Glanes étymologiques : bonduc

Nous vous proposons une petite histoire de l'étymologie du "bonduc", ce bel arbre à grandes feuiles bipennées.

Le chicot du Canada (Gymnocladus dioicus (L.) K. Koch), un bel arbre à grandes feuilles bipennées, est parfois appelé bonduc. Mais le « véritable » bonduc est Guilandina bonduc L. (syn. : Caesalpinia bonduc (L.) Roxb.). Les deux sont des Caesalpinioideae assez proches, les deux donnent de grosses graines, mais Guilandina bonduc est une plante grimpante probablement asiatique, dont les graines sont utilisées en colliers, alors que celles du chicot ont servi de substitut au café.

Mais d’où vient ce nom de bonduc ? Linné cite Charles Plumier (1703), qui écrit : Bonduc est nomen Indicum, en recopiant l’avis de Zanoni. Or je ne trouve pas trace de ce nom dans les langues indiennes. Le nom vient en fait de l’arabe بندق هندي — bunduq hindī, la « noisette indienne », utilisé en Egypte. On trouve ce nom chez Ibn al-Bayṭār (XIIIe), mais son Traité des simples n’a pas été connu en Europe avant l’époque moderne. J’ignore par quel ouvrage ce nom arabe s’est introduit en Europe. En arabe, le nom le plus courant est رتة — rata (Avicenne, Maïmonide, Ibn al-Bayṭār), qui viendrait du hindi रीठा — rīṭhā, où il désigne en fait les noix de lavage, Sapindus spp.).

Cette « noisette indienne » a été ainsi appelée par analogie avec la vraie noisette (fruit de Corylus avellana), qui s’appelle ‘بندق — bunduq en arabe. Le nom arabe vient du grec κάρυον Ποντικόν — karuon pontikon, autrement dit la « noix du Pont » (le Pont-Euxin), nom qui se trouve chez Dioscoride et Galien.

noix de bonduc

Certains auteurs avancent que le nom arabe serait arrivé via le persan, qui partage les mêmes noms comme souvent, mais rien n’est moins sûr.

En un mot, l’étymon est avéré (le grec pontikon), mais les pérégrinations du nom restent obscures.

J’ai mis les liens vers les sources sur la page Bonduc du dictionnaire étymologique de Pl@ntUse.

Michel Chauvet

4 commentaires

  1. Bonjour,
    Très intéressé par votre article sur le Gymnocladus dioicus, dont j’ai étudié l’anatomie du bois,je viens de vous préparer un Pdf avec 2 photos issues de ma collection de macrophotographies de l’anatomie du bois.
    Une représente une coupe transversale grossissement X 20 la seconde à X 90, ces photos pourraient agrémenter l’article, mais je ne sais comment vous les faire parvenir.
    Je suis à votre disposition pour vous les envoyer.
    Très cordialement
    Jean-Claude CERRE Spécialiste de la macrophotographie de la structure du bois sans dégradation.

    1. Si vous acceptez de mettre vos photographies en licence libre (CC-BY-SA de préférence), je serai ravi de les utiliser. Le mieux serait de les mettre sur Wikimedia Commons, d’où je peux les importer facilement. Je peux vous aider à le faire.

      Pour l’instant, j’ai de nombreuses photos d’anatomie du bois (coupes transversale, radiale, tangentielle) pour les espèce africaines, grâce à PROTA. Je vais aussi mettre des photos pour les arbres des Petites Antilles (Rollet). Mais je n’en ai pas pour les arbres tempérés.

      Ecrivez-moi à michel.chauvet34@orange.fr

      Cordialement

  2. Ca m’a fort interesse la derivation du mot « bonduc ». Cette plante , c.a.d. Guilandina bonduc, n’est pas rare sur un mont de coquilles a Turtle Mound, ( petite montagne de coquillages fait par les Indiens)pres de Daytona Neach en Floride. je croyais que c’etait une plante du Nouveau Monde.

    1. De quelle époque datent ces restes (avant ou après 1492) ? Aujourd’hui, Guilandina bonduc est pantropicale. Mais elle était connue dans l’Ancien Monde bien avant. Moerman ne signale d’usages chez les Amérindiens qu’à Hawaï, donc dans des lieux où la plante pouvait venir d’Océanie.

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