Enquête participative sur les lichens forestiers du Massif-Central: la publication scientifique

Le Muséum National d'Histoire Naturelle publie les résultats d'une étude sur l’enquête participative « Lichens forestiers du Massif central ».

Entre 2015 et 2016, sous l’impulsion de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, des acteurs scientifiques et institutionnels se sont associés pour construire et animer un projet participatif portant sur l’amélioration des connaissances sur la répartition et l’écologie des lichens forestiers et plus spécifiquement sur huit taxons (6 espèces et 2 genres).

Au total, près de 200 botanistes, naturalistes, mycologues ou écocitoyens se sont mobilisés pour collecter près de 3 000 données d’observations dans le Massif-Central. Ce programme participatif a été le premier en France à s’intéresser à la lichénofonge sur une vaste entité géographique. Les résultats complets issus de cette enquête viennent d’être publiés dans le revue Naturae. Retrouvez l’article ici

Couverture de la publication – MNHN

4 commentaires

  1. Quelques commentaires sur cette étude :

    Je n’en ferai pas sur l’aspect de réunir tant de gens sur un même sujet, même si à mon sens cela a nuit à la qualité scientifique du travail car en voulant faire plaisir à tout le monde on fait des choix trop ambitieux et hors de portée ou au contraire pas assez ambitieux et folkloriques qui restent au niveau de l’animation périscolaire, je me contenterai de faire des observations sur le choix des espèces à observer.

    Sphaerophorus globosus et Sphaerophorus fragilis : de l’intérêt pour l’inventaire et leur répartition dans la zone d’étude, j’espère que cela suscitera des vocations mais je n’en suis pas très persuadé.
    .
    Lobaria pulmonaria et Lobaria scobiculata : également de l’intérêt pour l’inventaire mais attention c’est insuffisant pour bien connaître ces deux espèces océaniques, il ne faut pas trop rêver, il y a ici une nécessité de faire une étude approfondie pluridisciplinaire avec en particulier l’étude des photobiontes qui participent à son écologie et cette étude ne peut pas uniquement se faire uniquement sur des relevés sur une seule zone mais doit être associée à des études dans des zones où ces espèces sont beaucoup plus abondantes. A poursuivre et à compléter donc.

    Xanthoria parietina : amusant mais cette « espèce » renfermant plusieurs taxons pour le moment très difficiles à identifier et à séparer, les observations sont peu exploitables du point de vue scientifique.

    Usnea sp. Bonne blague, il ne faut pas accumuler des données pour accumuler des données qui ne servent à rien ! Comment tirer des conclusions sur n’importe quoi au niveau d’un genre…

    IL reste maintenant les espèces où on aurait pu faire mieux avec peu de complications et avoir des résultats exploitables si on avait été plus ambitieux.

    Ramalina fraxinea : il aurait fallu aller au niveau des variétés pour préciser celles qui sont thermophiles, océaniques, montagnardes etc. Une bonne occasion de perdue donc car au niveau s.l. on a peu d’informations sur l’écologie.

    Flavoparmelia sp. ce choix du sp. me laisse pantois ! quelle occasion de perdue (à moins que cela ne soit volontaire pour demander des subventions pour poursuivre l’étude d’une manière plus scientifique !) car au niveau sp. c’est sans intérêt, il fallait séparer caperata et soredians car soredians est donnée comme thermophile et en expansion en raison du réchauffement climatique. Il aurait donc été intéressant d’avoir des observations exploitables sur ce sujet. Avec une petite formation et un peu de potasse, il était possible de séparer ces deux espèces très correctement et d’avoir des données exploitables et d’un grand intérêt.

    Voilà pour ces quelques observations.

    Cordialement à tous.

    Alain GERAULT

    http://www.lichensmaritimes.org

    1. Je relève quantité de termes méprisants, ce message est une illustration de la violence exercée par les « sachants ». J’ai totalement abandonné les observations naturalistes depuis 2004, étant moi-même victime de moqueries et discriminations, remarques sans nuances portant tout autant sur mon travail que mon physique : « on ne vous retient pas, on ne vous voit pas en réunion ». Parfaitement connues de tous et assumées. Chacun pense à sa propre carrière et se garde bien de contredire les avis tranchants des « autorités ». Pourvu que la foudre tombe à côté. Je vois que 15 ans plus tard, dans un milieu fermé comme peut l’être celui du cinéma, rien n’a changé.

  2. Bonsoir Monsieur,

    Je vous remercie pour votre réaction suite à la publication de notre article. Au regard de certains de vos commentaires, il me semble nécessaire d’apporter des éléments de réponse, d’explication voire de rectification.

    S’agissant de l’adéquation entre étude de la lichénofonge et démarches participatives, j’ai bien noté votre réticence. Dans la mesure où nous considérons que les démarches participatives constituent une forme d’action qui permet à la fois de sensibiliser les participants et de les faire participer à une action collective d’amélioration de la connaissance sur la biodiversité – ce qui est le cas des auteurs de l’article – je pense très sincèrement que ce type de démarche peut concerner la lichénofonge. Naturellement, et cela a été rappelé très souvent lors de l’enquête, il n’a jamais été question de porter un message simpliste laissant supposer que l’étude des lichens était d’accès facile. Bien au contraire, nous avons toujours pris soin de rappeler que très peu d’espèces parmi les trois milliers de taxons présents en France pouvaient être déterminables à partir de caractères macroscopiques. L’idée de ce programme était aussi – au-delà de l’étude des espèces cibles – de montrer justement la grande diversité , richesse et complexité de ce groupe taxonomique que la très grande majorité de nos concitoyens méconnait très largement.

    S’agissant de votre doute sur le fait que l’enquête ait pu susciter des vocations, permettez moi de le ôter. Sur les deux cents contributeurs, une quinzaine – à notre connaissance – se sont très fortement investis dans la lichénologie depuis et plusieurs d’entre-eux se sont rapprochés d’experts locaux ou d’association comme celle de l’AFL. Parmi cette quinzaine de personnes, quelques unes ont même depuis écrit ou contribué à la rédaction de publications scientifiques ou naturalistes sur la lichénofonge.
    .
    S’agissant de vos remarques sur Lobaria pulmonaria et Lobaria scobiculata, notre étude n’a pas la prétention de dresser un profil écologique exhaustif de ces deux taxa sur notre territoire du Massif Central. Mais elle a incontestablement permis de mieux cerner – dans ce contexte géographique particulier – certains éléments de leur autécologie (notamment en termes de préférendum climtatique). Par ailleurs, elle a soulevé certaines questions auxquelles nous n’avons pas pu forcément répondre mais qui ouvrent potentiellement d’autres voies de recherches (répartition bi-modale des populations de L. pulmonaria selon des paramètres climatiques par exemple). Elle a permis également de mettre en évidence des supports de croissance (nature du phorophyte notamment) dans des régions naturelles différentes et pour une même altitude (avec une composition dendrologique très proche des peuplements concernés).

    S’agissant de Xanthoria parietina, le choix de cette espèce a été également motivé par d’autres considérations. Cette espèce étant très commune, son relevé nous permettait également de mieux cerner la pression globale d’observation. Elle permettait aussi de sensibiliser certains publics (et notamment les jeunes) auxquels il était possible de leur présenter une espèce très commune et de détermination très facile (en tout cas dans son statut actuel d’espèce).

    S’agissant du genre Usnea, soyez rassuré… Ce n’était pas une « bonne blague ». Vous noterez d’ailleurs que le genre Usnea n’a pas été retenu pour la plupart des analyses. Avec l’appui d’experts – car je rappelle que cette enquête a été aussi soumise à des avis d’experts reconnus – nous avons considéré que le genre Usnea apportait une information plutôt pertinente s’agissant de la qualité de l’air.

    Je note également vos remarques sur Ramalina fraxinea ainsi que sur le genre Flavoparmelia. Concernant ce dernier taxon, nous étions totalement informés du caractère encore supposé d’espèce sentinelle en termes de changement climatique de F. soredians (prenez le temps de regarder la bibliographie). Mais il ne nous semblait pas envisageable de mener une enquête participative auprès du grand public en faisant appel à la détermination chimique.

    Enfin, comme vous le dites, nous aurions pu choisir d’autres espèces, d’autres manières de procéder…. bref, on « aurait pu faire mieux »… J’en suis totalement conscient… et j’espère très sincèrement que cette enquête donnera des idées à d’autres acteurs qui veilleront à améliorer voire à changer le protocole. Je salue au passage l’excellent travail qui a été initié après le lancement de notre enquête à travers le programme lichen go.

    Même si je sais que les démarches participatives ne font pas forcément l’unanimité auprès de l’ensemble de la communauté scientifique, je sais aussi que nous pouvons compter sur un grand nombre d’experts (taxonomistes, écologues, biologistes…) qui ont un regard bienveillant sur ce type de démarche que, pour ma part, je pense tout à fait adapté pour permettre de remettre du lien entre nos concitoyens et la Nature tout en contribuant tous ensemble à mieux la connaitre.

    Sincères salutations,

    David HAPPE

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