Le Cornouiller mâle

Adhérent à l'association des "Amis de l'Abbaye de Clausonne", j'essaie d'apporter des éclaircissements botaniques sur ce site magnifique. Tout d'abord, il s'agit d'une ruine d'une abbaye chalaisienne du XII eme siècle, située dans le sud des Hautes Alpes, dans les hauteurs au dessus de Veynes.

La montée à l’abbaye se fait par une piste, longeant la rivière, le Maraize, dans les gorges du Garavour, richesse géologique et botanique. A 200m avant de découvrir l’abbaye en ruine, peu après le rocher de la Vierge, sur les éboulis de calcaire, poussent une bonne cinquantaine de Cornouillers mâles. Une telle concentration est rare dans les Hautes Alpes, habituellement, au cours de randonnées, ils ne se rencontrent que par 3 ou 4. Ce sont sans doute des descendants des Cornouillers jardinés, entretenus et peut être semés par les moines. Au moyen âge, cet arbre était très prisé, pour ses fruits, les cornouilles, que l’on cuisait avec les autres fruits, et surtout pour son bois très dur. Ce bois, de densité de 1,3 , ne peut pas flotter, mais il servait à la confection d’outils, de manches, d’engrenages. Il y a sûrement eu des transactions de ce bois entre Clausonne, et d’autres abbayes Chalaisiennes comme celle du Boscodon près d’Embrun.

Un nouvel élément peut nous aider dans ces recherches. Dans un enregistrement sonore de 2015, une personne âgée (aujourd’hui décédée), ancien habitant de la Péguière, hameau au dessus de Clausonne,  nous parle d’Acurniers, des arbres à fruits ovales rouges, poussant sur le plateau du dessus, sur la rive droite de la rivière (aujourd’hui un petit barrage a transformé ce plateau en lac d’irrigation). Effectivement, après des recherches, l’Acurnier est le nom provençal du Cornouiller mâle, les fruits étant les acurnis.

Les recherches sont en cours….

7 commentaires

    1. Son bois dur, sa croissance lente,ses fruits comestibles, sa taille réduite, me le font tester comme support de vignes en zone calcaire en remplacement des piquets/fils.

    2. Effectivement, le cornouiller est utilisé en vannerie, mais, il me semble que c’ est le cornouiller sanguin qui est utilisé. Ses longs rejets rouges, qui suivent une coupe au raz du sol l’année précédente, sont impressionnants. Par contre, ils sont très rugueux pour les doigts du vannier !

      Bien sincèrement

      Pierre Letz

  1. A Robechies, petit village près de Chimay, les habitants ont comme sobriquet, « les cornillots ». Cela vient du fait qu’à la ducasse du village, dans les temps anciens, on confectionnait des tarte aux cornouilles. Comme le village se trouve sur une roche calcaire, la Calestienne, le cornus mas y pousse volontiers et ses fruits mûrissent vers la mi-septembre, au moment de la fête du village. Il reste de très vieux cornouillers, plusieurs fois centenaires, dans des vergers des alentours et de nouveaux cornouillers mâles ont été plantés pour revivifier cette identité ancestrale.

  2. En ce qui me concerne j’ai un faible pour le cornouiller mâle depuis que je l’ai rencontré près de chez moi en pied de Chartreuse lors d’une promenade à vélo il y a une quinzaine d’années. Et j’en ai quelques uns hauts de 3 ou 4m dans ma haie issus de graines que j’ai semées et eu du mal à faire germer la première fois. En effet il faut d’abord les conserver au chaud l’été de la récolte puis leur faire subir les effets des gelées de l’hiver. Parfois elles ne germent qu’après deux hivers consécutifs. J’en ai semé quelques centaines dans mon jardin ces dernières années et distribué les jeunes plants aux réunions d’échanges. Il m’en reste une vingtaine de disponibles âgés de 2 ans.

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