sTREEts, l’arche de Noé des plantes sauvages

Avez-vous remarqué que les pieds d’arbres en ville sont de plus en plus fleuris ? Ce petit rayon de terre étroit qui fait l’interface entre le trottoir et le tronc nous dévoile l’immense capacité des plantes sauvages à s’adapter à l’environnement parfois hostile de la ville. sTREEts, le « petit frère » de Sauvages de ma rue lancé en 2019, a bien grandi et vous invite à découvrir son programme plus en détail et d'approfondir avec un article sur la thématique : ”Réchauffement climatique, urbanisation et flore spontanée”.

L’arbre qui cache la forêt

Depuis quelques années, la nature refait surface dans les villes. Dans les microfissures des murs, les interstices des trottoirs : partout où le béton et l’asphalte s’ébrèchent, la végétation s’engouffre et prend possession de son milieu. Cependant cet espace souvent restreint oblige les plantes sauvages à trouver de nouveaux endroits. Depuis l’interdiction des produits phytosanitaires dans les espaces publics en 2017, les pieds d’arbres ne sont plus de simples réceptacles de terre arides et désertes mais sont devenus un véritable refuge pour la flore sauvage. On y retrouve souvent des plantes qui n’ont pas la capacité de prendre racine à même les trottoirs.

Les vigie-floristes testent le programme sTREEts !
Les vigie-floristes testent le programme sTREEts ! CC BY-SA Tela Botanica

Un arsenal à toute épreuve pour coloniser !

Les espèces de plantes sauvages que l’on retrouve fréquemment dans les villes fortement urbanisées sont celles utilisant la dissémination par anémochorie (dispersion par le vent) tel que le pissenlit, le laiteron maraîcher etc. Ils possèdent des pappus ou aigrettes (structure plumée sur l’akène) leur permettant de s’envoler avec un simple coup de vent quand le fruit est mûr. Cette dispersion spatiale par le vent permet aux communautés de plantes sauvages de créer de nouvelles populations, en colonisant de nouveaux milieux et d’être ainsi moins dépendantes vis-à-vis des pollinisateurs.

Cependant, dans le cas de la flore aux pieds des arbres, “les analyses montrent que paradoxalement, ce ne sont pas la forme des fruits ou graines ni leur poids qui ont une incidence sur la répartition des espèces, mais plutôt leur capacité à rester dans le sol sous forme de graines dormantes, qui les aide à coloniser l’espace. Dans ces milieux très perturbés, les espèces capables de germer sur plusieurs saisons et d’attendre des conditions favorables sont plus à même de se maintenir dans le temps” (Programme de recherche écoville, synthèse opérationnelle Coordination scientifique)

Comment participer à sTREEts ?

Le programme de science participative sTREEts s’adresse aux citoyens pour inventorier les plantes qui poussent aux pieds des arbres en ville et en faire le suivi chaque printemps (entre avril et juin). Il a été lancé ce printemps 2019 et il est animé par Tela Botanica.

Objectif : Observer la flore aux pieds de 5 à 10 arbres alignés sur un trottoir. Les inventaires doivent être réalisés entre avril et juin. Retrouvez tous les outils de participation dans l’espace projet sTREEts sur le site de Tela Botanica.

sTREEts protocole observation
sTREEts protocole observation

En participant à ce programme, vous contribuez donc à mieux comprendre le fonctionnement de la biodiversité en ville ainsi que l’influence de l’abandon de l’utilisation des herbicides chimiques sur la voie publique et par conséquent, sur la flore urbaine.

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Envie de devenir relais du programme sTREEts ?

Vous travaillez dans une structure en lien avec l’environnement ? Cela vous intéresse de relayer ce programme dans votre ville ou sur votre territoire ?

Rejoignez la communauté des relais de sTREEts ! Pour cela, vous devez lire la charte des relais et la signer. Vous pourrez ensuite ajouter votre point sur la carte des relais disponibles dans le wiki de l’espace projet de ce programme.

Envie d’aller plus loin ?

Afin de mieux comprendre l’importance des plantes sauvages dans nos rues, voici un article de vulgarisation sur le lien entre réchauffement climatique, urbanisation et flore spontanée.

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