Tela investigation – « Qui est le réseau Tela Botanica ? – Épisode 2 »

Dans la continuité du premier article “Qui est le réseau Tela Botanica ? - Épisode 1” de la série “Tela Investigation”, nous vous proposons aujourd’hui une analyse des profils botaniques des telabotanistes au travers d’un second article.

Les trois grands profils botaniques de l’enquête

L’enquête a fait émerger trois grand profils botaniques au sein du réseau Tela Botanica. En premier lieu, nous avons le profil expert (incluant les botanistes experts, de formations et professionnels) qui représente 22%% du total des telabotanistes ayant répondu à l’enquête. Certains répondants ayant acquis leurs connaissances en botanique par le biais d’une formation académique ou l’autoformation se sont caractérisés comme botanistes « amateurs éclairés » a hauteur de 15,6%. Ces telabotanistes ont été réorientés dans le profil botaniste expert et s’ajoutent donc à l’effectif total de ce profil (22 % + 15,6%) qui passe à 37,6 %.

Dans un second temps, nous avons le profil des botanistes amateurs ou occasionnels qui a été choisi par 33 % des répondants. Enfin, nous avons le profil des botanistes éclairés représentant 29,4 % des telabotanistes de cet échantillon.

L’expert botaniste, le professionnel ou le botaniste de formation

Nous avons donc un premier profil constitué d’experts, de professionnels et de botaniste de formation. Presque la moitié d’entre eux exerce un métier en rapport avec la botanique ou bien en environnement. Ces personnes constituent le coeur actif du savoir et des compétences botaniques du réseau de Tela Botanica.

infographie des resultats

Pour les experts, la botanique c’est un mélange de formation,...

Les enquêtés de ce profil ont majoritairement acquis leurs connaissances en botanique en passant à la fois par une formation académique et en pratiquant seul ou avec un botaniste expérimenté (au sein d’une association ou non).

...de temps de pratique

Les botanistes experts ont acquis leurs connaissances via d’une part, une formation académique mais aussi par leurs expériences et leur temps de pratique de la discipline.

En effet, sur un échantillon de 794 telabotanistes, 43 % mentionnent faire de la botanique depuis plus de 25 ans et 15 % depuis 5 ans (Figure 1). Ainsi, le noyau d’experts botanistes du réseau pratique la botanique depuis de nombreuses années, avec entre 15 et 25 ans de pratique pour plus de la moitié d’entre eux.

Figure 1 - Graphique présentant le temps de pratique de la botanique
Figure 1 - Graphique présentant le temps de pratique de la botanique pour 794 telabotanistes.

… et d’autoformation !

La place de l’autoformation reste importante sur l’ensemble du profil (~68 %). Ainsi, les telabotanistes ont acquis leurs connaissances en botanique par 16 moyens différents (Figure 2). Ils se sont formés majoritairement en pratiquant sur le terrain (21%) et en consultant des flores, des livres ou des articles scientifiques (25%). Tela Botanica a contribué également à la montée en compétence du réseau (15 %), suivi de près par les MOOC et le e-learning (9%). L’apprentissage avec un botaniste expérimenté (9%) et par le biais d’une association naturaliste (10%) ont également été souvent cités.

graphique sur les moyens acquisition connaissances
Figure 2 - Graphique présentant les moyens d’acquisition des connaissances botaniques en dehors d’une formation universitaire (exprimés en pourcentage). Il s’agissait d’une question à choix multiples ainsi nous avons obtenu 3 277 items.

Les experts en action

Les branches d’activités des telabotanistes de ce profil sont très diversifiées avec 21 catégories d’activités différentes et une catégorie « autre » qui regroupe des activités comme l’élaboration de compléments alimentaires ou encore la documentation. D’après la figure 3, les branches d’activités majeures sont la floristique (~22,7%), la gestion et l’ethnobotanique (~11,4%), la chorologie (~10,7%), la conservation (~9,1%) et l’animation nature (~8,1%). Certains enquêtés ont précisé des spécialités comme la carpologie qui correspond à l’étude des paléo-semences, la malherbologie qui est la science des “mauvaises herbes” ou encore la palynologie qui est l’étude des pollens et des fossiles.

Figure 3 - Graphique présentant les branches d’activités des telabotanistes du profil expert
Figure 3 - Graphique présentant les branches d’activités des telabotanistes du profil expert. Il s’agissait d’une question à choix multiples ainsi nous avons obtenu 2 350 items sur un ensemble de 855 répondants.

Plus précisément, ces activités botaniques amènent les experts à faire en majorité des photographies (~18,4%), des relevés floristiques afin de constituer des bases de données pour la communauté scientifique, les institutions et le grand public (~12,7%) et enfin à effectuer des déterminations et des identifications taxonomiques (~11,3%).

Le telabotaniste, botaniste débutant ou occasionnel

infographie des resultats

Certains telabotanistes se sont caractérisés comme des botanistes amateurs débutants ou occasionnels. Ce sont des personnes qui exercent majoritairement (~22%) dans le domaine des sciences sociales, de l’éducation ou de l’administration publique mais aussi dans l’informatique et les sciences naturelles (~14%). Des branches comme la santé (~12%) ainsi que l’art, la culture et la communication sont aussi des secteurs majeurs dans ce profil (~12%). Ils n’exercent pas tous directement dans les domaines de l’environnement mais ils y sont sensibles.

La botanique : de la curiosité et du plaisir

En effet, le domaine de la botanique a su attiser de la curiosité et une passion chez certains d’entre eux. Ces telabotanistes font de la botanique pour leur plaisir personnel (84,4%). Seulement ~2 % des personnes de ce profil font de la botanique par nécessité professionnelle et 5,3% font à la fois de la botanique à titre professionnel et personnel. 8,3% des personnes mentionnent ne pas faire de botanique du tout.

La botanique pour les amateurs, c’est avant tout de l’autoformation

Les botanistes amateurs ont acquis leurs connaissances et compétences principalement par eux-mêmes ou en utilisant les outils ou programmes de Tela Botanica (Figure 4).

Graphique présentant les moyens d’acquisition des connaissances botaniques
Figure 4 - Graphique présentant les moyens d’acquisition des connaissances botaniques pour les telabotanistes de ce profil. Il s’agissait d’une question à choix multiples ainsi nous avons obtenu 1 279 items pour normalement 750 répondants.

Un mélange d’activités ludiques et pratiques

Ces connaissances botaniques ont été mises en pratique lors de diverses activités (Figure 5) comme par exemple en identifiant des espèces lors de promenades ou de sorties (~32%) ou encore en photographiant des spécimens puis en les identifiant (28%). Ces deux activités sont complémentaires et accessibles aux botanistes amateurs qui peuvent par la suite utiliser les outils d’identification et la documentation appropriée pour l’aide à la détermination. Des activités plus ludiques telles que le jardinage en plantant des espèces sauvages ainsi que la cueillette despèces pour des usages personnels ont également été largement citées par les répondants (Figure 5).

Graphique présentant les activités botaniques des telabotanistes
Figure 5 - Graphique présentant les activités botaniques des telabotanistes du profil amateurs débutants ou occasionnels. Il s’agissait d’une question à choix multiples ainsi nous avons obtenu 1 876 items pour 750 répondants.

Le telabotaniste, botaniste éclairé

Enfin, le dernier profil est celui des botanistes éclairés. Ces derniers exercent majoritairement dans des domaines comme les sciences sociales, l’éducation et l’administration publique. Ils sont également largement représentés dans le secteur médical. Enfin, l’informatique, le génie civil et les sciences naturelles et appliquées incluant les sciences de l’environnement, la chimie, la biochimie,… sont également des branches d’activités dominantes dans ce profil.

infographie des resultats

Sensibilité et intérêt autour du monde végétal

Les botanistes éclairés font de la botanique pour leur plaisir, par curiosité ou par passion. Certains ont même précisé que la botanique était la base de leur alimentation ou remède. Ainsi, ce sont les raisons personnelles qui poussent ces personnes à s’initier et à apprendre la botanique (~91 %).    Enfin, 9 % des botanistes amateurs éclairés se servent de la botanique dans le cadre de leur activité professionnelle ou pour animer des activités associatives.

Pas besoin d'une formation académique pour faire de la botanique !

L’acquisition des connaissances en botanique se fait largement par de l’autoformation, notamment par la lecture de livres, de flores, de guides et sur le web (25%). De plus, 20 % des botanistes éclairés ont appris la botanique par la pratique sur le terrain mais aussi grâce aux outils de Tela Botanica pour 15 % des répondants de ce profil (Figure 6).

Graphique présentant les moyens d’acquisition des connaissances botaniques
Figure 6 - Graphique présentant les moyens d’acquisition des connaissances botaniques pour les telabotanistes du profil amateur éclairé. Il s’agissait d’une question à choix multiples ainsi nous avons obtenu 2 536 réponses pour 662 répondants

Usage et découverte de notre environnement

Les botanistes éclairés ont diverses activités, notamment, une de leur activité majeure est d’identifier les espèces lors de promenades, de sorties natures ou d’ateliers (31 % des telabotanistes). De plus, ces derniers affectionnent et réalisent pour certains (20%), des photographies de plantes pour leur beauté et afin de les identifier par la suite. Enfin, ils effectuent des activités plus personnelles comme planter dans leur jardin des espèces sauvages connues ou non (14%) et partir à la cueillette d’espèces sauvages pour des usages personnels culinaires, médicinaux ou encore pour l’artisanat (12%). Certains enquêtés ont mentionné des activités annexes (cf. catégorie « autre ») notamment la collecte de graines avec des collections de plus de 750 espèces, l’analyse du sol par les plantes bio-indicatrices, l’histoire de la botanique, la phytosociologie, les approches sensorielles, etc. Les activités des amateurs éclairés mêlent à la fois de la botanique pure par l’identification et la détermination d’espèces mais aussi des activités divertissantes de jardinage ou de cueillette qui montrent la connexion des telabotanistes avec leur environnement par l’usage mais aussi la découverte.

Ce qu’il faut retenir

Les telabotanistes ont donc été répartis en trois grands profils. Les telabotanistes de ces profils se distinguent par leurs secteurs d’activités professionnelles, leurs moyens d’apprentissage de la botanique et par leurs activités botanique.

Nous avons donc un premier profil constitué d’experts et de professionnels. Ces personnes constituent le coeur actif du savoir et des compétences botaniques du réseau de Tela Botanica. Ils sont notamment à l’écoute et aident à déterminer les données des telabotanistes amateurs qu’ils soient débutants ou éclairés. Certains telabotanistes se sont caractérisés comme des botanistes amateurs débutants ou occasionnels ou amateurs éclairés. Ils n’exercent pas tous directement dans les domaines de l’environnement mais ils y sont sensibles. La plupart se sont auto-formés via des supports théoriques et pratiques mais aussi par l’intermédiaire d’associations comme Tela Botanica. Leurs activités mêlent à la fois botanique pure et pratique ludique.

A suivre

Tela Botanica contribue à l’assimilation et à la montée en compétences de son réseau en proposant des outils numériques et des sources bibliographiques. Ainsi, dans le prochain article, nous allons nous intéresser aux usages et à la connaissance des différents outils et projets de Tela Botanica, par les telabotanistes. L’idée est de montrer en quoi les outils et programmes de Tela Botanica contribuent à l’apprentissage et à la formation de sa communauté. Dans un second temps, l’article décrira le sentiment d’appartenance et d’intégration des telabotanistes au réseau.

En savoir plus sur l'enquête

1 commentaire

  1. Le rôle de l’école (en général) me paraît très faible. Cela veut-il dire qu’un enseignement de la botanique n’est pas nécessaire, ce qui irait dans le sens de la disparition de cet enseignement observé de nos jours ?

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