Vu sur la toile #62

Découvrez les articles, vidéos et podcasts qui ont attiré notre attention ces dernières semaines. À la une cette semaine : "Comment font les arbres pour se protéger des insectes ?" à lire sur The Conversation.
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Image par Picography de Pixabay

À la une : "Comment font les arbres pour se protéger des insectes ?" à lire sur The Conversation

« 6 % environ, c’est la part de surface de feuilles d’arbres consommée chaque année par les insectes herbivores, comme la chenille processionnaire du chêne ou le bombyx disparate. Cette proportion, déjà suffisante pour ralentir la croissance des arbres, pourrait bien augmenter avec le réchauffement climatique.

Face à ces dérèglements, les arbres mettent en œuvre des stratégies de régulation pour se défendre. Tandis que la demande en bois ne cesse d’augmenter – que ce soit pour l’ameublement, le chauffage, la construction ou la production de carton et de papier –, il apparaît indispensable d’identifier la manière dont les arbres pourront faire face aux dégâts croissants que risquent de leur causer les insectes herbivores.

Des défenses naturelles

Dans leur constitution, les arbres sont déjà munis de solides défenses vis-à-vis des insectes herbivores. Leurs feuilles, par exemple, sont dotées de propriétés physiques et chimiques limitant la consommation des insectes : une cuticule épaisse rend ainsi la feuille difficile à déchirer et à digérer.

Sur le plan chimique, les feuilles renferment également une grande quantité de composés (des tanins notamment), capables de nuire aux herbivores de diverses façons, en réduisant par exemple l’activité de leurs enzymes digestives ou, tout simplement, en les intoxiquant.

D’autres acteurs jouent un rôle primordial bien qu’indirect dans la stratégie de défense des arbres : par leur consommation d’herbivores, les prédateurs comme la mésange et les parasitoïdes comme les trichogrammes (dont les larves se nourrissent dans le corps d’un autre insecte, le mangeant de l’intérieur) diminuent aussi la pression herbivore sur les arbres. Certains prédateurs participent à la défense des arbres en attaquant les insectes herbivores.

Impact des dérèglements climatiques

Ces mécanismes de défense naturelle sont aujourd’hui perturbés par le réchauffement climatique, dont les effets affectent directement arbres, herbivores et prédateurs. Pour quelques degrés de plus, les feuilles poussent plus tôt dans l’année. Pour quelques degrés de trop, en été, la survie des arbres peut être menacée.

Chez les insectes, les hivers plus doux limiteront probablement la mortalité hivernale, au risque d’augmenter les pullulations, donc les dégâts massifs : les températures plus élevées accélèrent en effet le développement des insectes, à un rythme qui atteint parfois plusieurs générations par an.

Faute d’expérimentation facile, il s’avère compliqué d’anticiper précisément les conséquences du réchauffement climatique sur les dégâts causés par les insectes herbivores.

Dans le but de les comprendre, plusieurs études ont été menées en laboratoire, dans des chambres de culture à la température contrôlée ; elles ont toutefois leurs limites. Elles simplifient à l’extrême la diversité des facteurs en jeu et ne peuvent pas rendre compte de l’ensemble des interactions entre les arbres, tous les herbivores et tous les prédateurs naturellement présents dans les écosystèmes. »

Extrait de l’article sur The Conversation

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1 commentaire

  1. Bonjour,
    J’ai lu avec intérêt l’article à la une sur le site de The Conversation.
    La multitude de facteurs rend difficile une modélisation des adaptations végétales vis-à-vis des herbivores dans le cadre du changement climatique.
    Cependant une des adaptations majeures des arbres pour ne pas souffrir d’une trop grande prédation de leurs feuilles est toujours et bizarrement passée sous silence : la surproduction de feuilles ! En effet, malgré les dissuasions physicochimiques, il y aura toujours des insectes et des acariens résistants, capables de digérer les feuilles. Donc l’évolution fait produire par l’arbre un nombre de feuilles supérieur à ses réels besoins. Cette « générosité » adaptative est aussi avantageuse pour le végétal. En effet, les feuilles consommées en tout ou partie, ainsi que les déjections des insectes, vont tomber au sol (avant l’automne dans les zones tempérées), et l’enrichir de matières organiques.
    On peut d’ailleurs faire cette observation d’amateur sans laboratoire ni ordinateur…

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