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Stage : Biologie, fonctionnement des populations et conservation de Dicranum viride

La SARL PEPIN-HUGONNOT propose un stage d'une durée minimale de 4 mois : Biologie, fonctionnement des populations et conservation de Dicranum viride, espèce corticole protégée.

Contexte

Description de l’espèce. Dicranum viride est une mousse qui forme des coussinets de 1 à quelques cm d’épaisseur d’une couleur vert-foncé caractéristique. Les feuilles sont nerviées et fragiles dans le tiers apical. La tige est couverte d’un tomentum blanchâtre de rhizoïdes fortement ramifiés.

 Biologie. Dicranum viride est une mousse dioïque dont les sporophytes n’ont pratiquement jamais été observés en France et en Europe du sud. Les individus mâles sont inconnus. L’espèce repose essentiellement sur la production d’apex foliaires fragiles pour sa multiplication. Des rhizoïdes ont été observés sur des fragments de feuilles par Pichonnet (DEA). La propagation du Dicranum viride soulève des questions relatives à la distance d’émissions des diaspores, au nombre de ces dernières et à leur transport.

Écologie. Il s’agit d’une espèce forestière croissant à la base des troncs comme le hêtre ou le charme. Les principaux habitats occupés sont des hêtraies et chênaies-hêtraies acidiphiles à acidiclines. Le contexte stationnel semble jouer un rôle prépondérant, les populations de Dicranum viride colonisant les arbres situés dans des vallées ou des versants frais, non calcaires et à bonne réserve en eau. La taille des arbres porteurs est généralement considérée comme un facteur important. Les gros diamètres seraient préférentiellement colonisés.

Répartition et Distribution. Dicranum viride est considéré comme une espèce circumboréale à caractère subcontinental qui se développe principalement de l’étage collinéen à l’étage montagnard (200 à 800 [1000] m d’altitude). Son centre de distribution en Europe est situé en Allemagne et plus particulièrement dans le Baden-Wurtemberg. En France, Dicranum viride est en limite absolue d’aire européenne vers le sud et l’ouest. Les populations les plus importantes se trouvant en Alsace et en Franche-Comté. Les populations du Massif central et de Picardie sont limitées à quelques parcelles dans certains grands massifs domaniaux (forêt de Compiègne, de Tronçais…).

Statuts de l’espèce. Annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore ; Annexe I de la convention de Berne ; LC dans la Liste rouge des bryophytes européennes

Conservation. L’inscription de cette espèce dans l’annexe II de la directive Habitats a suscité, dans toutes les régions où l’espèce était signalée, une intensification des prospections qui a conduit à de nombreuses nouvelles découvertes. Cet afflux de données récentes contribue à compliquer l’évaluation du statut de menace de l’espèce.

Dicranum viride est parfois considéré comme une espèce des forêts anciennes bien que cela n’ait jamais été vérifié. Delavie (Stage Gentiana) a mis en évidence un certain parallélisme entre les massifs de forêts anciennes (déterminées sur la base des travaux de Cassini) et la présence actuelle de Dicranum viride dans le département de l’Isère. Le rajeunissement (mise en lumière, réduction des arbres hôtes potentiels) des peuplements forestiers (coupe à des stades submatures) constituerait un facteur de régression. Le maintien de nombreux phorophytes de diamètres importants au sein d’une même station pour garantir la conservation de populations viables a été suggéré. Les préconisations de gestion proposent logiquement de porter les âges d’exploitabilités au-delà des seuils actuels de rentabilité immédiate, de maintenir des îlots de vieux bois où les éclaircies seront limitées et le vieillissement favorisé. La taille des îlots compatible avec le maintien de Dicranum viride n’est cependant pas connue.

En fait, les observations de terrain apparemment contradictoires sont nombreuses. D’abord, Dicranum viride peut être observé dans des contextes relativement secs, soit au plan édaphique soit au plan climatique (faible pluviométrie). Ensuite, les colonies de cette espèce se développent fréquemment dans des forêts jeunes, ou sur des troncs de faibles diamètres même dans des forêts où les gros arbres sont fréquents. L’importance des colonies d’une population à l’autre semble différer de manière anarchique et sans lien avec l’écologie ou des paramètres structuraux. Les populations installées sur des substratum calcaires ne sont pas rares, alors que l’espèce est réputée strictement acidiphile. Enfin, nombre de forêts apparemment favorables n’abritent pas l’espèce. Bien des lacunes de connaissance subsistent aujourd’hui. La biologie de l’espèce reste particulièrement mal connue, faute d’avoir été étudiée, malgré le nombre important de travaux ayant été consacrés à Dicranum viride (dans des domaines comme l’écologie, la bryosociologie, la chorologie etc.).

Missions

Plusieurs aspects de la biologie de Dicranum viride doivent être étudiés avant de proposer des mesures de gestion pertinentes :

  • évaluation démographique de populations modèles ;
  • vitesse de croissance des colonies ;
  • mode de multiplication ;
  • sensibilité à la compétition ;
  • liens avec les communautés végétales et les paramètres stationnels ;
  • capacité de résistance, d’adaptation et de colonisation à un contexte forestier en changement (rajeunissement des structures, niveau de résistance à l’éclairement, à la perte d’humidité stationnelle…) etc.

Ces volets peuvent être étudiés par des relevés de terrain, une mise en culture de l’espèce et par des expérimentations sur place, dans des sites de Bourgogne où l’espèce est particulièrement abondante et dans d’autres sites d’Auvergne, où l’espèce est apparemment dans une situation démographique plus précaire. Ces résultats pourront contribuer à alimenter la réflexion sur la conservation de cette espèce dans un cadre géographique plus large.

Des expérimentations sur place permettraient de déterminer l’efficacité de la multiplication de l’espèce, les capacités de dispersion effective et la sensibilité à la compétition. En définitive, les liens de l’espèce avec l’arbre porteur et la communauté végétale pourront être mieux appréhendés. Ces données ont des implications directes sur la stratégie de gestion à appliquer à l’échelle de la parcelle forestière.

La mise en culture (sous serre froide, sous conditions contrôlées) permettra de déterminer le mode de multiplication de l’espèce et la vitesse de croissance des colonies. La sensibilité vis-à-vis du dessèchement pourra également être étudiée.

Profil recherché

Formation

  • Bac +5  ou équivalent.
  • Connaissance en bryologie et en botanique (stages …) serait un plus.

Savoir faire

  • Forte motivation pour le travail de terrain
  • Capacités organisationnelles

Savoir être

  • Rigueur scientifique et méthode ;
  • Sens de l’organisation et autonomie ;
  • Dynamisme et motivation ;
  • Capacité d’adaptation ;

Poste et conditions

Véhicule et bonne autonomie indispensables.

Rémunération suivant grille légale.

Modalités de candidature

Candidatures (CV & L.M) à envoyer avant le 28/02/2021 à Vincent Hugonnot (vincent.hugonnot@wanadoo.fr)

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