Au Cambodge, les frangipaniers sont en fleurs

Direction le Cambodge, à la rencontre de la floraison des frangipaniers.

Le mois de juin marque au Cambodge l’apogée de la floraison des frangipaniers. Bien qu’importés assez tardivement (probablement pendant la seconde moitié du XIXème ou au début du XXème siècle, à l’époque de la colonisation française), ces arbustes font aujourd’hui partie de la vie quotidienne des Cambodgiens, et nombreux sont ceux qui les cultivent pour jouir du spectacle de leurs jolies fleurs ou s’enivrer de leur parfum. Ci-dessous, une fleur du frangipanier rouge.

Les frangipaniers ornent aussi en abondance les rues de Phnom Penh. L’endroit où ils sont les plus nombreux est certainement le terre-plein du boulevard de Russie, au niveau du bâtiment du Conseil des Ministres. Sur les trottoirs de la rue 184, entre le boulevard Norodom et la rue 19,  on peut également observer quelques jolis spécimens. Mais les frangipaniers sont présents dans tout le Cambodge, comme en témoigne la photographie ci-dessous, prise à l’occasion d’une halte dans un petit restaurant sur la route nationale 6, qui relie Phnom Penh à Siemreap, au niveau de la ville de Kampong Thom.

Les frangipaniers (genre Plumeria) sont originaires d’Amérique Centrale, mais ils sont largement acclimatés en Asie et en Afrique. Au Cambodge, plusieurs espèces sont présentes : P. alba (frangipanier à fleurs blanches), P. obtusa (fleur des temples, qui est l’emblème floral du Laos), P. rubra (frangipanier rouge). Les Cambodgiens appellent le frangipanier du nom de [châm-pei]  (ចំប៉ី) et distinguent souvent les espèces en ajoutant à ce nom générique la couleur de la fleur. C’est l’espèce P. alba, aux pétales blanc immaculé avec un centre jaune, qui est probablement la plus présente au Cambodge. (Notons pour l’anecdote qu’en Chine, en raison de ses couleurs, cette fleur est appelée « fleur ‘œuf de poule’ » 鸡蛋花 [jīdànhuā]). La photo ci-dessous a été prise sur le bord de l’une des piscines de l’hôtel Plantation, à Phnom Penh.

Les fleurs de l’espèce P. rubra sont également très populaires en raison de leurs tons qui vont du rose ou rouge foncé ; un variété de cette espèce produit même des fleurs d’un jaune éclatant. Dans la photo ci-dessous, prise dans la rue 184, on a un aperçu succinct des tons de l’espèce.

Les fleurs des trois espèces servent aussi à confectionner des colliers offerts aux divinités ou décorant les cercueils.

Si les frangipaniers sont appréciés des Cambodgiens en raison de leurs jolies fleurs, ils le sont aussi pour les vertus médicinales qu’on prête aux espèces du genre. Ainsi, le cœur du bois de P. alba entre dans la composition d’un remède vermifuge et purgatif ; les décoctions de l’écorce de P. obtusa peuvent servir soit comme purgatif, soit comme remède contre les œdèmes, tandis que la fleur et le latex de l’espèce sont réputés contre les brûlures, la constipation, l’hypertension et la toux ; quant aux feuilles de P. rubra, elles sont utilisées pour préparer des infusions calmantes ou un remède contre les dartres.

Ci-dessous, une grappe de fleurs de P. rubra avant éclosion.

Notons enfin que les fleurs du frangipanier à fleurs blanches peuvent être consommées crues avec un condiment fortement épicé ; ces fleurs blanches ainsi que les fleurs du frangipanier rouge servent encore à préparer des beignets.

(Toutes les photographies qui illustrent cet article ont été prises par l’auteur.)

Sources :
– Pauline Dy Phon, Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge
– Mathieu Leti et al., Flore photographique du Cambodge

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