Portrait d’un telabotaniste : Sylvain Piry, « les plantes sont l’évidence même pour un curieux du dehors »

Ce jeudi, nous vous proposons de découvrir les passions de Sylvain Piry, passionné de nature en tout genre. Il nous parlera de son projet de base de données personnelles et nous livrera quelques astuces en fin d’article. Cet article a été écrit par Célia Ahier, chercheuse de trésors du réseau Tela Botanica, volontaire en service civique en 2018.
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Prise de vue d'un millepertuis illustré ci-dessous. Massif du Caroux, Hérault, 24 juin 2018 - CC BY-SA Tela Botanica

Des insectes, un appareil photo et un retour à la botanique

Hypericum linariifolium Vahl par Sylvain Piry, CC BY-SA Tela Botanica

Naturaliste depuis toujours, les plantes sont l’évidence même pour un curieux du dehors. Ma révélation a été la « méthode simple » de Bonnier en 6ème, qui me permettait d’aller plus loin que les guides illustrés, au moins pour la flore de la région parisienne où je résidais alors. J’ai fait un long passage par l’entomologie des curculionidés (= charançons) qui sont des phytophages, souvent inféodés à leur plante-hôte”. Sylvain a ainsi gardé un oeil sur les plantes. Ce n’est qu’en 2005 qu’il a, à nouveau, basculé vers la botanique avec son premier appareil compact numérique “étanche !” nous précise-t-il.

Tela Botanica et Sylvain

Sylvain a connu Tela Botanica depuis les premiers forums en ligne, en 2005, mais avait alors une fréquentation non régulière.

C’est pour partager ses photographies que Sylvain a rejoint le réseau Tela Botanica. A l’issue de voyages en Afrique du Sud, il a posté ses photos sur iSpot pour se faire aider à la détermination.  “J’y ai apprécié les échanges et les critiques constructives. J’avais accumulé depuis 2005  plus de 2000 observations de France et d’ailleurs, j’ai souhaité les rendre publiques pour partager et gagner en qualité de détermination à travers les critiques constructives des participants” nous explique-t-il. Par exemple, quelques 200 observations d’Afrique de l’Ouest réalisées au cours de missions professionnelles sont ainsi accessibles à tous.

J’apprécie qu’elles puissent servir de maintes façons grâce à la licence CC !

Une base de données personnelles

Informaticien, Sylvain a développé sa propre base de données, constituée de fiches avec une image unique qui est un assemblage de différentes vues (vue générale, détails utiles à la détermination, vue esthétique). Il a par la suite recopié ses informations dans le Carnet en Ligne disponible sur le site de Tela Botanica (permettant de les vérifier, contrairement à un transfert automatique) et y a inclus les meilleures images.

Il a profité de l’hiver pour saisir ses centaines d’images en archives et les inclure dans son Carnet en Ligne au jour le jour. “J’aurai ainsi bientôt rattrapé mes 12 ans de retard 🙂” nous dit-il.
Réciproquement, il utilise les exports des observations collectives en combinaison avec la carte des Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) pour détecter les endroits les plus intéressants à explorer.

Je tâche de contribuer aussi aux déterminations sur IdentiPlante, excellent exercice pour reconnaître les plantes malgré les flous, les prises de vues peu pertinentes, et ainsi gagner en expérience visuelle… fort utile sur le terrain !” nous avoue-t-il.

Rien de mieux qu’une vérification d’identification

J’apprécie de reprendre mes flores pour savoir où je me suis « planté » en cas de mauvaise détermination, essayer de mieux percevoir les critères, éventuellement discuter des propositions faites. Et parfois voir surgir une espèce rare là où je n’avais vu qu’une banalité.”

La dernière contribution de Sylvain est la mise en ligne d’une observation d’une Euphorbe des bois :

Photographie d'Euphorbe des bois
Euphorbia amygdaloides L. par Sylvain Piry, CC BY-SA Tela Botanica

Les petites astuces de Sylvain

Astuce n° 1 : Toujours avoir un appareil photo avec soi.

J’ai toujours l’appareil photo et un GPS dans mon sac à dos, on ne sait jamais 🙂

Astuce n°2 : Prendre un GPS.
Astuce de l’informaticien de terrain : prendre le GPS (bien « préchauffé ») en photo à la fin de chaque observation pour pouvoir la localiser avec précision lors de la saisie ! Des observations « bien » géolocalisées permettent de revenir à la plante, donc à d’autres de la découvrir, ou de certifier sa présence si elle est importante pour la conservation d’un milieu.

Astuce n°3 : Privilégier l’OpenScience.

C’est le côté « OpenScience » que j’apprécie : « open » par la diffusion complète des informations (donc la confiance…) et « science » parce que les observations sont répétables (localisation, horodatage) et peuvent permettre un suivi des stations dans le temps. Je tâche de localiser chaque plante à la précision du GPS, même les banalités, car l’évolution des méthodes d’analyse permet de plus en plus de traiter des données riches et précises. De nos jours, la localisation à la commune c’est dommage…

Si vous aussi vous avez envie de mettre à disposition vos clichés pour d’autres telabotanistes, il vous suffit d’utiliser le Carnet en Ligne

Page Outils du Carnet en Ligne sur le site Internet de Tela Botanica - CC BY-SA Tela Botanica
Page Outils du Carnet en Ligne sur le site Internet de Tela Botanica - CC BY-SA Tela Botanica

Amateur ou professionnel, chacun y trouve sa place et peut contribuer à l’avancée et au partage des connaissances en botanique.

Sur notre site Internet, vous pouvez retrouver des outils tel que celui mentionné par Sylvain Piry : le Carnet en Ligne (CeL). Grâce à cet outil, vous pouvez télécharger et stocker toutes vos photographies. Le partage de ces photographies avec la communauté permet une entre-aide pour l’identification d’une espèce qui vous est inconnue ou incertaine grâce à IdentiPlante. Ces photographies alimentent la base de données de Flora Data utilisée ensuite pour eFlore (cartes de répartition, illustrations),  PictoFlora ou d’autres projets externes.

Pour vous aider à prendre des photographies qui permettront aux telabotanistes de vous aider au mieux à les identifier, nous vous mettons à disposition un tutoriel photo.

Pour toutes questions relatives à ces outils, n’hésitez pas à commenter cet article !

3 commentaires

  1. Avant, je prenais mes photos de fleurs et insectes ( mes sujets favoris) avec un Canon A1 argentique de 1981 équipé de divers objectifs, dont un macro.Qualité extra mais très lourd. Et il fonctionne toujours. Ensuite j’ai utilisé un petit Sony numérique Cybert-shot 5 mega. Très bonne qualité aussi (de près, moins avec le zoom) et surtout ultra léger pour les crapahuts en montagne. Maintenant, je m’amuse avec un Canon EOS 100D, objectif EFS 18-135 et je peux aussi faire de superbes photos rapprochées. Plus lourd que le Sony mais beaucoup moins que A1. Bonnes photos. Suzy

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