification des communautés végétales en contexte de changement global. Apports des jeux de données nationaux pour caractériser les effets du changement climatique et des interactions plantes-pollinisateurs. Celle-ci a été réalisée par Gabrielle Martin, encadrée par Emmanuelle Porcher et Nathalie Machon (Professeures MNHN).

Résumé de la thèse :
Dans quelle mesure des changements des facteurs biotiques et abiotiques causés par les activités humaines influencent la composition des communautés et les déclins ou les augmentations en abondance des espèces ? De nombreuses modifications sont documentées dans la littérature scientifique principalement dans des espaces et des habitats particuliers, à une échelle locale et/ou sur un type d’espèces particulières. Dans cette thèse, j’ai mobilisé le formidable outil que sont les programmes de sciences participatives, couplé à des approches méthodologiques de création d’indicateurs, et analytiques d’étude de jeux de données de biodiversité sur des suivis à long terme, pour caractériser les réponses temporelle et spatiale de la flore commune au changement climatique, d’une part, et au déclin des pollinisateurs, d’autre part. Ce travail a été réalisé à l’échelle nationale et dans tous types d’habitats. Cinq questions ont été abordées: (1) Peut-on détecter une réponse des communautés végétales au changement climatique en France ? (2) Comment les choix méthodologiques de construction de l’indice de préférence thermique des espèces influencent la détectabilité de la réponse des communautés végétales au changement climatique ? (3) Les communautés végétales des différents types d’habitats présentent-elles des disparités de réponse au changement climatique ? (4) Les tendances temporelles des espèces constituant la flore commune sont-elles aussi influencées par le déclin des pollinisateurs ? (5) Comment évaluer le service de pollinisation à l’échelle nationale et détecter un patron spatial en milieu agricole ? J’ai montré pour la première fois qu’une recomposition des communautés végétales en réponse au changement climatique pouvait être détectée à l’échelle nationale en France, dans tous les types d’habitats, principalement en plaine et sur une courte période de temps (2009-2017). Ce remaniement des communautés végétales est lié à une augmentation moyenne (en abondance) des espèces à préférence thermique élevée (tous cycles de vie confondus ainsi qu’une tendance identique pour les espèces annuelles mais pas pour les pérennes). Ces tendances semblent être plus marquées dans les milieux agricoles et prairiaux. Ces travaux ont également montré pour la première fois un déclin moyen (en abondance) des espèces communes dépendantes des pollinisateurs pour leur reproduction à l’échelle nationale au cours de la dernière décennie, avec des conséquences sur la composition des communautés. Des apports méthodologiques ont également été proposés pour compléter la compréhension des réponses des espèces au changement climatique et pour évaluer l’efficacité et la variabilité du service de pollinisation au niveau national. Dans un premier temps, la comparaison des choix méthodologiques de construction de l’indice de préférence thermique a apporté des informations nouvelles pour comprendre les modifications de la flore en réponse au changement climatique et tenir compte de l’adaptation locale et de la plasticité des espèces annuelles. Dans un second temps, l’efficacité et la stabilité du service de pollinisation ont été cartographiées pour la première fois en France à une résolution départementale et ont été reliées à la qualité des habitats pour les pollinisateurs et l’intensité de l’agriculture. Ces travaux, qui font état de changements rapides au sein de la flore sauvage à l’échelle nationale et identifient des mécanismes plausibles, ont des conséquences directes pour la conservation. Ils apportent enfin une preuve supplémentaire que la participation des observateurs bénévoles à l’observation de la nature peut contribuer à révéler les bouleversements en cours qui s’opèrent sur la faune et la flore.

Infos pratiques

Adresse
36 Rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris 5e Arrondissement, Île-de-France, France
Tarif
Gratuit
Vigie-flore

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