Le Baobab, « l’arbre de vie » de l’Afrique pourrait bientôt disparaitre

Les arbres sont une merveille de la nature car certains sont capables de vivre pendant des milliers d'années. Toutefois, ce fondement scientifique est fortement mis à mal par les effets de l’activité humaine et de nombreuses espèces d’arbres sont en voie d’extinction à cause du changement climatique de ces dernières années, en particulier, certaines espèces de Baobabs qui disparaissent inexorablement de certaines contrées africaines
baobab adansonia digitata senegal
Forêt de Baobabs (Adansonia digitata) Sénégal - Crédit : K. Scholz/Shostal Associates

Impressionnants, sacrés, majestueux... des arbres qualifiés par de multiples superlatifs

Morondava à Madagascar, la côte sénégalaise et le parc national Kruger abritent certains des plus grands arbres du monde, les baobabs, connus pour leur très grande longévité.

Ces arbres étonnants ont des troncs qui peuvent atteindre jusqu’à 30 mètres de haut et jusqu’à 10 mètres de circonférence.

En Afrique, de nombreuses expressions font référence à cet arbre rempli de noblesse et considéré comme sacré. Comme au Togo où l’un des plus célèbres dictons est : « La sagesse est comme un baobab : aucun individu ne peut l’embrasser ».

Il existe neuf espèces de baobabs dans le monde. Madagascar en abrite six et est l’un des points chauds de la biodiversité mondiale. Il en existe deux espèces sur le continent africain et la péninsule arabique et une espèce en Australie.

L’espèce la plus remarquable d’Afrique est l‘Adansonia digitata, du nom du botaniste français Michel Adanson, qui a entrepris au XVIIIe siècle une exploration du Sénégal. L’Adansonia Grandidieri (ou baobab géant) n’est pas en reste et peut atteindre une hauteur de 30m et est l’espèce de baobab la plus célèbre de Madagascar. L’Adansonia Perrieri et l’Adansonia Suarezensis sont deux autres espèces de baobabs plus rares mais également présentes à Madagascar.

Le baobab : ses particularités et ses bienfaits

Le Baobab pousse dans des conditions très dures mais il s’adapte à son environnement.

Pendant les saisons sèches il perd ses feuilles pour réduire les pertes d’eau. Il possède un système de racines pivotantes assez long et son écorce épaisse le protège des feux de brousse. Le baobab est considéré comme une plante complète par de nombreux scientifiques et botanistes reconnus dans le monde.

Ses feuilles sont un remède pour soigner les maladies infectieuses, tandis que les fruits sont riches en nutriments et servent à la fabrication d’aliments diététiques.

Ses graines produisent une huile très appréciée par l’industrie cosmétique. Le tronc stocke l’eau et peut être récolté facilement par les populations locales.

Le baobab est un arbre dont l’ensemble des composantes est utilisé dans la médecine traditionnelle et c’est ce qui le rend si complet et essentiel à certains peuples.

Une extinction lente aux conséquences désastreuses

Parmi les 9 espèces de Baobabs, trois figurent sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) : Adansonia suarezensis, Adansonia Grandidieri et Adansonia Perrieri. Ces baobabs pourraient être rapidement en danger critique d’extinction. L’agriculture, le développement, la foudre, l’exploitation de l’eau, le champignon noir et la sécheresse sont les raisons qui expliquent ce désastre naturel.

En Afrique de l’Ouest, le Baobab est également appelé « arbre à palabres » car lorsqu’il y a un problème dans la communauté, se réunir sous le baobab avec le chef ou les membres de la tribu permet de trouver une solution à ce problème. Cela renforce la confiance et le respect entre les membres de la communauté. Son extinction serait une tragédie environnementale mais aussi sociale.

Quel avenir pour le baobab ? À cause du changement climatique et du développement humain, ces “Arbres de vie” ainsi que d’autres espèces d’arbres risquent de disparaître complètement de la surface de la terre et ce à moyen-court terme. Malheureusement, certaines espèces pourraient ne pas survivre au siècle prochain.

Le plus incroyable est que le continent africain produit très peu de gaz à effet de serre… Pourtant, c’est l’une des premières zones géographiques à subir les conséquences dramatiques du changement climatique et le Baobab, le plus grands et le plus ancien des habitants d’Afrique, paie déjà un lourd tribut des crimes environnementaux commis par des pays étrangers.

7 commentaires

  1. Merci de rectifier votre article: Adansonia digitata n’est pas sur la liste rouge de l’UICN. La valorisation de ses fruits (pulpe et graines) représente une source de revenus très importante et précieuse pour beaucoup de famille dans plusieurs pays en développement. Et cela permet aussi d’éviter que ces arbres ne soient coupés pour être remplacés par une culture rentière quelconque. Donc merci de ne pas lui faire mauvaise presse par erreur.

    1. Vous avez raison, c’est un erreur de ma part suite à la lecture de plusieurs articles qui évoquaient un phénomène de mort subite de plusieurs A. digitata millénaires. La troisième espèce de la liste UICN est A. suarezensis. Hélas, je ne peux pas corriger. Est-ce qu’un administrateur aurait l’amabilité de le faire ? Merci d’avance.

  2. Il n’y aurait que 8 espèces de baobab dans le monde :
    1 en Afrique, 1 en Australie et les 6 autres à Madagascar.
    La seconde espèce africaine (A. kilima) serait un synonyme de la première (A. digitata) : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.12705/655.6

    Au passage, intéressant de noter que l’île de Mayotte abrite deux espèces de baobab (l’africain et le malgache), en faisant le second hotspot après Mada pour ce genre. A. madagascariensis est sur liste rouge régional à Mayotte (quelques dizaine d’individu à peine, dont la moitié issu de programme de plantation)

    Et comme dit précédemment, au vu de l’abondance et de sa répartition géographique, je doute de la présence de A. digitata sur liste rouge.

  3. Je suis en effet étonné qu’Adansonia digitata soit sur la liste rouge, il est encore abondant dans les pays sahéliens d’Afrique tels que le Sénégal, le Burkina… À mon avis il pèse sur lui une menace, c’est la rareté des jeunes pieds. Il se reproduit très bien mais ses feuilles nourrissantes attirent le bétail quand le pied est petit, ce qui peut le mettre en péril dans les zones pâturées. Il faut noter que très souvent les baobabs sont associés aux villages, ils sont plus rares dans les zones inhabitées. On peut donc penser que les villageois ont peut-être favorisé et protégé leur présence pendant longtemps dans certaines régions. Les feuilles sont récoltées, séchées et réduites en farine, c’est un produit alimentaire riche en protéines utilisé dans certaines sauces.

  4. mis a part sa forme et un film documentaire « Baobab  » a l’origine de ma decision d »équiper la
    maison d’une télé couleur tellement j’avais trouvé beau ce documentaire , c’etait en 1976. Tout ceci pour dire que j’ai trouvé merveilleux les commentaires sur « l’arbre de vie  » , malgré le pessimisme de l’auteur sur son avenir ..! Aussi , j »aimerai une suite pour comprendre pourquoi certains doutes apparaissent sur la réalité d’une disparition de l’espèce. MERCI .

  5. Pour les passionnés de baobabs ou tout simplement de nature et biodiversité, n’hésitez pas à contacter L’ONG Dry Forest (www.dry-forest.org) qui, avant de se lancer, a travaillé 16 ans sur le terrain dont 4 ans à la conception du programme « save baobabs ».

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