Les insectes pourraient disparaître de la planète d’ici 100 ans !

Les scientifiques mettent en garde contre un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ».

Les insectes du monde entier sont en voie d’extinction, menaçant d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels », s’est alarmé, fin janvier, la revue scientifique mondiale Biological Conservation. Plus de 40 % des espèces d’insectes sont en déclin et un tiers sont menacées, selon les chercheurs. Leur taux de mortalité est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et reptiles. Au cours des trente dernières années, la masse totale des insectes existant dans le monde a diminué de 2,5 % chaque année.

(Photo by Angela Weiss / AFP)

98 % des insectes ont disparu à Porto Rico depuis trente-cinq ans !

A ce rythme, s’inquiètent les scientifiques, ils pourraient disparaître d’ici à un siècle. « C’est très rapide. Dans dix ans, il y aura un quart d’insectes de moins, dans cinquante ans, plus que la moitié, et dans cent ans, il n’y en aura plus », a déclaré au Guardian dimanche 10 février Francisco Sánchez-Bayo, de l’université de Sydney (Australie), qui a collecté les données avec Kris Wyckhuys de l’Académie des sciences agricoles à Beijing (Chine). La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux Etats-Unis.

Lire la suite de l’article dans le journal Le Monde publié le 11 février 2019

Voir également l’article publié sur Tela le 19 septembre 2017 et les nombreuses réaction des lecteurs.

Daniel Mathieu

8 commentaires

    1. En effet, cette pondération est rassurante. Il semble aussi qu’il s’agisse essentiellement des zones cultivées. Je me suis beaucoup intéressé aux papillons de jour et en effet, j’en vois beaucoup moins dans les zones cultivées, mais j’en vois autant, en nombre et en diversité dans les zones peu cultivées où la « nature » tient encore une grande place (et même de plus en plus, avec la déprise agricole). J’ose espérer qu’il en est de même pour les autres groupes (c’est bien le cas pour les abeilles) et que, lorsqu’une agriculture raisonnée ou bio sera dominante, les zones cultivées seront recolonisées à partir des zones-refuge. D’autant que dans les articles de presse, on distingue mal la perte de biomasse et la perte de biodiversité. Il semble que c’est surtout la première qui est impactée. Or, la capacité de reproduction des insectes est telle que les populations peuvent se reconstituer très vite. Comme ça a aussi été signalé, il faut compter avec leur capacité d’adaptation, notamment aux pesticides, comme on le voit avec les prédateurs des cultures.

  1. Sans lire l’article, je peux dire que l’homme aura disparu avant que la dernière espèce d’insectes ou le dernier insecte disparaisse. Et même bien avant. Même si la situation est bien sûr alarmante et très préoccupante devant la baisse des effectifs des insectes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et l’arrivée des traitements insecticides à grande échelle, ils nous survivront sans aucun doute de par leur nombre, leur adaptation et leur plasticité écologique. Jean-Yves Meunier – Entomologiste IRD

    1. C’est plutôt rassurant de savoir qu’on arrivera pas à tout saccager. Les prochaines espèces dominantes (bien qu’elles le soient déjà et depuis des millions d’années) seront peut être les fourmis?
      Biologiquement

  2. Il est certain que du côté catastrophisme, le journal Le Monde n’en loupe pas une ! C’est son fond de commerce et il s’en est fait une spécialité. J’espère que Tela Botanica ne cheminera pas sur ces traces.
    La lecture de l’intégralité de l’article est toujours plus profitable (mais plus fastidieuse). https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636
    Qu’y apprends t’on ? Pour ne citer qu’un seul exemple, que l’échantillonnage ne concerne que l’Amérique du Nord et l’Europe. Pas l’Afrique, ni la Russie, ni le Canada. Pour la Chine et l’Australie les données ne portent que sur les abeilles et en France une seule étude en Camargue… Bref les auteurs se servent de ce fromage de gruyère pour conclure de façon catégorique et anxiogène sur ce qu’il se passera dans cent ans !
    Donc une fois de plus : encore un énorme hiatus entre les faits, les données et le titre et bien sur la reprise par un journal mainstream.

  3. Il est effectivement intéressant de constater le décalage entre l’article scientifique et celui du/des journaux !!! On n’est plus dans de la vulgarisation mais dans la recherche du sensationnel/vente de papier.

    D’autant que l’étude scientifique comporte déjà intrinsèquement des biais qui vont aussi dans le catastrophisme : en sélectionnant les articles de référence « using the keywords [insect*] AND [declin*] AND [survey] », il aurait été étonnant de trouver le contraire !!!

    Avec les critères [insect*] AND [pest*] AND [survey] ou [insect*] AND [prolif*] AND [survey] on trouve également de très nombreuses publications…qui raconteraient autre chose via une analyse statistique aussi simpliste que celle pratiquée.

    Après avoir travaillé avec des scientifiques reconnus puis avoir été interviewé par le Monde sur une grosse étude hydro-écologique, j’ai complètement arrêté de lire ces médias « tout public » …tellement la traduction en était pauvre et faussée vers le sensationnel aussi bien sûr…même les citations entre guillemets du journal étaient fausses.

    Le point intéressant à souligner c’est l’importance hiérarchisée des causes (drivers) : Modification des Habitats, Pollution, Virus et Pathogènes, et enfin seulement Changement Climatique le seul dont on nous parle vraiment. Très comparable à ce qu’on a pu trouvé dans notre étude…

  4. Merci beaucoup pour ces éclairage avisés qui vont au delà de la publication journalistique à sensation. Cela permet notamment de relativiser de la même façon les articles portant sur d’autres sujets que les thèmes scientifiques dont la vérification est possible. Je pense en particulier aux articles d’actualité comme les gilets jaunes dont il semble que seul le sensationnel est mis en avant au détriment du fond.

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